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Isaïe 37

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Lorsque le roi Ézéchias eut entendu ce rapport, il déchira ses vêtements, se couvrit d’un sac et alla dans la maison de Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 4 Rois, 19, 1.

Il envoya Eliacim, chef de sa maison, Sobna, le secrétaire, et les anciens des prêtres, couverts de sacs, vers Isaïe, fils d’Amos, le prophète.

Ils lui dirent : « Ainsi dit Ézéchias : Ce jour est un jour d’angoisse, de châtiment et d’opprobre ; car les enfants sont près de sortir du sein maternel, et il n’y a pas de force pour enfanter.

Peut-être Yahweh, ton Dieu, entendra-t-il les paroles du grand échanson, que le roi d’Assyrie, son maître, a envoyé pour insulter au Dieu vivant, et le punira-t-il à cause des paroles qu’a entendues Yahweh, ton Dieu. Fais donc une prière pour le reste qui subsiste encore ! »

Les serviteurs du roi Ézéchias se rendirent auprès d’Isaïe,

et Isaïe leur dit : « Voici ce que vous direz à votre maître : Ainsi dit Yahweh : Ne t’effraie point des paroles que tu as entendues, par lesquelles les serviteurs du roi d’Assyrie m’ont outragé.

Voici que je mets en lui un esprit tel que, sur une nouvelle qu’il apprendra, il retournera dans son pays, et je le ferai tomber par l’épée dans son pays. »

Le grand échanson s’en retourna et trouvas le roi d’Assyrie qui attaquait Lobna ; car il avait appris que son maître était parti de Lachis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 4 Rois, 19, 8. ― Formant le siège de Lobna, non loin de Lachis, mais au nord, de sorte que Sennachérib avait reculé, au lieu de continuer sa marche en avant contre l’Egypte. C’était la nouvelle de l’arrivée de Tharaca, à la tête de l’armée égyptienne, qui avait déterminé ce mouvement du roi de Ninive.

Or le roi d’Assyrie reçut une nouvelle au sujet de Tharaca, roi d’Éthiopie ; on lui dit : « Il s’est mis en marche pour te faire la guerre. » Entendant cela, il envoya des messagers à Ézéchias en disant :

« Vous parlerez ainsi à Ézéchias, roi de Juda : Que ton Dieu, en qui tu te confies, ne t’abuse point en disant : Jérusalem ne sera pas livrée entre les mains du roi d’Assyrie.

Voici que tu as appris ce qu’ont fait les rois d’Assyrie à tous les pays, les soumettant à l’anathème !… Et toi, tu serais délivré !…

Est-ce que leurs dieux les ont délivrées, ces nations que mes pères ont détruites : Gozan, Haram, Réseph et les fils d’Éden, qui étaient à Thélasar ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gozam. Voir 4 Rois, 17, 6. ― Haram, Réseph, Eden, Thalassar. Voir 4 Rois, 19, 12.

Où sont le roi d’Emath, le roi d’Arphad et le roi de la ville de Sépharvaïm, d’Ana et d’Ava ? »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 4 Rois, 19, 13. ― Emath, Arphad, Sépharvaïm, Ava, Ana. Voir 4 Rois, 18, 34.

Ezéchias, ayant pris la lettre de la main des messagers, la lut ; puis Ézéchias monta à la maison de Yahweh et la déploya devant Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les livres (libros) ; ou la lettre, comme on lit dans l’endroit parallèle (voir 4 Rois, 19, 14). ― Ajoutons que le terme hébreu qui signifie un écrit (scriptum), en général, se prend aussi dans le sens particulier de lettre (epistola), aussi bien que dans celui de livre (liber).

Et Ézéchias pria devant Yahweh, en disant :

« Yahweh des armées, Dieu d’Israël, assis sur les Chérubins, c’est vous qui êtes le seul Dieu de tous les royaumes de la terre, vous qui avez fait les cieux et la terre.

Yahweh, inclinez votre oreille et entendez ! Yahweh, ouvrez les yeux et regardez ! Entendez toutes les paroles de Sennachérib, qui a envoyé insulter au Dieu vivant.

Il est vrai, Yahweh, que les rois d’Assyrie ont détruit toutes les nations et dévasté leurs territoires,

et qu’ils ont jeté leurs dieux dans le feu ; car ce n’étaient pas des dieux, mais des ouvrages de mains d’homme, du bois et de la pierre ; et ils les ont anéantis.

Maintenant, Yahweh, notre Dieu, sauvez-nous de la main de Sennachérib, et que tous les royaumes de la terre sachent que vous seul êtes Yahweh ! »

Et Isaïe, fils d’Amos, envoya dire à Ézéchias : « Ainsi dit Yahweh, Dieu d’Israël : La prière que tu m’as adressée au sujet de Sennachérib, roi d’Assyrie, je l’ai entendue.

Voici la parole que Yahweh a prononcée contre lui : Elle te méprise, elle se moque de toi, la vierge, fille de Sion ; elle branle la tête derrière toi, la fille de Jérusalem !

Qui as-tu insulté et outragé ? Contre qui as-tu élevé la voix et porté les yeux en haut ? Contre le Saint d’Israël !

Par tes serviteurs tu as insulté le Seigneur, et tu as dit : Avec la multitude de mes chars, j’ai gravi le sommet des montagnes, les extrémités du Liban ; je couperai les plus élevés de ses cèdres, les plus beaux de ses cyprès ; et j’atteindrai sa dernière cime et sa forêt semblable à un verger.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par l’entremise ; littéralement par la main (in manu). Le mot main se prend souvent en effet dans la Bible pour moyen, instrument, intermédiaire.

J’ai creusé, et j’ai eu de l’eau à boire ; avec la plante de mes pieds je dessécherai tous les fleuves de l’Égypte.

N’as-tu pas appris que depuis longtemps j’ai fait ces choses, et que je les ai formées dès les temps anciens ? À présent je les fais s’accomplir, pour que tu réduises en monceaux de ruines les villes fortes.

Leurs habitants sont sans force, dans l’épouvante et le trouble ; ils sont comme l’herbe des champs, et la tendre verdure comme le gazon des toits, comme le blé niellé qui sèche avant sa maturité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A la main raccourcie (breviata manu) ; qui ont les mains faibles, qui sont impuissants.

Mais je sais quand tu t’assieds, quand tu sors et quand tu entres ; je connais ta fureur contre moi.

Parce que tu es furieux contre moi, et que ton arrogance est montée à mes oreilles, je mettrai mon anneau dans ta narine et mon mors à tes lèvres, et je te ferai retourner par le chemin par lequel tu es venu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un mors à tes lèvres. Voir 4 Rois, 19, 28.

Et ceci sera un signe pour toi : On mangera cette année le produit du grain tombé ; la seconde année, on mangera ce qui croit de soi-même ; mais la troisième année, vous sèmerez et moissonnerez, vous planterez des vignes et vous en mangerez le fruit.

Ce qui aura été sauvé de la maison de Juda, ce qui restera, poussera encore des racines par-dessous, et portera du fruit par dessus.

Car de Jérusalem il sortira un reste, et de la montagne de Sion des réchappés. Voilà ce que fera le zèle de Yahweh des armées.

C’est pourquoi, ainsi parle Yahweh sur le roi d’Assyrie : Il n’entrera point dans cette ville, il n’y lancera point de flèches, il ne lui présentera pas de boucliers, il n’élèvera pas de retranchements contre elle.

Il s’en retournera par le chemin par lequel il est venu, et il n’entrera point dans cette ville, — oracle de Yahweh.

Je protégerai cette ville pour la sauver, à cause de moi et à cause de David, mon serviteur.

Et l’ange de Yahweh sortit et frappa, dans le camp des Assyriens, cent quatre-vingt-cinq mille hommes, et quand on se leva le matin, voici que c’étaient tous des cadavres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 31, 8 ; Tobie, 1, 21 ; Ecclésiastique, 48, 24 ; 1 Machabées, 7, 41 ; 2 Machabées, 8, 19. ― On se leva ; littéralement ils se levèrent (surrexerunt) ; probablement les gens du roi. Suivant la Vulgate, dans 4 Rois, 19, 35, ce fut Sennachérib qui, s’étant levé, vit tous ses soldats morts ; mais là, comme ici, l’hébreu, le chaldéen et les Septante portent le pluriel.

Et Sennachérib, roi d’Assyrie, ayant levé son camp, partit et s’en retourna, et il resta à Ninive.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir, pour ce verset, 4 Rois, 19, 36.

Comme il était prosterné dans la maison de Nesroch, son dieu, Adramélech et Sarasar, ses fils, le frappèrent avec l’épée, et s’enfuirent au pays d’Ararat. Et Asarhaddon, son fils, régna à sa place.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nesroch ; est le complément du mot temple et nullement du verbe adorait ; si le latin de la Vulgate est amphibologique, le texte hébreu ne l’est pas. C’est ce qu’ont parfaitement compris les vieilles traductions françaises, et la version anglaise catholique. ― La terre d’Ararat ; c’est-à-dire d’Arménie. Comparer à 4 Rois, 19, 37. ― Ararat ; aujourd’hui Erivan, l’ancienne Arménie. ― Sur Assaraddon, voir 4 Rois, 19, 37. ― Le dieu Nesroch n’a pas été encore retrouvé dans la mythologie assyrienne. Les documents assyriens rappellent d’ailleurs les faits racontés ici.