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Luc 23
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Alors toute l’assemblée s’étant levée, ils menèrent Jésus devant Pilate,
et ils se mirent à l’accuser, en disant : « Nous avons trouvé cet homme qui poussait notre nation à la révolte, et défendait de payer les tributs à César, se disant lui-même le Christ roi. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 22, 21 ; Marc, 12, 17. ― Christ roi. Partout ailleurs le texte grec porte le Christ et le roi, avec l’article déterminatif. ― A César, à Tibère, Voir Luc, 20, 22.
Pilate l’interrogea, disant : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui répondit : « Tu le dis. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 27, 11 ; Marc, 15, 2 ; Jean, 18, 33.
Pilate dit aux Princes des prêtres et au peuple : « Je ne trouve rien de criminel en cet homme. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aucune cause de mort. Comparer au verset 22.
Mais redoublant leurs instances, ils dirent : « Il soulève le peuple, répandant sa doctrine dans toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu’ici. »
Quand Pilate entendit nommer la Galilée, il demanda si cet homme était Galiléen ;
et ayant appris qu’il était de la juridiction d’Hérode, il le renvoya à Hérode, qui se trouvait aussi à Jérusalem, en ces jours-là.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Hérode Antipas était tétrarque de Galilée. Voir Matthieu, 14, 1.
Hérode eut une grande joie de voir Jésus ; car depuis longtemps il en avait le désir, parce qu’il avait entendu beaucoup parler de lui, et il espérait lui voir opérer quelque prodige.
Il lui adressa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien.
Or, les Princes des prêtres et les Scribes se trouvaient là, l’accusant avec opiniâtreté.
Mais Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris ; après s’être moqué de lui et l’avoir revêtu d’une robe éclatante, il le renvoya à Pilate.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une robe blanche. Hérode, en revêtant Notre-Seigneur d’un vêtement blanc, semble avoir voulu tourner en dérision la royauté du Christ, parce que les rois et les empereurs romains se paraient d’habits blancs dans les grandes solennités.
Le jour même, Hérode et Pilate devinrent amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant.
Pilate, ayant assemblé les Princes des prêtres, les magistrats et le peuple,
leur dit : « Vous m’avez amené cet homme comme excitant le peuple à la révolte ; je l’ai interrogé devant vous, et je n’ai trouvé en lui aucun des crimes dont vous l’accusez ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 18, 38 ; 19, 4.
ni Hérode non plus, car je vous ai renvoyés à lui, et, vous le voyez, rien qui mérite la mort n’a été prouvé contre lui.
Je le relâcherai donc après l’avoir fait châtier. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Après l’avoir fait châtier par la flagellation. Le Talmud décrit ainsi la flagellation : « Les mains du condamné sont attachées à la colonne ; alors l’exécuteur public lui ôte son vêtement, soit qu’il le déchire, soit qu’il l’en dépouille, de manière à découvrir la poitrine. Une pierre est alors placée derrière le patient. Sur cette pierre le licteur est debout, tenant un fouet ou des lanières de cuir pliées de manière à former deux courroies qui s’élèvent et s’abaissent sur le condamné. »
[Pilate était obligé, au jour de la fête, de leur accorder la délivrance d’un prisonnier].
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pendant la fête, de Pâque. Comparer à Matthieu, 27, 15 et Jean, 18, 39.
Mais la foule tout entière s’écria : « Fais mourir celui-ci, et relâche-nous Barabbas : » —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Barabbas. Voir Matthieu, 27, 16.
lequel avait été mis en prison à cause d’une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et d’un meurtre.
Pilate, qui désirait relâcher Jésus, les harangua de nouveau ;
mais ils répondirent par ce cri : « Crucifie-le ! crucifie-le ! »
Pour la troisième fois, Pilate leur dit : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? Je n’ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Ainsi je le ferai châtier et je le renverrai. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 27, 23 ; Marc, 15, 12.
Mais ils insistèrent, demandant à grands cris qu’il fût crucifié, et leurs clameurs allaient grandissant.
Pilate prononça donc qu’il serait fait comme ils demandaient.
Il relâcha celui qu’ils réclamaient, et qui avait été mis en prison pour sédition et meurtre, et il livra Jésus à leur volonté.
Comme ils l’emmenaient, ils arrêtèrent un nommé Simon, de Cyrène, qui revenait de la campagne, et ils le chargèrent de la croix ; pour qu’il la portât derrière Jésus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 15, 21. ― Sur la croix et Simon de Cyrène, voir Matthieu, 27, 32.
Or, il était suivi d’une grande foule de peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui.
Se tournant vers elles, Jésus dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ;
car voici que des jours viennent où l’on dira : Heureuses les stériles, et les entrailles qui n’ont point enfanté et les mamelles qui n’ont point allaité !
Alors les hommes commenceront à dire aux montagnes : Tombez sur nous, et aux collines : Couvrez-nous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 2, 19 ; Osée, 10, 8 ; Apocalypse, 6, 16.
Car, si l’on traite ainsi le bois vert, que fera-t-on du bois sec ? »
Et l’on conduisait en outre deux malfaiteurs, pour les mettre à mort avec Jésus.
Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire, ils l’y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 27, 33 ; Marc, 15, 22 ; Jean, 19, 17. ― Au lieu qui est appelé Calvaire, dans le texte : le Crâne. Voir Matthieu, note 27.33. ― Ils le crucifièrent. Voir Matthieu, 27, 35.
Mais Jésus disait : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » Se partageant ensuite ses vêtements, ils les tirèrent au sort.
Le peuple se tenait là et regardait. Les magistrats se joignaient à lui pour railler Jésus en disant : « Il en a sauvé d’autres ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ, l’élu de Dieu. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’élu de Dieu. Comparer à Isaïe, 42, 1.
Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant et lui présentant du vinaigre ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Du vinaigre. Voir Jean, 19, 29-30.
ils disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. »
Il y avait encore au-dessus de sa tête une inscription portant, en caractères grecs, latins et hébraïques : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Celui-ci est le roi des Juifs. Voir Matthieu, 27, 37.
Or, l’un des malfaiteurs pendus à la croix l’injuriait, disant : « Puisque tu es le Christ, sauve-toi toi-même et sauve-nous ! »
Mais l’autre le reprenait, en disant : « Ne crains-tu donc pas Dieu, toi non plus, condamné que tu es au même supplice ?
Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes ; mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il dit à Jésus : « Seigneur, souvenez-vous de moi, quand vous serez parvenu dans votre royaume. »
Jésus lui répondit : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis. »
Il était environ la sixième heure, quand des ténèbres couvrirent toute la terre jusqu’à la neuvième heure.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La sixième heure, la neuvième heure, répondent à midi et à trois heures.
Le soleil s’obscurcit, et le voile du temple se déchira par le milieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le voile du Saint des Saints. Voir Matthieu, 27, 51.
Et Jésus s’écria d’une voix forte : « Père, je remets mon esprit entre vos mains. » En disant ces mots, il expira.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 30, 6. ― Il expira. Voir Matthieu, 27, 50.
Le centurion, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit : « Certainement, cet homme était juste. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le centurion. Voir Matthieu, 8, 5 et 27, 54.
Et toutes la multitude qui s’était rassemblée pour ce spectacle, considérant ce qui était arrivé, s’en retournait en se frappant la poitrine.
Mais tous les amis de Jésus se tenaient à distance, avec les femmes qui l’avaient suivi de Galilée et contemplaient tout cela.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les femmes qui l’avaient suivi de Galilée, Marie-Madeleine, Marie de Cléophas, Salomé.
Or, il y avait un homme, appelé Joseph, membre du conseil, homme bon et juste,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 27, 57 ; Marc, 15, 43 ; Jean, 19, 38. ― Un décurion, un membre du sanhédrin.
qui n’avait donné son assentiment ni au dessein des autres, ni à leurs actes ; — il était d’Arimathie, ville de Judée, et attendait, lui aussi, le royaume de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’Arimathie. Voir Matthieu, note 27.57.
Cet homme alla trouver Pilate, lui demanda le corps de Jésus,
et l’ayant descendu, il l’enveloppa d’un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le roc. Voir Matthieu, 27, 60 ; Marc, 15, 46. ― Il l’enveloppa d’un linceul. Voir Matthieu, 27, 59.
C’était le jour de la Préparation, et le sabbat allait commencer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le jour de la préparation. Voir Matthieu, 27, 62.
Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus, ayant accompagné Joseph, considérèrent le sépulcre, et la manière dont le corps de Jésus y avait été déposé.
S’en étant donc retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et le jour du sabbat, elles demeurèrent en repos, selon le précepte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des aromates et des parfums. Voir Jean, 19, 39.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Pilate. Voir Matthieu, 27, 2.