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Isaïe 10

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

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Malheur à ceux qui rendent des arrêts iniques, et aux scribes qui écrivent des sentences injustes,

écartant du tribunal les faibles, et dépouillant de leur droit les affligés de mon peuple, faisant des veuves leur proie, et pillant les orphelins !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

7 Le fardeau d’Assur, etc. Dans un sens plus élevé cela s’entend de Jésus-Christ, qui a remporté la victoire sur le démon, et qui nous a délivrés du joug dont nous étions accablés. ― A cause de l’huile ; c’est-à-dire selon l’interprétation la plus naturelle, à cause du manque d’huile.

Que ferez-vous au jour de la visite, et dans la catastrophe qui viendra de loin ? Vers qui fuirez-vous pour avoir du secours, et où déposerez-vous vos trésors ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De loin ; de l’Assyrie, qui est désignée plus bas sous le nom d’Assur, nom qui est aussi donné au roi d’Assyrie et aux Assyriens eux-mêmes.

Il ne reste qu’à se courber parmi les captifs, ou à tomber parmi les tués. Avec tout cela, sa colère ne s’est point détournée, et sa main reste étendue.

Malheur à Assur, verge de ma colère ! Le bâton qui est dans sa main est l’instrument de ma fureur ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sa main ; littéralement leur main ; parce qu’Assur, étant un nom collectif, équivaut à un pluriel. ― Est mon indignation ; c’est-à-dire qu’Assur est l’instrument de ma colère.

je l’envoie contre une nation impie, je lui donne mes ordres contre le peuple de mon courroux, pour le mettre au pillage et faire du butin, et le fouler au pied comme la boue des rues.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une nation trompeuse ; les Israélites, qui se disaient le peuple de Dieu, et qui violaient ses lois, et rendaient une partie de leur culte aux idoles.

Mais lui, ce n’est pas ainsi qu’il l’entend, et telle n’est pas la pensée de son cœur ; car il ne songe qu’à détruire, et à exterminer des nations, non en petit nombre.

Il dit : « Mes princes ne sont-ils pas tous des rois ?

N’en a-t-il pas été de Calno comme de Carchémis, et de Hamath comme d’Arphad, et de Samarie comme de Damas ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mes princes ; les princes que j’ai vaincus. ― Est-ce que Calano, est. N’ai-je pas pris les villes les plus importantes, Calano aussi bien que Charcamis, etc. ? ― Calano, ville de Babylonie, la même que Chalamis, sur le Tigre, une des nécropoles de la Chaldée, aujourd’hui Zerghul, prise par les Assyriens en 738. ― Charcamis, aujourd’hui Djérablous, sur la rive droite de l’Euphrate, ville capitale des Héthéens, prise par les Assyriens, en 717. ― Emath, aujourd’hui Hamah, dans la Cœlésyrie. ― Arphad, aujourd’hui Tell-Er âd, au nord d’Alep, à une vingtaine de kilomètres environ de cette ville. Arphad est toujours nommée avec Emath et fut sans doute prise avec celle-ci en 720.

Comme ma main a atteint les royaumes des divinités impuissantes, dont les idoles l’emportaient sur celles de Jérusalem et de Samarie ; comme j’ai fait à Samarie et à ses dieux,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les royaumes des idoles. Les rois d’Assyrie emportaient comme trophée les idoles des peuples vaincus. Sargon emporta ainsi les idoles de la vile d’Azot ; Asaraddon prit les dieux des Arabes, fit écrire sur leurs statues l’éloge de son dieu Assur et les renvoya ensuite à ses adversaires.

ne ferai-je pas de même à Jérusalem et à ses images ? »

Mais il arrivera : Quand le Seigneur aura accompli toute son œuvre, sur la montagne de Sion et à Jérusalem : « Je visiterai le fruit du cœur hautain du roi d’Assyrie, et l’arrogance de ses regards altiers. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 4 Rois, 19, 35 ; Isaïe, 37, 36. ― Le fruit du cœur ; c’est-à-dire les œuvres.

Car il a dit : « Par la force de ma main j’ai fait cela, et par ma sagesse, car je suis intelligent ! J’ai déplacé les bornes des peuples, j’ai pillé leurs trésors, et, comme un héros, j’ai renversé du trône ceux qui y étaient assis.

Ma main a saisi, comme un nid, les richesses des peuples, et, comme on ramasse des œufs abandonnés, j’ai ramassé toute la terre, sans que nul ait remué l’aile, ouvert le bec ou poussé un cri ! » —

La hache se glorifie-t-elle contre la main qui la brandit, la scie s’élève-t’elle contre celui qui la meut ? Comme si la verge faisait mouvoir celui qui la lève, comme si le bâton soulevait ce qui n’est pas du bois !

C’est pourquoi le Seigneur Yahweh des armées, enverra le dépérissement sur ses robustes guerriers, et sous sa magnificence s’embrasera un feu, comme le feu d’un incendie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il enverra, etc., c’est-à-dire il exténuera les soldats les plus forts et les plus robustes de l’armée assyrienne.

La lumière d’Israël sera un feu, et son Saint, une flamme, qui consumera et dévorera ses épines et ses ronces, en un seul jour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le feu, la flamme ; littéralement et par hébraïsme, dans le feu (in igne), dans la flamme (in flamma), ou plutôt comme la flamme. Nous disons nous-mêmes, en français agir en homme ou comme un homme.

Et la gloire de sa forêt et de son verger, il l’anéantira de l’âme au corps ; ce sera comme un malade qui meurt de consomption.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Carmel désigne ici un lieu planté d’arbres fruitiers choisis, vignes et oliviers.

Le reste des arbres de sa forêt pourra être compté ; un enfant les inscrirait.

Et il arrivera en ce jour-là : Le reste d’Israël et les réchappés de la maison de Jacob ne continueront pas de s’appuyer sur celui qui les frappait, mais ils s’appuieront sur Yahweh, le Saint d’Israël, avec fidélité.

Un reste reviendra, un reste de Jacob, vers le Dieu fort.

Car, quand ton peuple, ô Israël, serait comme le sable de la mer, c’est un reste qui reviendra ; la destruction est résolue, elle fera déborder la justice.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 11, 11. ― Lors même, etc. Ce qui est dit dans ce verset arriva sous Ezéchias. Saint Paul applique ce passage aux Juifs du temps de Jésus-Christ, en suivant le texte des Septante (voir Romains, 9, 27-28).

Car la destruction qu’il a décrétée, le Seigneur Yahweh des armées l’accomplira dans tout le pays.

C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur Yahweh des armées : « Ne crains rien d’Assur, ô mon peuple, qui habite Sion, quand il te frappera de la verge, et qu’il lèvera sur toi le bâton, comme autrefois l’Égypte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la voie de l’Egypte ; comme firent autrefois les Egyptiens, quand vous sortîtes de l’Egypte. ― Ou plutôt, sans doute, comme nous l’apprennent les documents assyriens, Assur te frappera en se rendant en Egypte pour faire la guerre à ce pays.

Car, encore bien peu de temps, et mon courroux cessera, et ma colère se tournera contre eux pour les détruire. »

Et Yahweh des armées lèvera contre eux le fouet, comme il frappa Madian au rocher d’Oreb, et comme son bâton fut sur la mer ; et il le lèvera, comme autrefois en Égypte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 37, 36. ― A la pierre d’Oreb. Voir Juges, 7, 25. ― Dans la voie de l’Egypte. Sennachérib allait faire la guerre contre l’Egypte, en même temps qu’il faisait assiéger Jérusalem, comme nous l’apprennent ses inscriptions, et c’est alors que son armée fut frappée par l’ange exterminateur.

Et il arrivera en ce jour-là : Le fardeau d’Assur sera ôté de ton épaule, et son joug de dessus ton cou, et ta vigueur fera éclater le joug.

Il est venu à Ajath, il a passé à Magron, il laisse son bagage à Machmas.

Ils ont passé le défilé ; ils ont campé la nuit à Gaba ; Rama est dans l’épouvante ; Gabaa de Saül prend la fuite.

Pousse des cris de détresse, fille de Gallim ! Prête l’oreille, Laïs ! Pauvre Anathoth !

Medména se disperse, les habitants de Gabim sont en fuite.

Encore un jour et il sera à Nobé ; il lèvera sa main contre la montagne de la fille de Sion, contre la colline de Jérusalem !…

Commentaire (versets 28 à 32) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 28 à 32 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ces versets décrivent la marche d’un des corps d’armée de Sennachérib, lorsqu’il envahit le royaume de Juda. Comparer à 4 Rois, 18, 14. Il est encore jour (adhuc dies est). L’article déterminatif qui se trouve en hébreu devant le mot jour ne permet aucune autre traduction. ― Nobé, voir 1 Rois, note 21.1.

Voici que le Seigneur, Yahweh des armées, abat avec fracas la ramure des arbres ; les plus hauts sont coupés, les plus élevés sont jetés par terre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Prédiction du désastre de l’armée de Sennachérib. La métaphore est bien suivie dans l’hébreu. Au lieu de la petite bouteille, il porte les rameaux des arbres.

Les fourrés de la forêt sont taillés avec le fer, et le Liban tombe sous les coups d’un Puissant.