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Jérémie 41

IL arriva dans le septième mois, qu’Ismaël, fils de Nathanias, fils d’Elisama, de la race royale, accompagné de quelques grands de la cour du roi, vint avec dix hommes vers Godolias, fils d’Ahicam, à Masphath, et ils y mangèrent ensemble.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le septième mois ; qui commençait à la nouvelle lune d’octobre. ― Ils mangèrent des pains ; hébraïsme, pour prendre de la nourriture, faire un repas. ― Masphath. Voir Jérémie, 40, 6.

Et Ismaël, fils de Nathanias, s’étant levé avec les dix hommes qui étaient avec lui, ils tuèrent à coups d’épée Godolias, fils d’Ahicam, fils de Saphan, et firent ainsi mourir celui à qui le roi de Babylone avait donné le commandement de tout le pays.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La terre ; c’est-à-dire le pays, la Judée.

Ismaël tua en même temps tous les Juifs qui étaient avec Godolias à Masphath, tous les Chaldéens qui se trouvèrent au même lieu, et tous les gens de guerre.

Le lendemain qu’il eut tué Godolias, sans que personne de dehors de la ville le sût encore,

quatre-vingts hommes vinrent de Sichem, de Silo et de Samarie ; ayant la barbe rasée, les habits déchirés, et le visage tout défiguré ; et ils portaient dans leurs mains de l’encens et des offrandes, pour les présenter dans la maison du Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La barbe rasée, etc. ; c’était un signe de deuil chez les Hébreux. ― La maison du Seigneur ; c’est-à-dire les ruines sur lesquelles les Juifs avaient élevé un autel pour offrir leurs sacrifices. ― De Sichem ; voir Genèse, note 12.6 ― De Silo. Voir Josué, note 18.1 ― De Samarie. Voir 3 Rois, note 16.24.

Ismaël, fils de Nathanias, sortit de Masphath pour aller au-devant d’eux, et il marchait en versant des larmes ; et les ayant rencontrés, il leur dit : Venez voir Godolias, fils d’Ahicam.

Lorsqu’ils furent arrivés au milieu de la ville, Ismaël, fils de Nathanias, les tua avec le secours de ses gens, et les jeta dans une fosse.

Mais il s’en trouva dix d’entre eux qui dirent à Ismaël : Ne nous tuez pas, parce que nous avons des trésors dans nos champs, des trésors de blé, d’orge, d’huile et de miel. Et Ismaël s’arrêta, et ne les tua point avec leurs frères.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le champ. Encore aujourd’hui en Palestine, on cache les récoltes dans les champs, dans des trous en forme de citernes, et l’ouverture en est si bien dissimulée qu’un œil étranger peut difficilement la découvrir.

La fosse dans laquelle Ismaël jeta tous les corps morts de ceux qu’il avait tués à cause de Godolias, est celle-là même que le roi Asa avait faite à cause de Baasa, roi d’Israël ; et Ismaël, fils de Nathanias, la remplit des corps de ceux qu’il avait tués.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A cause de Baasa, etc. Comparer à 3 Rois, 15, 22.

Et il fit prisonnier tout ce qui était reste du peuple qui était à Masphath, les filles du roi, tout le peuple qui y était demeuré, dont Nabuzardan, géneral de l’armée des Chaldéens, avait donné le soin à Godolias, fils d’Ahicam ; et Ismaël, fils de Nathanias, les ayant tous pris, s’en alla pour passer vers les enfants d’Ammon.

Mais Johanan, fils de Carée, et tous les principaux officiers de guerre qui étaient avec lui, ayant appris tous les maux qu’avait faits Ismaël, fils de Nathanias,

Commentaire (versets 10 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 10 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Prince de la milice, princes des hommes de guerre ; c’est la même chose que chefs, maîtres de la milice (voir Jérémie, note 40.2).

prirent tous les gens de guerre et marchèrent avec eux pour combattre Ismaël, fils de Nathanias, et ils le trouvèrent auprès des grandes eaux qui sont à Gabaon.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gabaon ; à une bonne demi-heure au nord de Maspha. Sur Gabaon, voir 3 Rois, 3, 4.

Le peuple qui était avec Ismaël, ayant vu Johanan, fils de Carée, et les principaux officiers qui étaient avec lui, furent ravis de joie.

Et tous ceux qui avaient été pris par Ismaël à Masphath, retournèrent et vinrent trouver Johanan, fils de Carée.

Mais Ismaël, fils de Nathanias, s’enfuit avec huit hommes de devant Johanan, et se retira parmi les enfants d’Ammon.

Johanan, fils de Carée, et tous les officiers de guerre qui étaient avec lui, ayant repris ainsi d’entre les mains d’Ismaël, fils de Nathanias, tout ce qui était resté du peuple qu’il avait pris à Masphath après avoir tué Godolias, fils d’Ahicam ; ayant repris, dis-je, les gens de guerre qui étaient vaillants, les femmes, les enfants et les eunuques qu’il avait ramenés de Gabaon,

ils s’en allèrent tous ensemble et s’arrêtèrent en passant à Chamaam qui rst près de Bethléem, pour se retirer ensuite en Égypte,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chamaam était le nom d’un fils de Berzellaï, voir 2 Rois, 19, vv. 37-38, 40, qui avait sans doute construit près de Bethléem une sorte de caravansérail auquel on avait donné son nom. L’hébreu porte : le caravansérail de Chamaam. C’est là que les Juifs fugitifs firent halte.

et se mettre ainsi à couvert des Chaldéens qu’ils craignaient beaucoup, parce qu’Ismaël, fils de Nathanias, avait tué Godolias, fils d’Ahicam, à qui le roi de Babylone avait donné le commandement sur tout le pays de Juda.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A cause ; littéralement et par hébraïsme, de la face, loin de.