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Jérémie 50

PAROLES que le Seigneur dit touchant Babylone, et touchant le pays des Chaldéens, par le prophète Jérémie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les chapitres 50 et 51 contiennent une prophétie contre Babylone.

Annoncez ceci parmi les nations, faites-le entendre, levez l’étendard, publiez-le, et ne le cachez point ; dites : Babylone a été prise, Bel est confondu, Mérodach est vaincu, leurs statues sont brisées, et leurs idoles vaincues.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bel ; principale divinité des Babyloniens. ― Mérodach ; autre divinité du même peuple ; ou peut-être un ancien roi du pays qu’on avait divinisé.

Car un peuple vient de l’Aquilon contre Babylone, qui réduira son pays en solitude, sans qu’il y ait plus ni homme ni bête qui y habite : ils ont pris la fuite, et ils se sont retirés ailleurs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une nation, etc. ; les Mèdes et les Perses, qui étaient réunis en la personne de Cyrus. ― Ils ont ; c’est-à-dire les Babyloniens.

En ce jour-là et en ce temps-là, dit le Seigneur, les enfants d’Israël et les enfants de Juda retourneront tous ensemble ; ils marcheront et viendront à grande hâte en pleurant, et ils chercheront le Seigneur, leur Dieu.

Ils demanderont le chemin pour aller à Sion ; tous leurs regards seront tournés de ce côté-là : ils viendront, et ils se réuniront au Seigneur, par une alliance éternelle, dont la mémoire ne s’effacera jamais.

Mon peuple est devenu un troupeau de brebis égarées : leurs pasteurs les ont séduites, ils les ont fait errer par les montagnes ; elles ont passé des montagnes sur les collines ; elles ont oublié le lieu de leur repos.

Tous ceux qui les ont trouvées, les ont dévorées, et leurs ennemis ont dit : Nous ne péchons point en les traitant si mal, parce qu’elles avaient offensé le Seigneur qui est la beauté de la justice, le Seigneur qui avait été l’attente de leurs pères.

Fuyez du milieu de Babylone, sortez du pays des Chaldéens, et soyez comme les chevreaux qui marchent a la tête du troupeau.

Car je vais susciter du pays de l’Aquilon une multitude de peuples réunis ensemble, et je les ferai venir contre Babylone ; ils se prépareront pour l’assiéger, et ils la prendront. Leurs flèches seront comme la flèche qui part de la main meurtrière d’un vaillant homme, qui n’est jamais sans effet.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une assemblée, etc. L’armée de Cyrus se composait de tous les peuples qu’il avait vaincus ; toutes ces troupes venaient de l’aquilon, du côté de l’Asie Mineure où il avait fait la guerre. ― Sa flèche ; la flèche de chacune de ces nations ; hébraïsme pour leur flèche.

La Chaldée sera livrée en proie, et tous ceux qui la pilleront, s’enrichiront de ses dépouilles, dit le Seigneur.

Comme vous avez triomphé de joie, et que vous avez parlé insolemment en pillant mon héritage ; comme vous vous êtes répandus en des réjouissances, ainsi que de jeunes veaux qui bondissent sur l’herbe, et comme des taureaux qui font retentir leurs mugissements :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De grandes choses ; c’est-à-dire des paroles arrogantes, hautaines.

votre mère sera aussi couverte d’une extrême confusion, cette ville où vous êtes nés sera égalée à la poussière qui est sur la terre, elle deviendra la dernière des nations, et elle sera changée en un désert sans chemin et sans eau.

La colère du Seigneur la rendra inhabitée et la réduira en un désert : quiconque passera par Babylone, sera frappé d’étonnement, et se rira de toutes ses plaies.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sifflera, etc. Voir Jérémie, 18, 16.

Attaquez Babylone de tous côtés, vous tous qui savez manier l’arc : combattez-la ; n’épargnez point les flèches, parce qu’elle a péché contre le Seigneur.

Jetez de grands cris contre elle : elle tend déjà les mains de toutes parts ; ses fondements se renversent, ses murailles tombent par terre, parce que le jour de la vengeance du Seigneur est venu. Vengez-vous d’elle, et traitez-la comme elle a traité les autres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Partout elle a donné la main ; elle s’est rendue, elle s’est soumise de toutes parts.

Exterminez de Babylone celui qui sème, et celui qui tient la faucille au temps de la moisson : ils fuiront tous devant l’épée de la colombe, et chacun retournera à son peuple, et se retirera dans son pays.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Glaive de la colombe. Voir sur cette expression, Jérémie, 25, 38.

Israël est un troupeau de brebis dispersées ; les lions l’ont chassé de son pays. Le roi d’Assur l’a dévoré le premier : mais Nabuchodonosor, roi de Babylone, qui est son dernier ennemi, lui a brisé tous les os.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le roi d’Assur ; c’est-à-dire les rois d’Assyrie, Théglathphalasar, Salmanasar, Sennachérib et Assaraddon.

C’est pourquoi, voici ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu d’Israël : Je vais visiter dans ma colère le roi de Babylone et son pays, comme j’ai visité le roi d’Assur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme j’ai visité le roi d’Assur. Le Seigneur visita le roi d’Assur, non seulement par la défaite de Sennachérib, mais encore par la ruine de Ninive, et de l’empire des Assyriens.

Je ramènerai Israël dans le lieu de sa demeure ; il rentrera dans ses pâturages du Carmel et de Basan, et son âme se rassasiera sur la montagne d’Ephraïm et de Galaad.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je ramènerai, etc. Ceci regarde particulièrement le royaume des dix tribus, où étaient situés ces différents lieux ; les pâturages du Carmel et de la montagne d’Ephraïm en deçà du Jourdain, les pâturages de Basan et la montagne de Galaad au-delà de ce fleuve. Ce rétablissement de la maison d’Israël dans la terre de ses pères est le symbole du rappel des Juifs à l’Eglise de Jésus-Christ.

En ces jours-là et en ce temps-là, dit le Seigneur, on cherchera l’iniquité d’Israël, et elle ne sera plus ; le péché de Juda, et il ne se trouvera point, parce que je me rendrai favorable à ceux que je me serai réservés.

Marchez contre la terre des dominateurs des peuples, et faites la vengeance de ses habitants ; renversez, tuez tous ceux qui les suivent, dit le Seigneur, et faites tout selon l’ordre que je vous ai donné.

Le bruit des armées s’entend sur la terre, et il est suivi d’une grande plaie.

Comment celui qui était comme le marteau de toute la terre a-t-il été brisé et réduit en poudre ? Comment cette Babylone si fameuse parmi les nations a-t-elle été changée en un désert ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le marteau de toute la terre ; le roi de Babylone ; la monarchie des Babyloniens avait été très formidable sur la terre dans la personne de Nabuchodonosor.

Je vous ai fait tomber dans un piége, O Babylone ! et vous avez été prise, sans vous en être aperçue : vous avez été surprise et saisie tout d’un coup, parce que c’est le Seigneur que vous avez irrité.

Le Seigneur a ouvert son trésor, il en a tiré les armes de sa colère : car c’est ici l’œuvre du Seigneur, l’œuvre du Dieu des armées contre le pays des Chaldéens.

Marchez contre elle des extrémités du monde, ouvrez tout pour donner entrée à ceux qui doivent la fouler aux pieds ; ôtez les pierres des chemins et mettez-les en monceaux ; tuez tout dans elle, sans y rien laisser.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des confins les plus éloignés (ab extremis finibus) ; selon l’hébreu, d’une extrémité ; c’est-à-dire probablement, par l’une de ses extrémités. La ville en effet fut prise par le côté du fleuve dont on détourna les eaux pour ouvrir l’entrée aux troupes. Comparer à Jérémie, 51, 31-32.

Exterminez tout ce qu’elle a de vaillants hommes ; faites-les venir pour être égorgés ; malheur à eux ! parce que leur jour est venu, le temps où Dieu devait les visiter dans sa colère.

On entend la voix de ceux qui fuient, de ceux qui sont échappés du pays de Babvlone, qui viennent annoncer à Sion la vengeance du Seigneur, notre Dieu, la vengeance qu’il a faite de son temple.

Annoncez à tous ceux qui tirent de l’arc, qu’ils viennent en foule contre Babylone ; attaquez-la, environnez-la de toutes parts, et que personne n’échappe : rendez-lui ce que ses œuvres ont mérité ; traitez-la selon tous les crimes qu’elle a commis, parce qu’elle s’est élevée contre le Seigneur, contre le Saint d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 51, 49.

C’est pourquoi ses jeunes hommes tomberont morts dans ses places et dans ses rues, et tous ses gens de guerre seront réduits en ce jour-là dans un profond silence, dit le Seigneur.

Je viens à toi, ô prince superbe ! dit le Seigneur, le Dieu des armées, parce que ton jour est venu, le temps où je dois te visiter dans ma colère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Superbe (superbe) ; c’est-à-dire ô roi ou prince superbe ; que les uns entendent de Baltassar, dernier roi de Babylone, et les autres du royaume même babylonien. Comparer à Isaïe, 14, vv. 12, 14 ; Daniel, 5, 20-22.

Il sera renversé ce superbe ; il tombera par terre, et il n’y aura personne pour le relever ; je mettrai le feu à ses villes, et il dévorera tout ce qui est aux environs.

Voici ce que dit le Seigneur des armées : Les enfants d’Israël, aussi bien que les enfants de Juda, souffrent l’oppression et la calomnie : tous ceux qui les ont pris les retiennent et ne veulent point les laisser aller.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Oppression ; ou violence, injustice criante ; c’est le sens qu’a partout le verbe hébreu, rendu ici dans la Vulgate par calomnie (calumniam).

Mais leur Rédempteur est fort ; son nom est le Seigneur des armées : il prendra, en les jugeant, la défense de leur cause ; il épouvantera la terre, et il jettera le trouble et la terreur parmi les habitants de Babylone.

L’épée est tirée contre les Chaldéens, dit le Seigneur, contre les habitants de Babylone, contre ses princes et contre ses sages.

L’épée est tirée contre ses devins qui paraîtront des insensés ; l’épée est tirée contre ses braves qui seront saisis de crainte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui seront reconnus pour des insensés ; n’ayant su prévoir ni prédire les maux qui devaient leur arriver à eux et à leur pays.

L’épée est tirée contre ses chevaux, contre ses chariots, et contre tout le peuple qui est au milieu d’elle, et ils deviendront comme des femmes. L’épée est tirée contre ses trésors, et ils seront pillés.

La sécheresse tombera sur ses eaux, et elles sécheront ; parce qu’elle est une terre d’idoles, et qu’elle se glorifie en des monstres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des monstres (portentis) ; des idoles monstrueuses qui inspirent l’épouvante ce qui est le sens de l’hébreu. ― La sécheresse sera sur ses eaux. La Babylonie devait sa fertilité à l’Euphrate et aux nombreux canaux qu’on en avait dérivés. Depuis que ses canaux sont desséchés, elle est stérile.

C’est pourquoi les dragons viendront y demeurer avec les faunes qui vivent de figues sauvages ; elle servira de retraite aux autruches ; elle ne sera plus habitée ni rebâtie dans la suite de tous les siècles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les dragons, les faunes ; les termes hébreux correspondant sont rendus ailleurs (voir Isaïe, 34, 14), par démons et onocentaures.

Le Seigneur la renversera, comme il renversa Sodome et Gomorrhe, et les villes voisines, dit le Seigneur : personne n’y demeurera plus, et jamais homme n’y habitera.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 19, 24-25. ― Ainsi que le Seigneur, etc. Comparer à Jérémie, 49, 18.

Je vois un peuple qui vient de l’Aquilon, une nation redoutable, et de grands rois s’élèveront des extrémités du monde.

Ils prennent leur arc et leur bouclier ; ils sont cruels et impitoyables ; le bruit de leurs troupes retentira comme celui de la mer ; ils monteront sur leurs chevaux, et ils paraîtront contre toi, ô fille de Babylone ! comme un homme prêt à combattre.

Le roi de Babylone a eu avis de leurs grands préparatifs, et ses mains en sont demeurées sans force ; il a été saisi d’épouvante et pénétré de douleur comme une femme qui est en travail d’enfant.

L’ennemi viendra comme un lion qui sort des rives superbes du Jourdain, il s’avancera contre ses villes si fortes et si belles : car je le ferai fondre tout d’un coup sur Babylone. Où sont les hommes vaillants, afin que je les emploie contre elle ? Car qui est semblable à moi ? Qui pourra subsister devant moi ? Qui est le pasteur et le roi des hommes qui puisse soutenir l’éclat de ma face ?

C’est pourquoi écoutez le dessein du Seigneur, le dessein qu’il a formé dans son esprit contre Babylone, et les résolutions qu’il a prises contre le pays des Chaldéens. Je jure, a-t-il dit, que les moindres soldats de l’armée les mettront en fuite, et qu’ils ruineront avec eux toute leur ville.

Commentaire (versets 44 à 45) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 44 à 45 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Voir pour l’explication de ces deux versets, Jérémie, 49, 19-20.

Le bruit de la captivité de Babylone a épouvanté la terre, et ses cris se sont fait entendre parmi les nations.