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Ézéchiel 19

ET vous, ô Ezéchiel ! prononcez un cantique lugubre sur les princes d’Israël,

et dites : Pourquoi votre mère qui est une lionne, s’est-elle reposée parmi les lions, et pourquoi a-t-elle nourri ses petits au milieu des lionceaux ?

Elle a produit un de ses lionceaux, et il est devenu lion : il s’est instruit à prendre la proie, et à dévorer les hommes.

Les peuples ont entendu parler de lui, et ils l’ont pris, non sans en recevoir beaucoup de blessures, et ils l’ont emmené enchaîné en Égypte.

Mais la mère voyant qu’elle était sans force, et que ses espérances étaient ruinées, prit un autre de ses lionceaux, et l’établit pour être lion.

Il marcha parmi les lions, et il devint lion. Il s’instruisit à prendre la proie et à dévorer les hommes.

Il apprit à faire des veuves, et à déserter les villes ; et au bruit de son rugissement toute la terre fut désolée.

Alors les peuples de toutes les provinces s’assemblèrent contre lui ; ils jetèrent sur lui leur filet, et ils le prirent, non sans recevoir des blessures.

Ils le mirent dans une cage, et l’emmenèrent au roi de Babylone chargé de chaînes ; et ils le renfermèrent dans une prison, afin qu’on n’entendît plus à l’avenir son rugissement sur les montagnes d’Israël.

Votre mère est comme une vigne qui a été plantée dans votre sang sur le bord des eaux : elle a crû sur les grandes eaux, et elle a poussé son bois et son fruit.

Les branches solides qui en sont sorties, sont devenues les sceptres des princes ; sa tige s’est élevée au milieu de ses branches, et elle s’est vue dans une grande hauteur parmi la multitude de ses branches.

Elle a été arrachée ensuite avec colère, et jetée contre terre ; un vent brûlant a séché son fruit : ses branches si vigoureuses ont perdu leur force, et elles sont devenues toutes sèches, et le feu l’a dévorée.

Elle a été maintenant transplantée dans le désert, dans une terre sans eau et sans route.

Il est sorti du bois de ses branches une flamme qui a dévoré son fruit ; en sorte qu’elle n’a plus poussé de bois assez fort pour devenir le sceptre des princes. Voilà le cantique lugubre que le Seigneur m’a ordonné de prononcer, et il servira de cantique lugubre pour les enfants d’Israël.

Commentaire (versets 1 à 14) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 14 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

8° Chapitre 19. Elégie sur les malheurs de la maison royale de Juda. ― 1° Jérusalem, la lionne, a élevé des lionceaux ; l’un d’eux, Joachaz, verset 4 ; voir 4 Rois, 23, 31-33, a été pris en Egypte ; l’autre, Joachin, versets 5 à 7 ; voir 4 Rois, 24, 12 ; à Babylone, versets 8 et 9. ― 2° La mère elle-même, Jérusalem, est comparée dans la seconde partie de l’élégie à une vigne qui est arrachée et transplantée, c’est-à-dire que ses habitants sont conduits en captivité, versets 10 à 14. Un feu, etc. ; c’est Ismahel, fils de Nathanias, dont l’histoire est racontée dans Jérémie (voir Jérémie, 40, verset 8 et suivants ; 41, 1, verset 1 et suivants).