Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← Ézéchiel 26 Ézéchiel 27 sur 48 chapitres Ézéchiel 28 →

Ézéchiel 27

LE Seigneur me parla encore, et me dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.

Vous donc, fils de l’homme, faites une plainte lugubre sur la chute de Tyr,

et vous direz à cette ville qui est située près de la mer, qui est le siège du commerce et du trafic des peuples de tant d’îles différentes : Voici ce que dit le Seigneur Dieu : O Tyr ! vous avez dit en vous-même : Je suis une ville d’une beauté parfaite,

et je suis placée au milieu de la mer. Les peuples voisins qui vous ont bâtie, n’ont rien oublié pour vous embellir.

Ils ont fait tout le corps et les divers étages de votre vaisseau, de sapins de Sanir. Ils ont pris un cèdre du Liban pour vous faire un mât.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sanir ; nom que les Amorrhéens donnaient au mont Hermon. Cette montagne était située à l’orient du Jourdain, sur les confins de la Syrie, de même que le Liban à l’occident. ― Etages, etc., littéralement, étages de la mer (tabulatis maris) ; c’est-à-dire les étages du vaisseau.

Ils ont mis en œuvre les chênes de Basan, pour faire vos rames. Ils ont employé l’ivoire des Indes, pour faire vos bancs, et ce qui vient des îles vers l’Italie, pour faire vos chambres et vos magasins.

Le fin lin d’Egypte tissu en broderie, a composé la voile qui a été suspendue à votre mât ; l’hyacinthe et la pourpre des îles d’Elisa ont fait votre pavillon.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Elisa ; c’est-à-dire l’Elise, dans le Péloponnèse. ― Ta couverture. Les couvertures servent à différents usages dans les vaisseaux.

Les habitants de Sidon et d’Arad ont été vos rameurs ; et vos sages, ô Tyr ! sont devenus vos pilotes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Arad ; île célèbre sur les côtes de Phénicie.

Les vieillards de Gébal, les plus habiles d’entre eux, ont donné leurs mariniers pour vous servir dans tout l’équipage de votre vaisseau. Tous les navires de la mer et tous les mariniers ont été engagés dans votre commerce et votre trafic.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gébal ; ville de Phénicie, appelé Biblos par les Grecs. ― Ont été engagés, etc. ; littéralement, ont été parmi le peuple de ton commerce.

Les Perses, ceux de Lydie et ceux de Lybie, étaient vos gens de guerre dans votre armée, et ils ont suspendu dans vous leurs boucliers et leurs casques pour vous servir d’ornement.

Les Aradiens avec leurs troupes étaient tout autour de vos murailles ; et les Pygmées qui étaient sur vos tours, ont suspendu leurs carquois le long de vos murs, afin qu’il ne manquât rien à votre beauté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pygmées (Pygmæi) ; signifie, en grec, combattants, comme l’a remarqué saint Jérôme. ― Le mot rendu par Pygmées est dans l’original gammadim, qui signifie braves ; il désigne les troupes indigènes de Phénicie.

Les Carthaginois trafiquaient avec vous, en vous apportant toutes sortes de richesses, et remplissaient vos marchés d’argent, de fer, d’étain et de plomb.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Carthaginois. Dans l’original : les habitants de Tharsis ou Tartessus, dans la Bétique, en Espagne, d’où les Phéniciens tiraient les métaux énumérés dans ce verset.

La Grèce, Thubal et Mosoch entretenaient aussi votre commerce, et amenaient à votre peuple des esclaves et des vases d’airain.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Thubal ; fut le cinquième fils de Japhet, et Mosoch le sixième (voir Genèse, 10, 2) ; mais ces noms représentent ici deux peuples, sur lesquels on n’est guère d’accord. Cependant il y a quelque probabilité que Thubal signifie les Tibéraniens, voisins du rivage méridional de la mer Noire ; et Mosoch, les Mosques sur la côte orientale de la mer Noire.

On a amené de Thogorma dans vos marchés, des chevaux, des cavaliers, et des mulets.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Thogorma ; la Phrygie selon les uns, l’Arménie selon les autres, la Sarmatie, suivant d’autres. Il est certain que les chevaux de ces trois pays sont très vantés par les anciens auteurs.

Les enfants de Dédan ont trafiqué avec vous ; votre commerce s’est étendu en plusieurs îles, et ils vous ont donné en échange de vos marchandises, des dents d’ivoire et de l’ébène.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dédan ; fils de Jecsan et petit-fils d’Abraham et de Céthura, s’établit dans l’Arabie (voir Genèse, 25, 5).

Les Syriens ont été engagés dans votre trafic à cause de la multitude de vos ouvrages ; et ils ont exposé en vente dans vos marchés des perles, de la pourpre, de petits écussons, du fin lin, de la soie, et toutes sortes de marchandises précieuses.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chodchod ; ce mot du texte sacré, conservé ici par les Septante et la Vulgate, se trouve encore à Isaïe, 54, 12, où il a été rendu dans ces mêmes versions par jaspe. La signification primitive de ce terme paraît être, en hébreu, étincelant.

Les peuples de Juda et d’Israël ont entretenu aussi leur commerce avec vous, et ils ont apporté dans vos marchés le plus pur froment, le baume, le miel, l’huile et la résine.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Baume. « Les montagnes de Galaad étaient couvertes d’amyris, arbrisseau d’où découle le baume de Judée ou baume de Galaad, parfum fort estimé alors. L’amyris est devenu excessivement rare de nos jours, et le peu de baume qu’on en récolte est réservé à l’usage du Sultan. Quelques auteurs ont voulu en conclure que les richesses aromatiques de la Judée avaient été grandement exagérées par les anciens, mais il ne faut pas oublier que ces arbres furent détruits par les Turcs, lorsqu’ils envahirent le pays. » (E. RIMMEL.)

Damas trafiquait avec vous, et en échange de vos ouvrages si différents, il vous apportait de grandes richesses, du vin excellent, et des laines d’une couleur vive et éclatante.

Dan, la Grèce et Mosel ont exposé en vente dans vos marchés des ouvrages de fer poli, et vous avez fait un trafic de casse et de cannes d’excellente odeur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dan ; probablement la ville de ce nom vers les sources du Jourdain, appelée dans la suite Panéade ; car, pour la tribu de Dan, elle avait été emmenée captive longtemps auparavant par le roi d’Assyrie. ― Mosel ; lieu inconnu que quelques-uns pensent être la Carie.

Ceux de Dédan trafiquaient avec vous pour les housses magnifiques des chevaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dédan ; marque peut-être ici les descendant de Dédan, fils de Regma et petit-fils de Chus, différents de ceux du verset 15. Dans Genèse, 10, 7, au lieu de Dédan, que lit l’hébreu, la Vulgate porte Dadan ; mais cette légère différence d’orthographe n’empêche pas que ce ne soit le même personnage.

L’Arabie et tous les princes de Cédar étaient aussi engagés dans votre commerce, et ils venaient vous amener leurs agneaux, leurs béliers et leurs boucs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cédar. Voir Jérémie, 49, 28. ― L’Arabie, le pays qui s’étend à l’est et au sud-est de la Palestine jusqu’à la mer Rouge.

Saba et Réema venaient aussi vendre et acheter avec vous, et exposaient dans vos marchés tous les plus excellents parfums, les pierres précieuses, et l’or.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Saba et Réema ; provinces situées dans l’Arabie heureuse, près du golfe Persique.

Haran, Chéné et Eden entraient pareillement dans votre trafic ; Saba, Assur et Chelmad venaient vous vendre leurs marchandises.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Haran et Chené ; noms de lieux de la Mésopotamie. ― Eden ; province où était situé le paradis terrestre. ― Saba ; différent de celui du verset 22, était probablement près de l’Idumée. ― Assur ; les Assyriens. ― Chelmad ; est la Carmanie, selon les Septante, la Médie, suivant la paraphrase chaldaïque.

Ils entretenaient un grand trafic avec vous, et ils vous apportaient des balles d’hyacinthe, d’ouvrages en broderie, et de meubles précieux qui étaient enveloppés et liés de cordes : et ils trafiquaient encore avec vous pour des bois de cèdre.

Les vaisseaux de la mer ont entretenu votre principal commerce ; vous avez été comblée de biens, et élevée dans la plus haute gloire au milieu de la mer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tes princes, etc. ; c’est-à-dire entretenaient ton principal commerce.

Vos rameurs vous ont conduite sur les grandes eaux ; mais le vent du midi vous a brisée au milieu de la mer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le vent du midi ; selon l’hébreu, de l’orient. On l’entend généralement de Nabuchodonosor, qui vint de l’Orient assiéger Tyr.

Vos richesses, vos trésors, votre équipage si grand et si magnifique, vos mariniers et vos pilotes qui disposaient de tout ce qui servait à votre grandeur et à votre usage : vos gens de guerre qui combattaient pour vous avec toute la multitude de peuple qui était au milieu de vous, tomberont tous ensemble au fond de la mer, au jour de votre ruine.

Les cris et les plaintes de vos pilotes épouvanteront les flottes entières.

Tous ceux qui tenaient la rame descendront de leurs vaisseaux ; les mariniers avec tous leurs pilotes se tiendront sur la terre ;

ils déploreront vos maux avec de grandes plaintes, ils crieront dans leur douleur ; ils se jetteront de la poussière sur la tête, ils se couvriront de cendres ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Enumération des signes de deuil et de désolation.

ils se raseront les cheveux ; ils se vêtiront de cilices ; et dans l’amertume de leur cœur, ils verseront des larmes sur vous avec un regret sensible et cuisant ;

ils feront sur vous des plaintes lugubres ; ils déploreront votre malheur en disant : Où trouvera-t-on une ville semblable à Tyr, qui est devenue muette, et qui a été ensevelie au milieu de la mer ?

O Tyr ! qui par votre grand commerce sur la mer, avez comblé de biens tant de nations différentes, qui par la multitude de vos richesses, et par l’abondance de vos peuples, avez enrichi les rois de la terre ;

la mer maintenant vous a brisée, vos richesses sont au fond de ses eaux ; et toute cette multitude de peuple qui était au milieu de vous, est tombée et périe avec vous.

Vous êtes devenue un sujet de surprise et d’étonnement à tous les habitants des îles ; et tous leurs rois abattus par cette tempête ont changé de visage.

Les marchands de tous les peuples vous ont considérée comme l’objet de leurs railleries et de leurs insultes ; vous êtes réduite dans le néant, et vous ne serez jamais rétablie.