Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Ézéchiel 47
ENSUITE il me fit revenir vers la porte de la maison du Seigneur : et je vis des eaux qui sortaient de dessous la porte vers l’orient : car la face de la maison regardait vers l’orient. Or les eaux descendaient au côté droit du temple, vers le midi de l’autel.
Et il me fit sortir par la porte du septentrion, et me fit tourner par le chemin de dehors la porte, vers le chemin qui regarde à l’orient : et je vis que les eaux venaient en abondance du côté droit.
L’homme qui me conduisait, sortant donc vers l’orient, et ayant un cordeau à la main, mesura un espace de mille coudées, qu’il me fit passer dans l’eau, dont j’avais jusqu’à la cheville des pieds.
Il mesura un autre espace de mille coudées, qu’il me fit aussi passer dans l’eau ; et j’en avais jusqu’aux genoux.
Il mesura un troisième espace de mille coudées, qu’il me fit encore passer dans l’eau ; et j’en avais jusqu’aux reins. Enfin il mesura un quatrième espace de mille coudées ; et je trouvai que c’était alors comme un torrent que je ne pus passer, parce que les eaux s’étaient tellement enflées, et le fleuve était devenu si profond qu’on ne pouvait le passer à gué.
Alors il me dit : Certes vous l’avez bien vu, fils de l’homme. Et il me fit aussitôt sortir en me menant au bord du torrent.
M’étant ainsi tourné, j’aperçus une très-grande quantité d’arbres des deux côtés sur le bord de ce torrent.
Et il me dit : Ces eaux qui en sortant amassent des monceaux de sable vers l’orient, et qui descendent dans la plaine du désert, entreront dans la mer et en sortiront, et les eaux de la mer seront adoucies.
Et tout animal vivant qui rampe, vivra partout où viendra le torrent ; et il y aura une grande quantité de poissons où ces eaux viendront se rendre ; et tout ce qui sera abreuve de l’eau de ce torrent, sera guéri et vivra.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un très grand nombre (multi satis). Le mot hébreu rendu ici dans la Vulgate par assez (satis), signifie beaucoup, extrêmement.
Les pêcheurs se tiendront sur ces eaux ; et depuis Engaddi jusqu’à Engallim on séchera des filets. Il y aura beaucoup d’espèces différentes de poissons, et en très-grande abondance, comme il y en a dans la Grande mer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
On sèchera les filets. Voir Ezéchiel, 26, 5. ― La grande mer ; mentionnée dans plusieurs versets suivants, est la Méditerranée. ― Depuis Engaddi jusqu’à Engallim. Saint Jérôme place Engallim à l’endroit où le Jourdain se jette dans la mer Morte. Engaddi était situé sur la rive occidentale de cette mer, à peu près à égale distance de son extrémité septentrionale et de son extrémité méridionale.
Mais dans ses rivages et dans les marais qu’elle forme, les eaux ne seront point adoucies, parce qu’elles sont destinées pour les salines.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aux salines. A l’ouest de la mer Morte, il y a beaucoup de parties tout à fait stériles, parce qu’elles sont couvertes de sel.
Il s’élèvera aussi sur les bords et aux deux côtés du torrent toutes sortes d’arbres fruitiers. Leurs feuilles ne tomberont point, et ils ne manqueront jamais de fruits. Ils en porteront de nouveaux tous les mois, parce que les eaux du torrent seront sorties du sanctuaire : leurs fruits serviront pour nourrir les peuples, et leurs feuilles pour les guérir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ces arbres mystérieux peuvent représenter les justes, que David représente sous le même symbole (voir Psaumes, 1, 1-3).
Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Ce sont ici les bornes selon lesquelles vous posséderez la terre, et la partagerez entre les douze tribus : car Joseph a pour lui un double partage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Partage ; littéralement, corde. Voir Psaumes, 15, 6.
Vous posséderez tous également et chacun autant que son frère de cette terre, touchant laquelle j’ai levé la main en protestant de la donner à vos pères. C’est cette terre qui vous tombera en partage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai levé la main ; hébraïsme, pour J’ai juré.
Or voici quelles sont les bornes de cette terre : Du côté du septentrion, depuis la Grande mer, en venant par Héthalon à Sédada,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Héthalon, Sédada ; villes inconnues. Il existe une ville de Sadad au nord de Damas, mais il est peu probable que ce soit Sédada.
à Emath, à Bérotha, à Sabarim, qui est entre les confins de Damas et les confins d’Emath, et à la maison de Tichon, qui est sur les confins d’Auran ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La maison de Tichon ; selon l’hébreu, Hâtsêr Hattîcôn, qui veut dire, la cour ou le village du milieu. ― Emath ; aujourd’hui Hamah, ville de la Cœlésyrie. ― Bérotha. Voir 2 Rois, note 8.8. ― Sabarim ; la Zaberane actuelle sur la route d’Emèse à Hamah. ― Auran ; le Hauran actuel, au nord-est de la Palestine. La maison de Tichon, qui est sur les limites du Hauran, doit être traduit, d’après beaucoup de commentateurs modernes, par Hazer, ville située sur la frontière du Hauran.
ses bornes seront depuis la mer, jusqu’à la cour d’Enon, qui fait les limites de Damas ; et depuis un côté du septentrion jusqu’à l’autre côté. Emath fera ses bornes du côté de l’aquilon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La mer Méditerranée. ― La cour d’Enon ; en hébreu, Hatsar Hêinôn, qui signifie la cour ou le village des fontaines. Au lieu de Heînôn et d’Enon, on lit ailleurs (voir Ezéchiel, 48, 1 et Nombres, 34, 9-10), Hêinan, Enan. ― Depuis un aquilon, etc. ; depuis un côté du nord jusqu’à l’autre côté.
Sa région orientale se prendra de ce qui est entre Auran et Damas, entre Galaad et la terre d’Israël ; le Jourdain la bornera en tirant vers la mer orientale. Vous mesurerez aussi cette région qui est du côté de l’orient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La mer orientale ; c’est-à-dire la mer Morte.
Sa région méridionale se prendra depuis Thamar, jusqu’aux eaux de contradiction à Cadès, et depuis le torrent d’Egypte jusqu’à la Grande mer. C’est là la région qui doit s’étendre vers le midi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Thamar ; ville au midi de la mer Morte. ― Aux eaux, etc. Voir Nombres, 20, verset 1 et suivants. ― Le torrent d’Egypte. Comparer à Nombres, 34, 5.
Sa région du côté de la mer sera la Grande mer, à prendre en droite ligne depuis un bout jusqu’à Emath. Ce sera la région qui regardera vers la mer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jusqu’à ce que tu viennes à Emath ; c’est-à-dire jusqu’en face d’Emath.
Vous partagerez entre vous cette terre, selon les tribus d’Israël ;
et vous la prendrez pour votre héritage conjointement avec les étrangers qui viendront se joindre à vous, et qui auront des enfants au milieu de vous. Car vous les regarderez, et ils vivront au milieu des enfants d’Israël, comme s’ils étaient naturels du pays, partageant avec vous la terre, pour en posséder leur part au milieu des tribus d’Israël.
Et dans quelque tribu que se trouve un étranger, vous lui donnerez là son partage. C’est ce que dit le Seigneur Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la maison ; c’est-à-dire du temple. ― Des eaux sortaient, etc. Tous les interprètes conviennent que ces eaux ne furent jamais réellement dans le temple, de la manière dont elles sont ici décrites. Aussi, d’après tous les Pères, doivent-elles s’entendre de la grâce de Jésus-Christ, de la doctrine de l’Evangile, de l’effusion de l’Esprit-Saint, des eaux sacrées du baptême. Jésus-Christ a comparé sa doctrine à une source d’eau. Il a dit lui-même qu’il était la fontaine de vie. Voir Isaïe, 12, 3 ; Jean, 4, 13-14 ; 7, 38.