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Isaïe 9

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort, la lumière a resplendi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 4, 15. ― Dans le premier, etc. Théglathphalasar ou Thelgathphalnasar, roi d’Assyrie, qui commença de subjuguer les Israélites, fit beaucoup moins souffrir Zabulon et Nephtali que les autres tribus ― La terre de Zabulon ; … de Nephtali ; ce qu’on appelait du temps de Notre-Seigneur la haute et basse Galilée. ― A été aggravée ; la main de Dieu s’est appesantie sur la voie de la mer, le pays à l’ouest de la mer ou du lac de Tibériade. La grande route d’Acre à Damas était encore appelée du temps des croisades la voie de la mer. ― Au-delà du Jourdain ; à l’est. ― Ce que la Vulgate appelle Galilée des nations, nommé dans le texte original cercle des nations, désigne les parties de la Galilée les plus rapprochées de la Phénicie.

Vous avez multiplié votre peuple vous avez rendu grande la joie ; il se réjouit devant vous comme on se réjouit à la moisson, comme on pousse des cris au partage du butin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le peuple, etc. Saint Matthieu nous montre l’accomplissement de cette prophétie en la personne de Jésus-Christ, qui porta dans ces régions la lumière de l’Evangile et y commença ses prédications (voir Matthieu, 4, verset 13 et suivants).

Car le joug qui pesait sur lui, la verge qui frappait son épaule, le bâton de son exacteur, vous les avez brisés comme au jour de Madian !

Car toute sandale du guerrier dans la mêlée, et tout manteau roulé dans le sang sont livrés à l’incendie ; le feu les dévore.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Juges, 7, 12. ― Le joug de son fardeau ; c’est-à-dire le joug qui accablait la nation (gentem), nommée au verset précédent. ― La verge de son épaule ; la verge qui frappait son épaule. ― A la journée de Madian. Comparer à Juges, chapitre 7.

Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’empire a été posé sur ses épaules, et on lui donne pour nom : Conseiller admirable, Dieu fort, Père éternel, Prince de la paix :

Pour étendre l’empire et pour donner une paix sans fin au trône de David et à sa royauté, pour l’établir et l’affermir dans le droit et dans la justice, dès maintenant et à toujours. Le zèle de Yahweh des armées fera cela.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur son épaule. Voir Job, 31, 36. Les Pères expliquent ce texte de la croix que le Sauveur a portée sur ses épaules, comme la marque de sa royauté. Au reste, tout ce qui se dit dans ce verset et le suivant se rapporte nécessairement à Jésus-Christ. ― Cette prophétie nous fait connaître la nature du Messie : ce sera un Dieu, non un homme. Saint Jérôme compte ici six noms particuliers et caractéristiques, donnés au Messie. Tous ces titres nous apprennent quels biens Jésus-Christ apportera aux hommes, en même temps qu’ils nous révèlent sa nature. ― La locution : sa principauté est sur son épaule, s’explique par l’idée d’après laquelle le gouvernement est considéré comme un fardeau, une charge. Visir, titre oriental de celui qui est revêtu d’une haute charge, signifie celui qui porte un fardeau.

Le Seigneur a envoyé une parole à Jacob, et elle est tombée en Israël ;

tout le peuple en aura connaissance, Éphraïm et les habitants de Samarie ; eux qui disent dans leur orgueil, et dans la fierté de leur cœur :

« Les briques sont tombées, bâtissons en pierres de taille ; les sycomores sont coupés, remplaçons-les par des Cèdres. »

Yahweh fait lever contre eux les adversaires de Rasin, et il aiguillonne leurs ennemis,

la Syrie à l’Orient, les Philistins à l’Occident, et ils dévoreront Israël à pleine bouche. Avec tout cela, sa colère ne s’est point détournée, et sa main reste étendue.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 4 Rois, 16, 9. ― Sur lui ; sur le peuple d’Israël.

Car le peuple n’est pas revenu à Celui qui le frappait, et ils n’ont pas recherché Yahweh des armées.

Et Yahweh retranchera d’Israël la tête et la queue, la palme et le jonc, en un seul jour.

L’ancien et le noble, c’est la tête, et le prophète qui enseigne le mensonge, c’est la queue.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Celui qui plie et celui qui réfrène ; dans l’original : la branche de palmier et le roseau.

Ceux qui guident ce peuple l’égarent, et ceux qui sont guidés se perdent.

C’est pourquoi le Seigneur ne prendra pas plaisir en ses jeunes gens, et il n’aura pas compassion de ses orphelins et de ses veuves ; car tous sont des impies et des pervers, et toute bouche profère l’impiété. Avec tout cela, sa colère ne s’est point détournée, et sa main reste étendue.

Car la malice s’est allumée comme un feu ; elle dévore les ronces et les épines ; elle embrase les halliers de la forêt, et la fumée s’élève en tourbillons.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses jeunes hommes ; du peuple d’Israël ; ― Folie ; ce mot ici, comme dans plusieurs autres endroits de l’Ecriture, signifie impiété, irréligion.

Par le courroux de Yahweh des armées, le pays est embrasé, et le peuple est devenu la proie des flammes. Nul n’épargne son frère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une fumée, etc. ; littéralement l’élévation (superbia) d’une fumée sera roulée autour (convolvetur).

On coupe à droite, et l’on a faim ; on dévore à gauche, et l’on n’est point rassasié ; chacun dévore la chair de son bras ; Manassé contre Éphraïm, Éphraïm contre Manassé, tous deux ensemble contre Juda !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’homme, etc. Le prophète Michée qui vivait du temps d’Isaïe se sert d’une expression semblable pour peindre la dernière désolation de Juda (voir Michée, 7, vv. 2, 6). On sait d’ailleurs que la ruine du royaume de Samarie fut précédée de guerres et de divisions intestines (voir 4 Rois, chapitre 15).

Avec tout cela, sa colère ne s’est point détournée, et sa main reste étendue.