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Isaïe 40
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu.
Parlez au cœur de Jérusalem, et criez-lui : Que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée, qu’elle a reçu de la main de Yahweh le double pour ses péchés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Malice (malitia) ; ou, comme lisent plusieurs exemplaires latins, milice (militia) ; ce que porte le texte hébreu. ― Double ; c’est-à-dire très grande, considérable. Comparer à Isaïe, 61, 7 ; Jérémie, 16, 18 ; Apocalypse, 18, 6.
Une voix crie : Frayez dans le désert le chemin de Yahweh, aplanissez dans la steppe une route pour notre Dieu !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 1, 3 ; Jean, 1, 23. ― La voix, etc. Comparer à Matthieu, 3, 3 ; Luc, 3, 4. ― En Orient, on prépare les voies au souverain dans les lieux où il doit passer, en faisant des routes ou en réparant celles qui existent déjà.
Que toute vallée soit relevée, toute montagne et toute colline abaissées ; que la hauteur devienne une plaine, et les roches escarpées un vallon !
Alors la gloire de Yahweh apparaîtra, et toute chair sans exception la verra ; car la bouche de Yahweh a parlé.
Une voix dit : « Crie ! » et on répond : « Que crierai-je ? » — « Toute chair est comme l’herbe, et toute sa grâce comme la fleur des champs :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 14, 18 ; Jacques, 1, 10 ; 1 Pierre, 1, 24.
L’herbe se dessèche, la fleur se flétrit, quand le souffle de Yahweh passe sur elle. Oui, l’homme est comme l’herbe !
L’herbe se dessèche, la fleur se flétrit ; mais la parole de Dieu subsiste à jamais ! »
Monte sur une haute montagne, toi qui portes à Sion la bonne nouvelle ; élève la voix avec force, toi qui portes à Jérusalem la bonne nouvelle ; élève-la, ne crains point ; dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les promesses contenues dans ce verset et les suivants n’auront leur parfait accomplissement qu’à la venue de Jésus-Christ.
Voici que le Seigneur Yahweh vient avec puissance ; son bras exerce la domination ; Voici que sa récompense est avec lui, et son salaire est devant lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sa récompense ; c’est-à-dire la récompense qu’il doit accorder. ― Œuvre, ou mieux, par métonymie, fruit de l’œuvre, salaire, sens qu’a le terme hébreu correspondant.
Comme un berger, il fera paître son troupeau ; il recueillera les agneaux dans ses bras, et les portera dans son sein ; il conduira doucement celles qui allaitent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ezéchiel, 34, 23 ; 37, 24 ; Jean, 10, 11.
Qui a mesuré les eaux dans le creux de sa main, estimé l’étendue des cieux à l’empan, jaugé au boisseau toute la poussière de la terre, pesé les montagnes au crochet, et les collines à la balance ?
Qui a dirigé l’esprit de Yahweh, et quel a été son conseiller pour l’instruire ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Sagesse, 9, 13 ; Romains, 11, 34 ; 1 Corinthiens, 2, 16.
Avec qui a-t-il tenu conseil, pour qu’il l’éclaire, pour qu’il lui enseigne le sentier de la justice, pour qu’il lui enseigne la sagesse, et lui montre le chemin de l’intelligence ?
Voici que les nations sont comme la goutte suspendue à un seau, elles sont réputées comme la poussière dans la balance ; voici que les îles sont la poudre menue qui s’envole.
Le Liban ne suffit pas pour le feu, et ses animaux ne suffisent pas pour l’holocauste.
Toutes les nations sont devant lui comme rien ; il les compte pour néant et vanité.
À qui donc comparerez-vous Dieu, et quelle image lui préparerez-vous ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 17, 29.
Quand l’ouvrier a coulé une idole, l’orfèvre la recouvre d’or, et il lui fond des chaînettes d’argent.
Le pauvre, qui ne peut offrir beaucoup, choisit un bois qui ne pourrisse point ; et il va chercher un ouvrier habile, pour faire une idole qui ne branle point.
Ne savez-vous pas ? N’avez-vous pas entendu dire ? Ne vous a-t-on pas annoncé dès le commencement ? N’avez-vous pas appris qui a posé les fondements de la terre ?
Il trône par dessus la voûte de la terre, — et ses habitants sont comme des sauterelles ; — il étend les cieux comme un voile, et les déploie comme une tente pour y habiter ;
Il livre au néant les puissants, et réduit à rien les juges de la terre :
à peine sont-ils plantés, à peine sont-ils semés, à peine leur tronc a-t-il pris racine en terre, il souffle sur eux, et ils sèchent, et l’ouragan les emporte comme le chaume.
À qui donc me comparerez-vous, que je lui sois pareil, dit le Saint ?
Levez les yeux en haut et regardez : qui a créé ces choses ? Celui qui fait marcher en ordre leur armée, et qui les appelle toutes par leur nom ; et, à cause de la grandeur de sa puissance et de l’énergie de sa force, pas une ne fait défaut.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ces choses ; les cieux ou les astres. ― Leur milice. Dans bien des endroits l’Ecriture appelle les astres la milice du ciel, et représente Dieu comme le général de cette armée. ― En nombre ; grand, ou marqué, déterminé. ― Toutes ; selon l’hébreu et la Vulgate, tous, au masculin, parce que les astres sont ici personnifiés.
Pourquoi dis-tu, ô Jacob, et parles-tu ainsi, ô Israël : « Ma voie est cachée à Yahweh, et mon droit passe inaperçu devant mon Dieu ? »
Ne sais-tu pas, n’as-tu pas entendu ? Yahweh est un Dieu éternel, qui a créé les extrémités de la terre, qui ne se fatigue ni ne se lasse, et dont la sagesse est insondable.
Il donne de la force à celui qui est fatigué et redouble la vigueur de celui qui est défaillant.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ceux qui ne sont pas (qui non sunt) ; hyperbole, pour ceux qui sont épuisés, qui manquent de forces, comme porte le texte hébreu.
Les jeunes gens se fatiguent et se lassent, et les jeunes gens chancellent,
Mais ceux qui se confient en Yahweh renouvellent leurs forces ; ils élèveront leur vol comme les aigles ; ils courront et ne se fatigueront point ; ils marcheront et ne se lasseront point.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Prendront une force nouvelle ; renouvelleront leur force. C’est le sens du latin mutabunt fortitudinem ; la Vulgate, en effet, a rendu ailleurs (voir Job, 29, 20) le même verbe hébreu par renouveler.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ici commence la seconde partie d’Isaïe, qui comprend les chapitres 40 à 66. Elle se partage en trois séries de discours, subdivisés en groupes de neuf : du chapitre 40 au chapitre 48 ; du chapitre 49 au chapitre 57 ; du chapitre 58 au chapitre 66. Pour plus de détails sur les caractères généraux de la seconde partie, voir la note 23 à la fin du volume. ― La première section, du chapitre 40 au chapitre 48, fait ressortir la différence qui existe entre le vrai Dieu et les faux dieux. ― Le chapitre 40 renferme le premier discours et sert d’introduction générale. Il nous fait connaître l’objet de la mission du prophète, qui est de consoler son peuple et de lui annoncer le salut, en fondant ces consolations et ces espérances sur la toute-puissance de Dieu et sur la gloire du règne du Messie. ― Les versets 1 à 11 sont comme le prologue des 27 discours. Les versets 3 à 8 prédisent la mission du précurseur du Messie, saint Jean-Baptiste. Après l’introduction générale, versets 1 à 11, Isaïe montre combien Dieu est incomparablement grand et quelle est la folie des adorateurs des idoles. Les Juifs ne doivent compter que sur le secours du Seigneur qui seul peut les consoler, versets 12 à 31.