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Ézéchiel 8
LE cinquième jour du sixième mois de la sixième année, comme j’étais assis dans ma maison, et que les anciens de Juda étaient assis avec moi au même lieu, la main du Seigneur Dieu tomba tout d’un coup sur moi,
et j’eus cette vision : Quelqu’un me parut comme un feu ardent. Depuis les reins jusqu’au bas ce n’était qu’une flamme ; et depuis les reins jusqu’au haut, il paraissait un airain mêlé d’or, étincelant de lumière.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’un homme. Cette expression se lit ici dans les Septante, et les mots ses reins semblent l’exiger. Ajoutons que ces mêmes mots qui se trouvent dans une description semblable (voir Ezéchiel, 1, 27), sont précédés de un homme (voir Ezéchiel, 1, 26). ― Du succin (electri). Voir Ezéchiel, 1, 4.
Je vis en même temps comme une main qui vint me prendre par les cheveux de ma tête. Et l’esprit m’éleva entre le ciel et la terre, et m’amena à Jérusalem dans une vision de Dieu, près la porte intérieure qui regardait du côté de l’aquilon, où était placée l’idole de jalousie pour irriter le Dieu jaloux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Daniel, 14, 35. ― Près de la porte intérieure ; dans le parvis le plus extérieur. ― L’idole de la jalousie ; selon saint Jérôme et la plupart des interprètes, l’idole de Baal, qui avait été dressée dans le temple par Manassé (voir 4 Rois, 21, 7 ; 2 Paralipomènes, 33, 7), et qui, ayant été détruite par Josias (voir 2 Paralipomènes, 34, 4), avait été rétablie par ses successeurs. D. Calmet pense que c’était l’idole d’Adonis, mentionnée au verset 14. ― Pour provoquer la jalousie du Seigneur.
Je vis paraître en ce même lieu la gloire du Dieu d’Israël, selon la vision que j’avais eue dans le champ.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Selon la vision, etc. Comparer à Ezéchiel, 1, verset 4 et suivants.
Et il me dit : Fils de l’homme, levez les yeux du côté de l’aquilon. Et ayant levé les yeux de ce côté-là, je vis du côté de l’aquilon de la porte de l’autel cette idole de jalousie qui était à l’entrée.
Il me dit ensuite : Fils de l’homme, voyez-vous ce que font ceux-ci ? Voyez-vous les grandes abominations que la maison d’Israël fait en ce lieu, pour m’obliger à me retirer de mon sanctuaire ? Et quand vous vous retournerez d’un autre côté, vous verrez des abominations encore plus grandes.
Et m’ayant conduit à l’entrée du parvis, je vis qu’il y avait un trou à la muraille,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Parvis du peuple, appelé simplement parvis, par opposition à celui des prêtres et des Lévites, nommé parvis intérieur (voir verset 16). Comparer à 3 Rois, 6, 36.
et il me dit : Fils de l’homme, percez la muraille. Et lorsque j’eus percé la muraille, il parut une porte.
Alors le Seigneur me dit : Entrez, et voyez les effroyables abominations que ces gens-ci font en ce lieu.
J’entrai, et en ce même temps je vis des images de toutes sortes de reptiles et d’animaux, objet d’un culte abominable, et toutes les idoles de la maison d’Israël étaient peintes sur la muraille tout autour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cette description paraît indiquer que les Juifs, qui comptaient sur le secours des Egyptiens contre les Chaldéens, adoraient les dieux de l’Egypte, reptiles et animaux, comme on les voit peints sur les murs des temples égyptiens.
Et soixante et dix des anciens de la maison d’Israël étaient debout devant ces peintures ; et Jézonias, fils de Saphan, était au milieu d’eux. Chacun d’eux avait un encensoir à la main, et la fumée de l’encens qui en sortait s’élevait en haut.
Et il me dit : Certes vous voyez, fils de l’homme, ce que les anciens de la maison d’Israël font dans les ténèbres, ce que chacun d’eux fait dans le secret de sa chambre ; car ils disent : Le Seigneur ne nous voit point, le Seigneur a abandonné la terre.
Alors il me dit : Si vous vous tournez d’un autre côté, vous verrez des abominations encore plus grandes que celles que font ceux-ci.
Et m’ayant mené à l’entrée de la porte de la maison du Seigneur, qui regarde du côté du septentrion, je vis des femmes assises en ce lieu qui pleuraient Adonis.
Et il me dit : Certes vous voyez, fils de l’homme, ce qu’ils font ; et si vous allez encore d’un autre côté, vous verrez des abominations encore plus grandes.
Et m’ayant fait entrer dans le parvis intérieur de la maison du Seigneur, je vis à l’entrée du temple du Seigneur, entre le vestibule et l’autel, environ vingt-cinq hommes qui tournaient le dos au temple du Seigneur, et dont le visage regardait l’orient, et ils adoraient le soleil levant.
Et il me dit : Certes vous voyez, fils de l’homme, ce qu’ils font. Est-ce peu à la maison de Juda d’avoir fait les abominations qu’ils ont faites en ce lieu, d’avoir rempli la terre d’iniquité, et d’avoir comme entrepris d’irriter mon indignation contre eux ? Et vous voyez comme ils approchent de leurs narines un rameau.
C’est pour cela que je les traiterai aussi dans ma fureur ; mon œil les verra sans être fléchi ; je ne serai point touché de compassion, et lorsqu’ils crieront vers moi à haute voix, je ne les écouterai point.
Commentaire (versets 11 à 18) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 11 à 18 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
4° Vision de la ruine de Jérusalem, du chapitre 8 au chapitre 11. ― Deux ans et deux mois après sa vocation au ministère prophétique, Ezéchiel vit de nouveau la gloire du Seigneur et les chérubins. Il fut transporté en esprit à Jérusalem, dans la cour du temple, chapitre 8, versets 1 à 4, et là il vit les quatre espèces d’actes idolâtriques auxquels se livraient les hommes et les femmes d’Israël, versets 5 à 18 ; les premiers adoraient probablement Baal ou Moloch, le soleil et les animaux sacrés de l’Egypte ; les femmes pleuraient la mort d’Adonis, comme on le faisait en Phénicie. ― Alors sept anges apparaissent pour châtier les habitants de Jérusalem, chapitre 9 ; la ville est brûlée et le temple abandonné de Dieu, chapitre 10 ; Ezéchiel est chargé d’annoncer ces malheurs et la mort de Pheltias, chapitre 11, versets 1 à 13, et de prédire aux captifs leur délivrance future, versets 14 à 21 ; il est enfin transporté de nouveau en esprit en Chaldée, et raconte à ses frères ce qu’il vient de voir, versets 22 à 25.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La sixième année de la captivité d’Ezéchiel qui fut emmené à Babylone avec le roi Jéchonias. ― Le sixième mois de l’année sacrée, et le douzième de l’année civile. Il commençait à la nouvelle lune d’août, selon les rabbins, mais c’était plus probablement à celle de septembre. ― La main du Seigneur. Voir Ezéchiel, 1, 3.