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Isaïe 34
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Approchez, nations, pour entendre ; peuples, soyez attentifs ! Que la terre entende, elle et ce qu’elle renferme, le monde et tout ce qu’il produit.
Car Yahweh est courroucé contre toutes les nations, et en fureur contre toute leur armée ; il les a vouées, livrées au carnage.
Leurs morts seront jetés sans sépulture, leurs cadavres exhaleront l’infection, et les montagnes se fondront dans leur sang.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et des montagnes, etc. La quantité du sang répandu sera si grande, que la terre des montagnes se fondera et s’écoulera, en quelque sorte, comme il arrive dans un débordement extraordinaire des eaux. C’est une expression hyperbolique.
Toute l’armée des cieux sera réduite en poussière ; les cieux seront roulés comme un livre, et toute leur armée tombera, comme tombe la feuille de la vigne, comme tombe celle du figuier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toute la milice, etc. ; autre expression hyperbolique, pour dire que les astres eux-mêmes participeront à la commotion générale. ― Se rouleront, etc. Chez les anciens, les livres étaient formés de rouleaux d’écorce d’arbres. Ce qui est dit ici et dans le verset suivant se rapporte aussi à la fin du monde. Comparer à Matthieu, 24, 29 ; 2 Pierre, 3, 12 ; Apocalypse, 6, 12-14.
« Car mon épée s’est enivrée dans les cieux, et voici qu’elle descend sur Édom, sur le peuple que j’ai voué à l’anathème, pour le juger.
L’épée de Yahweh est pleine de sang, ruisselante de graisse, du sang des agneaux et des boucs, de la graisse des reins des béliers. Car Yahweh fait un sacrifice à Bosra, et un grand carnage au pays d’Édom.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Bosra ; une des principales villes de l’Idumée. ― La terre d’Edom ; l’Idumée. ― Sur Bosra, voir Genèse, 36, 33.
Avec eux tombent les buffles, et les bœufs avec les taureaux. Leur terre s’enivre de sang, et leur poussière ruisselle de graisse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des licornes ; en hébreu, des bœufs sauvages.
Car c’est un jour de vengeance pour Yahweh, une année de revanche pour la cause de Sion.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’année, etc. ; c’est-à-dire l’année où dans un jugement le Seigneur fera justice à Sion, en lui rendant ce que ses ennemis lui avaient enlevé.
Ses torrents seront changés en poix, et sa poussière en soufre, et sa terre deviendra de la poix brûlante,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Poix, soufre. Ces comparaisons rappellent les volcans de l’Idumée et les désastres de Sodome et de Gomorrhe.
qui ne s’éteindra ni la nuit ni le jour, dont la fumée montera éternellement. D’âge en âge elle restera désolée ; à tout jamais personne n’y passera.
Le pélican et le hérisson la posséderont ; la chouette et le corbeau y habiteront. Et il étendra sur elle le cordeau du chaos et le niveau du vide.
Il n’y aura plus de grands pour proclamer un roi, et tous ses princes seront anéantis.
Les épines pousseront dans ses palais, les ronces et les chardons dans ses forteresses. Ce sera un repaire de chacals, et un parc pour les autruches.
Les chats et les chiens sauvages s’y rencontreront, et les satyres s’y appelleront les uns les autres. Là aussi le spectre des nuits fera sa demeure, et trouvera son lieu de repos.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le bouc. Voir, sur le sens de ce mot, Isaïe, 13, 21. ― La lamie, hébreu : lilith, la nocturne, sorte de démon qui fait ses ravages la nuit. D’après les fables rabbiniques, Lilith avait été la première femme d’Adam. Elle l’abandonna et fut changée en démon. Elle aimait, comme la Lamie des Romains, à faire périr les enfants.
Là le serpent fera son nid et pondra, couvera et réunira ses petits sous son ombre. Là aussi se rassembleront tous les vautours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sous son ombre (in umbra ejus) ; c’est-à-dire sous le hérisson ; ou, selon plusieurs, à l’ombre de la fosse, ou bien, selon d’autres, à l’ombre d’Edom en ruines. Le premier sens nous a paru le plus probable et le plus conforme à l’hébreu.
Cherchez dans le livre de Yahweh, et lisez : Pas un d’eux ne manque, ni l’un ni l’autre ne fait défaut. Car c’est la bouche de Yahweh qui l’a ordonné, et son souffle qui les a rassemblés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une seule de ces choses (unum ex eis) ; que je dis. Les prophètes, sûrs de la vérité de leurs prédictions, les dataient ordinairement ; et, après les avoir prononcées devant le peuple, ils les écrivaient, afin qu’on pût s’assurer après coup de la certitude de ce qui avait été prédit. Voir Isaïe, 30, 8. ― L’un (unus), et l’autre (aller) ; ces mots ne peuvent se rapporter qu’aux milans (milvi), nom masculin ; d’ailleurs ce qui suit n’autorise aucun autre sens.
C’est lui qui a jeté le sort pour eux, et sa main qui leur a partagé le pays au cordeau ; à jamais ils le posséderont, d’âge en âge ils y habiteront.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lui-même ; le Seigneur. ― Tout ce qui est dit dans cette prophétie contre l’Idumée a reçu son parfait accomplissement ; cette petite contrée est aujourd’hui un désert abandonné aux bêtes sauvages, et elle n’est traversée que par les Arabes nomades.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Leur (eorum), et les (eos). Ces pronoms masculins se rapportent au nom ennemis sous-entendu.