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Sagesse 16

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Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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C’est pourquoi ils ont été justement châtiés par des créatures semblables et tourmentés par une multitude de bêtes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Cause de ces animaux, etc. Comparer à Sagesse, 12, 25 et Exode, 8, vv. 2-3, 16, 21 ; 10, vv. 4-6, 12-15. ― Ils ; les Egyptiens. ― Par une multitude de bêtes, grenouilles, mouches, sauterelles des plaies d’Egypte.

À la place de ces fléaux, vous avez accordé des bienfaits à votre peuple, et, pour satisfaire son ardent désir, vous lui avez préparé un aliment merveilleux, des cailles en nourriture :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des cailles. Comparer à Exode, 16, 13 ; Nombres, 11, 31.

de sorte que les uns, malgré leur désir de manger, à l’aspect répugnant des insectes envoyés contre eux, prirent en aversion même leur appétit naturel, tandis que les autres, après une légère privation, goûtèrent une nourriture nouvelle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceux-là ; les Egyptiens. ― A cause, etc. A cause des animaux impurs et dégoûtants que Dieu leur avait envoyés (voir Exode, 8, 3), les Egyptiens avaient en aversion même les viandes les plus nécessaires. ― Ceux-ci ; les Hébreux.

Car il fallait qu’une disette inévitable affligeât les premiers, les oppresseurs, et qu’il fût seulement montré aux autres comment leurs ennemis étaient tourmentés.

En effet, lorsque ceux-ci souffraient de la fureur de bêtes cruelles, et qu’ils périssaient sous la morsure de serpents tortueux, votre colère ne dura pas jusqu’à la fin ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Astucieux (perversorum), rusés (voir Genèse, 3, 1) ; ou bien tortueux, ce qui est la signification propre du grec skotiôn employé ici par les Septante. ― Ils étaient exterminés, les Israélites, par les serpents brûlants, voir Nombres, 21, 6.

ils furent troublés un moment, en vue de leur correction, et ils eurent un signe de salut, pour leur rappeler les préceptes de votre loi.

Car celui qui se tournait de son côté était guéri, non par l’objet qu’il avait sous les yeux, mais par vous, qui êtes le sauveur de tous.

Commentaire (versets 6 à 7) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 6 à 7 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Un signe de salut ; c’est-à-dire le serpent d’airain, figure de Jésus-Christ notre Sauveur en croix. Voir Nombres, 21, 8-9 ; Jean, 3, 14-15.

Mais par là, vous avez aussi appris à nos ennemis que c’est vous qui délivrez de tout mal.

En effet, la morsure des sauterelles et des moucherons les fit périr, et il ne se trouva aucun moyen de sauver leur vie, parce qu’ils méritaient d’être châtiés de la sorte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 8, 24 ; 10, 4 ; Apocalypse, 9, 7. ― Leur âme ; hébraïsme conservé aussi par les Septante pour leur vie. ― Les sauterelles ravagèrent toute l’Egypte pour punir ses habitants qui ne voulaient pas laisser partir les Hébreux, voir Exode, 10, 5-15. Sur la plaie des mouches, voir Psaumes, note 104.31.

Vos enfants ne furent pas vaincus par la dent des serpents venimeux, car votre miséricorde vint à leur secours et les guérit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des dragons ; des serpents brûlants. Tandis que les Egyptiens périrent, verset 9, par des animaux qui généralement ne tuent pas, les Israélites sont sauvés même des serpents venimeux. Pharaon appelle la plaie des sauterelles « cette mort », voir Exode, 10, 17 ; cependant Moïse ne dit pas expressément que ni les mouches ni les sauterelles aient fait mourir les Egyptiens. Il est certain d’ailleurs qu’il y a des mouches dont la piqûre est mortelle.

C’est pour que vos paroles leur revinssent en mémoire qu’ils étaient blessés, et promptement guéris, de peur que, venant à les oublier entièrement, ils ne fussent exclus de vos bienfaits.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils étaient éprouvé (examinabantur) ; selon le grec, ils étaient piqués.

Ce ne fut ni une herbe, ni un médicament qui les guérit, mais votre parole, Seigneur, qui guérit tout.

Car vous avez puissance sur la vie et sur la mort ; vous menez aux portes du séjour des morts et vous en ramenez.

L’homme, dans sa méchanceté, peut bien donner la mort, mais non ramener l’esprit une fois sorti, ni délivrer l’âme que le schéol a reçue.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et ce n’est pas un homme. C’est en effet, le mot homme, exprimé au commencement du verset, qui est le nominatif du verbe rappellera (revocabit). ― Qui s’est retiré ; ou qui a été reçu dans l’autre vie.

Mais il est impossible d’échapper à votre main.

Les impies qui prétendaient ne pas vous connaître ont été flagellés par la force de votre bras ; des eaux extraordinaires, la grêle et des pluies inexorables les ont tourmentés, et le feu les a consumés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 9, 23. ― De nouvelles eaux ; des pluies, des orages inaccoutumés : allusion à la septième plaie, voir Exode, 9, 22-25. Il ne pleut presque jamais en Egypte.

Ce qui était le plus étrange c’est que, dans l’eau qui éteint tout, le feu n’était que plus ardent, car l’univers combat pour les justes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans l’eau le feu avait plus de force ; les éclairs et les tonnerres étaient plus terribles au milieu de la pluie d’orage, ce qui remplissait d’étonnement les Egyptiens, qui voient si rarement des orages.

Tantôt la flamme s’adoucissait, afin que les animaux envoyés contre les impies ne fussent pas consumés, et que ceux-ci, à cette vue, reconnussent qu’un jugement de Dieu les poursuivait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce verset se rapporte à des faits qui ne sont pas consignés dans l’Exode. Cornelius a Lapide et d’autres commentateurs croient que le feu dont parle ici l’auteur sacré désigne des feux qu’allumaient, mais en vain, les Egyptiens pour se délivrer des insectes envoyés contre eux pour les punir.

Tantôt elle brûlait au sein même de l’eau, avec plus de force que n’en comporte la nature du feu, afin de détruire tous les produits d’une nation impie.

Au lieu de cela, vous avez rassasié votre peuple de la nourriture des anges, et vous leur avez donné du ciel, sans travail, un pain tout préparé, procurant toute jouissance et approprié à tous les goûts.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un pain venant du ciel (panem de cœlo). Le mot pain, nous l’avons déjà remarqué, se prend très souvent dans l’Ecriture pour nourriture en général. Il s’applique ici, dans le sens propre, à la manne et aux cailles que Dieu envoya aux Israélites dans le désert ; et, dans le sens spirituel, il est la figure de la sainte Eucharistie. Comparer à Exode, 16, verset 14 et suivants ; Nombres, 11, verset 7 et suivants ; Psaumes, 77, versets 23 et suivants ; Jean, 6, verset 31 et suivants.

Cette substance, envoyée par vous, montrait la douceur que vous avez envers vos enfants, et ce pain, s’accommodant au désir de celui qui le mangeait, se changeait en ce qu’il voulait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cette nourriture qui venait de vous ; littéralement votre substance (substantia tua) ; c’est-à-dire la manne et les cailles. Voir le verset précédent.

La neige et la glace soutenaient la violence du feu sans se fondre, afin qu’ils sussent que le feu, qui brûlait dans la grêle et étincelait dans la pluie, détruisait les récoltes de leurs ennemis,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 9, 24. ― La neige et la glace ; nom donné à la manne, à cause de sa ressemblance avec la gelée blanche, voir Exode, 16, 14.

et qu’il oubliait ensuite sa vertu propre, pour l’entretien des justes.

Car la créature, soumis à vous, son Créateur, déploie son énergie pour tourmenter les méchants, et se relâche pour procurer le bien de ceux qui se confient en vous.

C’est pourquoi, se pliant alors à tous ces changements, elle était aux ordres de votre grâce, qui nourrit tout, selon la volonté de ceux qui étaient dans le besoin ;

afin que vos enfants que vous aimez, Seigneur, apprissent que ce ne sont pas les différentes espèces de fruits qui nourrissent les hommes, mais que c’est votre parole qui conserve ceux qui croient en vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 8, 3 ; Matthieu, 4, 4.

Car ce qui résistait à l’action destructive du feu se fondait aisément, échauffé par le moindre rayon de soleil :

afin d’apprendre à tous qu’il faut devancer le soleil pour vous rendre grâces, et vous adorer dès le lever du jour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour vous bénir ; c’est-à-dire pour vous rendre grâces ; c’est le sens du grec ; littéralement pour votre bénédiction (in benedictionem), que d’autres interprètent par : Pour recevoir votre bénédiction ; les Israélites, en effet, recueillirent la manne, bénédiction ou bienfait de Dieu.

Quant à l’ingrat, son espérance fondra comme la glace d’hiver, et s’écoulera comme une eau inutile.