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Isaïe 45
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Ainsi parle Yahweh à son oint, à Cyrus, que j’ai pris par la main droite pour terrasser devant lui les nations, et pour délier la ceinture des rois, pour ouvrir devant lui les portes, afin que les entrées ne lui soient pas fermées :
Moi, je marcherai devant toi ; j’aplanirai les chemins montueux ; je romprai les portes d’airain, et je briserai les verrous de fer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
On a retrouvé à Balawat des débris de portes assyriennes recouvertes de plaques d’airain.
Je te donnerai les trésors cachés, et les richesses enfouies, afin que tu saches que je suis Yahweh, le Dieu d’Israël, qui t’ai appelé par ton nom.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je te livrerai, etc. Nous savons par l’histoire que Cyrus recueillit des richesses prodigieuses dans toutes ses victoires. ― Qui appelle ton nom ; c’est-à-dire qui t’ai appelé par ton nom. Comparer au verset 1.
À cause de Jacob, mon serviteur, et d’Israël, mon élu, je t’ai appelé par ton nom ; je t’ai désigné quand tu ne me connaissais pas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A cause de Jacob, etc. ; c’est-à-dire pour venger le peuple qui m’adore, que je me suis choisi, et que je protège d’une manière toute particulière. ― Je t’ai assimilé à mon Christ ; vrai roi et pasteur de mon peuple, en te donnant le titre de mon pasteur (voir Isaïe, 44, 28) et de mon Christ (voir Isaïe, 45, 1), en te choisissant pour être sa figure. Le verbe hébreu que la Vulgate a traduit ici et à Isaïe, 44, 5, par assimiler (assimilavi), elle l’a rendu dans Job, 32, 21, par égaler (æquabo), et au verset 22 de ce même chapitre de Job par subsister (subsistam). ― Et tu ne m’as pas connu ; c’est-à-dire tu ne m’as pas honoré comme tu le devais, en abandonnant le culte des idoles. Rien, en effet, ne prouve que Cyrus, tout en avouant que le Seigneur lui avait livré tous les royaumes de la terre (voir 1 Esdras, 1, 2), abandonna la religion des Perses et embrassa celle des Juifs. C’est ainsi que Nabuchodonosor, qui avait reconnu la main du Seigneur (voir Daniel, 2, 47), resta dans l’erreur et dans l’idolâtrie. Cependant tout véritable hébraïsant devra reconnaître que le texte original peut signifier : Et tu ne l’avais pas connu, c’est-à-dire, quoique tu ne le connusses pas auparavant ; ce qui ne préjuge rien sur la conduite postérieure de Cyrus.
Je suis Yahweh, et il n’y en a point d’autre ; hors moi, il n’y a point de Dieu ! Je t’ai ceint quand tu ne me connaissais pas,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je t’ai ceint de tes armes ; c’est moi qui t’ai armé.
afin que l’on sache, du levant au couchant, qu’il n’y a rien en dehors de moi ! Je suis Yahweh, et il n’y en a point d’autre ;
je forme la lumière et crée les ténèbres, je fais la paix et je crée le malheur : c’est moi Yahweh qui fais tout cela.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les maux ; les calamités, les infortunes, comme châtiment des péchés.
Cieux, répandez d’en haut votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir la justice ! Que la terre s’ouvre et produise le salut, qu’elle fasse germer la justice en même temps ! Moi ! Yahweh, je crée ces choses.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cieux, versez, etc. ; prière qu’on fait dans l’Eglise pendant l’Avent, pour demander à Dieu les grâces de l’avènement de Jésus-Christ, le juste par excellence et le sauveur des hommes. ― Moi, le Seigneur qui l’a crée. Cette parole s’entend aussi de Jésus-Christ, selon son humanité. Il est fils de Dieu et fils de l’homme. Comme fils de Dieu, il est engendré de toute éternité dans le sein du Père, il est comme lui le principe de la justice et du salut ; comme fils de l’homme il a été créé de Dieu dans le sein de Marie, de laquelle il est né dans la plénitude des temps.
Malheur à qui conteste avec celui qui l’a formé, vase parmi des vases de terre ! L’argile dira-t-elle à celui qui la façonne : « Que fais-tu ? » Ton œuvre dira-t-elle : « Il n’a pas de mains ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 18, 6 ; Romains, 9, 20. ― Ton ouvrage est sans mains ; c’est-à-dire ton vase n’a pas d’anses ; tu m’as mal fait, je suis un vase inutile. ― De terre de Samos. Dans l’hébreu : un têt de terre simplement.
Malheur à qui dit à un père : « Pourquoi engendres-tu ? » Et à une femme : « Pourquoi mets-tu au monde ? »
Ainsi parle Yahweh, le Saint d’Israël et celui qui l’a formé : « Oserez-vous m’interroger sur l’avenir, me commander au sujet de mes enfants et de l’œuvre de mes mains ?
C’est moi qui ai fait la terre, et qui sur elle ai créé l’homme ; c’est moi dont les mains ont déployé les cieux, moi qui commande à toute leur armée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Leur milice ; les étoiles.
C’est moi qui l’ai suscité dans ma justice, et j’aplanis toutes ses voies. C’est lui qui rebâtira ma ville, et renverra mes captifs, sans rançon ni présents, dit Yahweh des armées.
Ainsi parle Yahweh : Les gains de l’Égypte et les profits de l’Éthiopie, et les Sabéens à la haute stature viendront à toi et seront à toi, ils marcheront à ta suite ; ils passeront enchaînés, et se prosterneront devant toi ; ils te diront en suppliant : « Il n’y a de Dieu que chez toi, et il n’y en a point d’autre, nul autre Dieu absolument ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le travail, etc. Les travaux des Egyptiens consistaient principalement dans la culture de terres et le soin des bestiaux. ― Vers toi, Israël. ― Se prosterneront devant toi ; littéralement t’adoreront. Voir, sur cette expression, Genèse, 18, 2.
En vérité, vous êtes un Dieu caché, Dieu d’Israël, ô Sauveur !
Ils sont tous honteux et confus, ils s’en vont confus, les fabricateurs d’idoles.
Israël est sauvé par Yahweh d’un salut éternel ; vous n’aurez ni honte ni confusion dans les siècles à venir.
Car ainsi parle Yahweh, qui a créé les cieux, lui, le Dieu qui a formé la terre, qui l’a achevée et affermie, qui n’en a pas fait un chaos, mais l’a formée pour être habitée : Je suis Yahweh, et il n’y en a point d’autre !
Je n’ai point parlé en cachette, dans un lieu obscur de la terre. Je n’ai point dit à la race de Jacob : « Cherchez-moi vainement ! » Moi, Yahweh, je dis ce qui est juste, j’annonce la vérité.
Assemblez-vous et venez ; approchez ensemble, réchappés des nations. Ils ne savent rien, ceux qui portent leur idole de bois, et invoquent un dieu qui ne sauve pas.
Appelez-les, faites-les approcher, et qu’ils se consultent ensemble ! Qui a fait entendre ces choses dès le commencement, et depuis longtemps les a annoncées ? N’est-ce pas moi, Yahweh ? Et il n’y a pas de Dieu en dehors de moi ; Moi, le Dieu juste, et il n’y a pas d’autre sauveur que moi.
Tournez-vous vers moi, et vous serez sauvés, vous tous habitants de la terre, car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre.
Je l’ai juré par moi-même ; de ma bouche sort la vérité, une parole qui ne sera pas révoquée : Tout genou fléchira devant moi, et toute langue me prêtera serment.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne reviendra pas ; ne sera pas retirée, révoquée.
« En Yahweh seul, dira-t-on de moi, résident la justice et la force ! » On viendra à lui ; mais ils seront confondus, tous ceux qui étaient enflammés contre lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tout genou fléchira, etc. Ces paroles sont citées par saint Paul (voir Romains, 14, 10-11 ; Philippiens, 2, 10-11), qui les applique à Jésus-Christ. ― Par mon nom ; ces mots sont évidemment sous-entendus ; Dieu avait ordonné à son peuple de ne jurer qu’en son nom. Voir Deutéronome, 6, 13 ; Exode, 23, 13.
En Yahweh sera justifiée et sera glorifiée toute la race d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Christ ou oint ; c’est-à-dire roi constitué. Il n’est pas prouvé qu’on donnât l’onction aux rois de Perse ; mais le Prophète parle ici conformément à l’usage consacré chez les Hébreux. Comparer à 1 Rois, 10, 1 ; 3 Rois, 1, 45.