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Isaïe 13

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Oracle sur Babylone, révélé à Isaïe, fils d’Amots.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Malheur accablant ; littéralement charge, fardeau (onus) ; c’est selon la remarque de saint Jérôme, le mot dont se servent les prophètes, lorsqu’ils annoncent des malheurs, des calamités. Ainsi le sens de ce mot est ici prophétie de malheur (voir Isaïe, 15, 1 ; 17, 1 ; 19, 1 ; Ezéchiel, 12, 10 ; Habacuc, 1, 1 ; Zacharie, 9, 1). ― Babylone, dans le langage figuré des prophètes, représente le monde idolâtre, le monde ennemi de Jésus-Christ. De là vient que saint Pierre, dans sa Ire Epître (voir 1 Pierre, 5, 13), et saint Jean dans Apocalypse, 17, 5 désignent Rome païenne sous le nom de Babylone.

Sur une montagne nue levez un étendard ; appelez-les à haute voix, faites des signes de la main, et qu’ils franchissent les portes des princes.

Moi, j’ai donné ordre à mes consacrés ; j’ai appelé mes héros pour servir ma colère, ceux qui acclament avec joie ma majesté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mes sanctifiés ; ceux que j’ai consacrés, destinés à la reconstruction de Babylone ; c’est-à-dire les Mèdes et les Perses. ― Mes forts, etc. ; mes guerriers, qui travaillaient avec joie pour ma gloire.

On entend sur les montagnes une rumeur : on dirait le bruit d’un peuple nombreux ; on entend un tumulte de royaumes, de nations rassemblées : C’est Yahweh des armées qui passe en revue ses troupes de guerre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur les montagnes. Les montagnes les plus rapprochées de Babylone sont celles du Schahon ou Zagros, au nord-est. C’est par là que devaient arriver les Iraniens, les Perses, pour s’emparer de Babylone.

Ils viennent d’un pays lointain, de l’extrémité du ciel, Yahweh et les instruments de son courroux, pour ravager toute la terre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De l’extrémité du ciel ; de l’extrémité de l’horizon.

Poussez des hurlements, car le jour de Yahweh est proche : il vient comme une dévastation du Tout-puissant.

C’est pourquoi toute main sera défaillante, et tout cœur d’homme se fondra.

Ils trembleront, les transes et les douleurs les saisiront ; ils se tordront comme une femme qui enfante ; ils se regarderont les uns les autres avec stupeur ; leurs visages seront comme la flamme.

Voici que le jour de Yahweh est venu, jour cruel, de fureur et d’ardente colère, pour réduire la terre en désert, et en exterminer les pécheurs.

Car les étoiles du ciel et leurs constellations ne font point briller leur lumière ; le soleil s’est obscurci à son lever, et la lune ne répand plus sa clarté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ezéchiel, 32, 7 ; Joël, 2, 10 ; 3, 15 ; Luc, 21, 25. ― Des signes semblables doivent précéder le dernier avènement de Jésus-Christ qui viendra frapper d’anathème les réprouvés représentés par cette Babylone impie. Voir Matthieu, 24, 29 ; Marc, 13, 24-25.

Je punirai le monde pour sa malice, et les méchants pour leur iniquité ; je ferai cesser l’arrogance des superbes, et j’abaisserai l’orgueil des tyrans.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’univers désigne ici particulièrement l’empire babylonien.

Je rendrai les hommes plus rares que l’or fin, plus rares que l’or d’Ophir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Plus précieux ; c’est-à-dire plus rare.

C’est pourquoi je ferai trembler les cieux, et la terre sera ébranlée de sa place, par la fureur de Yahweh des armées, au jour où s’allumera sa colère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La colère de sa fureur ; hébraïsme, pour sa colère très grande, très violente.

Alors, comme une gazelle que l’on poursuit, comme un troupeau que personne ne rassemble, chacun se tournera vers son peuple, et s’enfuira dans son pays.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Elle ; l’armée des Chaldéens, ou Babylone ; ce qui revient au même. ― Chacun, etc. Isaïe parle des soldats étrangers qui s’étaient joints aux Babyloniens, comme troupes auxiliaires. ― La daine et la gazelle sont timides et fuient avec une grande rapidité.

Tous ceux qu’on trouvera seront transpercés, tous ceux qu’on saisira tomberont par l’épée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quiconque sera trouvé dans Babylone. ― Quiconque se présentera ; c’est-à-dire se joindra aux Babyloniens.

Leurs petits enfants seront écrasés sous leurs yeux, leurs maisons pillées et leurs femmes violées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 136, 9. ― Leurs enfants seront écrasés. Les inscriptions assyriennes mentionnent expressément ce traitement barbare, infligé aux enfants des vaincus. Babylone sera punie de sa cruauté par un traitement semblable.

Voici que je fais lever contre eux les Mèdes, qui ne font point cas de l’argent, et ne convoitent pas l’or.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Mèdes. Les Mèdes étaient déjà en guerre avec les rois d’Assyrie avant cette époque. Un roi de Ninive les mentionne vers l’an 810 avant Jésus-Christ. Leur nom ne désigne pas seulement ici les Mèdes proprement dits, mais aussi les Perses. En Egypte les Perses reçurent aussi le nom de Mèdes. Les Perses sont nommés pour la première fois dans l’Ancien Testament par Ezéchiel et par Daniel. Cyrus, dans les inscriptions qu’on a retrouvées de lui, ne prend pas lui-même le titre de Perse. Ce roi, dans la Cyropédie, V, 3, de Xénophon, en s’adressant à ses soldats, ne nomme aussi expressément que les Mèdes. ― Dans un autre passage de la Cyropédie, X, 1, 20, Cyrus demande aux Mèdes « qui n’ont pas besoin de richesses » d’aller avec lui.

Leurs arcs écraseront les jeunes gens ; ils ne feront point grâce au fruit des entrailles ; leur œil n’aura pas pitié des enfants.

Et Babylone, l’ornement des royaumes, la parure des fiers Chaldéens, sera comme Sodome et Gomorrhe que Dieu a détruites.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 19, 24.

Elle ne sera jamais plus peuplée, elle ne sera plus habitée dans le cours des âges ; l’Arabe n’y dressera pas sa tente, et le berger n’y parquera pas ses troupeaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’Arabe, n’ayant pas de demeure fixe, allait d’un endroit dans un autre dresser ses tentes partout où il trouvait des pâturages pour ses bestiaux. ― Elle ne sera jamais habitée. Cette prédiction ne s’accomplit que quelques siècles après, mais elle se réalisa pleinement. Cyrus s’empara de Babylone, mais il n’en renversa pas les murailles. Darius, fils d’Hystaspe, qui reprit Babylone pour la seconde fois, en 518, réduisit ses remparts à 50 coudées de hauteur. Xerxès ruina le fameux temple de Bel, l’orgueil de la cité. Quand Alexandre voulut faire de Babylone la capitale de son vaste empire, dix mille ouvriers furent occupés pendant deux mois à déblayer les fondements du temple. Toutefois Babylone ne devait plus voir revivre sa gloire. Le conquérant macédonien mourut sans avoir pu réaliser son projet, et l’un de ses généraux, Séleucus Nicator, en 312, ruina pour toujours la ville de Nabuchodonosor. Il construisit avec ses débris la ville de Séleucie, qui lui enleva même quelques temps son nom, dit Etienne de Byzance, et dont le voisinage, comme le dit Pline, la réduisit en solitude. Strabon, né vers l’an 60 avant notre ère, lui appliqua le mot d’un poète : « La grande ville est devenue un grand désert » (XVI, 15). La malédiction divine dure encore. Une ville, Hillah, s’est élevée non loin d’elle ; l’Arabe nomade dresse ses tentes à ses côtés, mais ses ruines sont toujours désertes et habitées seulement par les animaux sauvages.

Les animaux du désert y feront leur gîte ; les hiboux rempliront ses maisons ; là habiteront les autruches, et le satyre y bondira.

Les chacals hurleront dans ses palais déserts, et les chiens sauvages dans ses maisons de plaisir. Son temps est proche, et ses jours ne seront pas prolongés.

Commentaire (versets 21 à 22) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 21 à 22 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Le vrai sens des noms des animaux énumérés dans le texte hébreu est encore incertain dans plusieurs cas. La plupart des interprètes croient y retrouver les chacals et les loups. Répondront ; feront entendre leur cri alternativement. Comparer, pour la fin de ce chapitre, à Isaïe, 34, 13-15, où on trouve une description semblable.