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Ézéchiel 43

ENSUITE il me mena à la porte qui regarde vers l’orient ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il ; c’est-à-dire l’Ange. Voir Ezéchiel, 40, 3.

et tout d’un coup parut la gloire du Dieu d’Israël, laquelle entrait par le côté de l’orient. Le bruit qu’elle faisait était semblable au bruit des grandes eaux ; et la terre était toute éclairée par la présence de sa majesté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La gloire du Dieu d’Israël, comme la majesté du Seigneur (voir verset 4), c’est la divinité se manifestant d’une manière sensible, comme aux chapitres 1, 8 et 9.

Et la vision que j’eus était semblable à celle que j’avais eue lorsqu’il vint pour perdre la ville. Il me parut dans la même forme que je l’avais vu près du fleuve de Chobar, et je tombai sur mon visage.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ezéchiel, 1, 1.

La majesté du Seigneur entra dans le temple par la porte qui regardait l’orient.

Et l’esprit m’éleva, et me fit entrer dans le parvis intérieur ; et je vis que la maison était remplie de la gloire du Seigneur.

Alors je l’entendis qui me parlait du dedans de la maison ; et l’homme qui était proche de moi,

me dit : Fils de l’homme, c’est ici le lieu de mon trône ; le lieu où je poserai mes pieds, et où je demeurerai pour jamais au milieu des enfants d’Israël ; et la maison d’Israël ne profanera plus mon saint nom à l’avenir, ni eux, ni leurs rois, par leurs idolâtries, par les sépulcres de leurs rois, ni par les hauts lieux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leurs fornications ; c’est-à-dire, selon le langage des prophètes, leurs idolâtries. ― Les ruines ; mentionnées aussi au verset 9, sont, suivant l’hébreu, des cadavres. Il est certain par l’histoire des rois des Juifs, que leurs sépulcres étaient dans leurs jardins et dans l’étendue de la montagne de Sion, dont le mont Moria, sur lequel le temple était bâti faisait partie.

Ils ont fait leur porte contre ma porte, et les poteaux de l’entrée de leurs maisons proche des miens : et il n’y avait qu’un mur entre moi et eux ; et ils ont profané mon saint nom, par les abominations qu’ils ont commises : c’est pourquoi je les ai détruits dans ma colère.

Qu’ils rejettent donc maintenant loin d’eux leur idolâtrie ; qu’ils éloignent loin de moi les sépulcres de leurs rois : et je demeurerai toujours au milieu d’eux.

Mais vous, fils de l’homme, montrez le temple à la maison d’Israël, afin qu’ils reçoivent la confusion de leurs iniquités : qu’ils mesurent eux-mêmes toute sa structure,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’ils soient confondus ; en voyant sa grandeur et sa majesté. ― De leurs iniquités, qui ont été cause de sa destruction.

et qu’ils rougissent de toutes les choses qu’ils ont faites. Montrez-leur la figure de la maison, ses sorties et ses entrées, et tout son dessein ; toutes les ordonnances qui doivent y être observées, tout l’ordre qu’il faut y garder, toutes les lois qui y sont prescrites : représentez toutes ces choses devant leurs yeux, afin qu’ils gardent exactement tout ce que vous aurez décrit, qu’ils pratiquent et observent tous les préceptes qui la regardent.

Telle est la règle qu’on doit garder en bâtissant la maison de Dieu sur le haut de la montagne. Toute son étendue dans son circuit sera très-sainte. Telle est donc la loi qu’il faut observer dans le bâtiment de cette maison.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La loi, etc. ; la règle qu’on doit garder en bâtissant la maison de Dieu sur le haut, etc.

Or voici quelles sont les mesures de l’autel, en le mesurant avec la coudée à bonne mesure, qui avait une coudée et un palme. Son enfoncement était profond d’une coudée, et avait aussi une coudée de largeur ; et sa clôture jusqu’à son bord et tout alentour était d’un palme. Telle était donc la fosse de l’autel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’autel des holocaustes. ― La coudée très exacte (cubito verissimo) ; c’est-à-dire la coudée qu’on appelle sacrée, par opposition à la coudée commune qui avait un palme de moins que la première.

Du bas de la terre jusqu’au premier rebord, il y avait deux coudées de hauteur, et ce’ rebord avait une coudée de large. Et de ce rebord qui était le plus petit, jusqu’au rebord qui était le plus grand, il y avait quatre coudées, et ce rebord avait aussi une coudée de large.

L’autel appelé Ariel, qui était dessus, avait quatre coudées de hauteur ; et de cet autel s’élevaient en haut quatre cornes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ariel ; est le nom de la partie supérieure ou du foyer de l’autel. En hébreu il est écrit la première fois haharêl, c’est-à-dire la montagne de Dieu ; mais la seconde fois et dans le verset suivant, hâariel, c’est-à-dire le lion de Dieu. La première dénomination lui viendrait de ce qu’il s’élevait au milieu du parvis des prêtres comme une petite montagne ; et la seconde, de ce que, comme un lion, il dévorait les victimes qu’on offrait chaque jour. ― Quatre cornes. Comparer à Exode, 27, 2 ; 29, 12 ; Lévitique, 4, vv. 7, 18. ― Sa clôture (definitio ejus) ; espèce de parapet tout autour de la fosse, qui pouvait surtout servir à recevoir le sang des victimes et à l’empêcher de se répandre dans le vestibule.

Ariel avait douze coudées de long, et douze coudées de large, et était ainsi carré, ayant ses côtés égaux.

Son rebord était de quatorze coudées de long, et de quatorze coudées de large, à mesurer ses quatre côtés d’un angle à l’autre. La couronne ou corniche qui régnait autour, avançait d’une demi-coudée, et son enfoncement était d’une coudée tout autour. Or ses degrés étaient tournés vers l’orient.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses degrés. Comme la loi mosaïque défendait aux prêtres de monter à l’autel par des degrés, afin que leur nudité ne fût pas à découvert (voir Exode, 20, 26), les interprètes juifs prétendent que, par degrés, il faut entendre ici une montée d’une pente douce. L’historien Josèphe dit d’ailleurs que dans le temple réparé par Hérode on montait à l’autel du côté de midi par une rampe aisée et qui s’élevait doucement jusqu’au haut. Que si l’on conserve la signification rigoureuse de degrés, on peut supposer que ces degrés étaient couverts des deux côtés à une certaine hauteur ; ce qui obviait à l’inconvénient signalé par la loi.

Et l’ange me dit : Fils de l’homme, voici ce que dit le Seigneur Dieu : Ce sont ici les cérémonies qu’on doit observer à l’égard de l’autel, aussitôt qu’il aura été bâti, afin qu’on offre dessus l’holocauste, et que l’on y répande tout autour le sang des victimes.

Et vous les donnerez aux prêtres, enfants de Lévi, qui sont de la race de Sadoc, qui s’approchent de mon autel, dit le Seigneur Dieu ; afin qu’ils me sacrifient un veau du troupeau pour le péché.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Aux prêtres et aux Lévites ; ou mieux selon l’hébreu et les Septante, les prêtres lévites ; c’est-à-dire de la tribu ou de la race de Lévi. Il n’y avait pas de simples lévites dans la famille de Sadoc, qui était une des familles sacerdotales. ― Pour le péché. Comparer à Ezéchiel, 40, 39.

Vous prendrez du sang de ce veau, et vous en mettrez sur les quatre cornes de l’autel, et sur les quatre coins de son rebord, et sur la corniche tout autour ; et vous le purifierez, et le sanctifierez.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et prenant, etc. Ceci s’adresse non à Ezéchiel, mais au prêtre qui devait consacrer à l’autel. Voir Exode, 29, 16 ; Lévitique, 16, 18.

Vous emporterez ensuite le veau qui aura été offert pour le péché, et vous le brûlerez dans un lieu de la maison tout séparé hors le sanctuaire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et tu emporteras, etc. Comparer à Lévitique, 4, 12 ; 6, 30 ; 16, 27. ― Hors du sanctuaire ; hors de l’enceinte du temple, mais néanmoins sur la montagne où il est bâti.

Le second jour vous offrirez pour le péché un jeune bouc qui soit sans tache ; et on purifiera l’autel, comme on l’a déjà purifié avec le veau.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un bouc de chèvres (hircum caprarum) ; c’est-à-dire, selon plusieurs interprètes, un jeune bouc qui tète encore sa mère. C’est dans ce sens que les mêmes interprètes expliquent, dans les versets suivants, un veau, un bélier pris d’un troupeau. Mais l’expression bouc de chèvres, en particulier, employée dans Daniel (voir Daniel, 8, vv. 5, 8, 21), ne saurait justifier cette interprétation. Pour nous, il nous semble qu’une pareille locution est la même que fils d’un homme, fils d’hommes, qui signifie simplement homme, hommes. ― Pour le péché ; sacrifice offert en expiation des péchés.

Et lorsque vous aurez achevé de le purifier, vous offrirez un veau du troupeau qui soit sans tache, et un bélier du troupeau qui soit de même sans aucune tache.

Vous les offrirez en la présence du Seigneur ; et les prêtres répandront du sel sur eux, et les offriront en holocauste au Seigneur.

Sept jours de suite vous offrirez chaque jour un bouc pour le péché ; et l’on offrira de même un veau et un bélier du troupeau qui soient sans tache.

Ils feront la purification et la consécration de l’autel pendant sept jours, et ils l’empliront de leurs offrandes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le consacreront ; littéralement, empliront sa main ; formule usitée pour la consécration des prêtres, parce qu’on mettait dans leurs mains soit les victimes qui devaient être offertes en sacrifice, soit les instruments sacrés de leur ministère.

Et les sept jours étant accomplis, le huitième jour et dans la suite les prêtres offriront sur l’autel vos holocaustes et vos victimes pacifiques ; et je serai réconcilié avec vous, dit le Seigneur Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les hosties, etc. ; c’est-à-dire les hosties pacifiques qu’on offrait à Dieu pour le louer, pour le reconnaître comme souverain Seigneur ; en actions de grâces, par pure dévotion, pour satisfaire à un vœu. Voir Lévitique, 3, 12 ; 7, 12 ; 19, 5.