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Jérémie 37
LE roi Sédécias, fils de Josias, régna en la place de Jéchonias, fils de Joakim ; Nabuchodonosor, roi de Babylone, l’ayant établi roi dans la terre de Juda.
Mais il n’obéit point, ni lui, ni ses serviteurs, ni tout le peuple de Juda, aux paroles que le Seigneur avait dites par la bouche du prophète Jérémie.
Et le roi Sédecias envoya Juchal, fils de Sélémias, et Sophonias, fils de Maasias, prêtre, dire au prophète Jérémie : Priez pour nous le Seigneur, notre Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sophonias, le prêtre. Voir Jérémie, 21, 1. ― Juchal se montre plus loin, voir Jérémie, 38, 1, ennemi de Jérémie.
Jérémie allait alors librement parmi le peuple, parce qu’il n’avait pas encore été mis en prison. Cependant l’armée de Pharaon étant sortie de l’Egypte, les Chaldéens qui assiégeaient Jérusalem ayant appris cette nouvelle, se retirèrent de devant la ville.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la garde de la prison. Voir plus haut, Jérémie, 32, 2. ― L’armée de Pharaon, Apriès ou Hophra, appelé plus loin, voir Jérémie, 44, 30, Ephrée, Pharaon de la XXVIe dynastie, originaire de Saïs, fils de Psammétique II, petit-fils de Néchao II. Il partit pour attaquer les Chaldéens, qui suspendirent le siège de Jérusalem afin d’aller à sa rencontre et arrêtèrent sa marche. Plus tard, il reçut avec bienveillance les Juifs qui se réfugièrent en Egypte. Il régna de 590 à 571 avant Jésus-Christ.
Alors le Seigneur parla au prophète Jérémie, et lui dit :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Disant. Voir, sur ce mot, Jérémie, 1, 4.
Voici ce que dit le Seigneur, le Dieu d’Israël : Vous, Juchal et Sophonias, vous direz ceci au roi de Juda qui vous a envoyés pour me consulter : L’armée de Pharaon qui vient pour vous donner du secours, va retourner dans l’Egypte d’où elle est venue ;
et les Chaldéens reviendront, et ils assiégeront de nouveau cette ville ; ils la prendront, et la brûleront.
Voici ce que dit le Seigneur : Ne vous trompez point vous-mêmes, en disant, Les Chaldéens s’en iront certainement, et se retireront de nous : car ils ne s’en iront point.
Mais quand même vous auriez taillé en pièces toute l’armée des Chaldéens qui combattent contre vous, et qu’il en serait demeuré seulement quelques-uns couverts de blessures, ils sortiraient chacun de leur tente, et viendraient mettre le feu dans cette ville.
L’armée des Chaldéens s’étant donc retirée du siège de Jérusalem, à cause de l’armée de Pharaon ;
Jérémie sortit de Jérusalem pour aller au pays de Benjamin, pour y diviser son bien en présence des habitants de ce lieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’y partager son bien. Locution obscure. Le sens le plus naturel est, comme l’explique Théodoret, qu’il voulait aller faire ses provisions de vivres pour passer le temps du siège.
Et étant arrivé à la porte de Benjamin, le capitaine qui était en garde à son tour à la porte, nommé Jérias, fils de Sélémias, fils d’Hananias, arrêta le prophète Jérémie, et lui dit : Vous fuyez pour aller vous rendre aux Chaldéens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La porte de Benjamin ; probablement au nord de Jérusalem, peut-être vers l’endroit où est aujourd’hui la porte de Damas.
Jérémie lui répondit : Cela est faux, je ne fuis point pour aller me rendre aux Chaldéens. Jérias n’écouta point Jérémie ; mais s’étant saisi de lui, il l’amena devant les grands,
qui étant en colère contre Jérémie, le firent battre, et l’envoyèrent en la prison qui était dans la maison de Jonathan secrétaire : car c’est lui qui commandait dans la prison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En la prison. C’était une prison souterraine, comme ont le voit par le verset 15, insalubre et fort dure, voir Jérémie, 38, 26.
Jérémie ayant donc été mis dans la basse-fosse, et dans un cachot, il y demeura plusieurs jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La maison de la fosse ; c’est-à-dire la maison dans laquelle il y avait une fosse, une prison souterraine, une basse-fosse. Comparer au verset précédent.
Or le roi Sédécias envoya ensuite le tirer de ce cachot, et l’entretenant en secret dans sa maison, il lui demanda : Avez-vous quelque chose à nous dire de la part du Seigneur ? Jérémie lui dit: Oui, vous serez livré entre les mains du roi de Babylone.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quelque parole venant du Seigneur ; une prédiction.
Et Jérémie dit au roi Sédécias : Quelle faute ai-je commise contre vous, contre vos serviteurs, et contre votre peuple, pour m’avoir fait mettre dans une prison ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La maison de la prison. Voir Jérémie, note 37.14.
Où sont vos prophètes qui vous prophétisaient, et qui disaient : Le roi de Babylone ne viendra point combattre contre vous et contre cette terre ?
Ecoutez-moi donc maintenant, je vous supplie, ô roi, mon seigneur ! recevez favorablement la prière que je vous fais, et ne me renvoyez point dans la prison de Jonathan secrétaire, de peur que je n’y meure.
Le roi Sédécias ordonna donc que Jérémie fût mis dans le vestibule de la prison, et qu’on lui donnât tous les jours un pain, outre les viandes ordinaires, jusqu’à ce que tout le pain de la ville fût consumé ; et Jérémie demeura pendant ce temps dans le vestibule de la prison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Si on veut suivre l’ordre des temps, il faut passer d’ici aux chapitres 32 et 33. ― Dans le vestibule de la prison du palais royal.
Commentaire (versets 1 à 2) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 2 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
La terre ; de Juda.