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Sagesse 8

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Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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La sagesse atteint avec force d’un bout du monde à l’autre, et dispose tout avec douceur.

Je l’aimai et la recherchai dès ma jeunesse ; je cherchai à l’avoir pour épouse, et j’étais épris de sa beauté.

Elle fait voir la gloire de son origine en ce qu’elle habite avec Dieu, et le maître de toutes choses l’aime.

Car c’est elle qui initie à la science de Dieu, et qui choisit parmi ses œuvres.

Si la richesse est un bien désirable en cette vie, quoi de plus riche que la sagesse, qui opère toutes choses ?

Si la prudence préside au travail, qui mieux que la sagesse est l’ouvrière de tout ce qui existe ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mais si c’est, etc. Si c’est l’intelligence (humaine), qui fait tant d’excellents ouvrages, pour faire tout ce qui existe, n’a-t-il pas fallu une intelligence bien supérieure ? Comparer à Sagesse, 7, 12-21; Proverbes, 8, 22.

Aime-t-on la justice ? Les labeurs de la sagesse produisent les vertus ; elle enseigne la tempérance et la prudence, la justice et la force, ce qu’il y a de plus utile aux hommes pendant la vie.

Désire-t-on une science étendue ? Elle connaît le passé et conjecture l’avenir ; elle pénètre les discours subtils et résout les énigmes ; elle connaît à l’avance les signes et les prodiges ; elle sait les événements des temps et des époques.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La solution des arguments ; ou selon le grec : La solution des énigmes.

Aussi ai-je résolu de la prendre pour compagne de ma vie, sachant qu’elle serait pour moi une conseillère de tout bien, et une consolation dans mes soucis et mes peines.

Par elle, me disais-je, j’aurai de la gloire dans les assemblées, et, jeune encore, de l’honneur auprès des vieillards.

On reconnaîtra ma pénétration dans les jugements, et devant moi les grands seront dans l’admiration.

Si je me tais, ils attendront que je prenne la parole ; si je parle, ils tiendront les yeux fixés sur moi, et si je prolonge mon discours, ils mettront la main sur leur bouche.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils attendront patiemment ; que je parle. ― Ils me regarderont ; comme ravis d’admiration par la sagesse de mes discours. ― Ils mettront la main, etc. Comparer à Job, 29, 9-10.

Par elle, j’obtiendrai l’immortalité, et je laisserai à la postérité un souvenir éternel.

Je gouvernerai des peuples, et les nations étrangères me seront soumises.

En entendant parler de moi, des rois redoutables me craindront ; je me montrerai bon au milieu du peuple, et vaillant à la guerre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lorsqu’ils m’entendront ; ou Lorsqu’ils entendront parler de moi.

À mon retour dans ma maison, je me reposerai auprès d’elle ; car sa société ne cause aucune amertume, ni son commerce aucun ennui, mais le contentement et la joie.

Méditant ces pensées en moi-même, et réfléchissant en mon cœur que l’immortalité est le fruit de l’union avec la sagesse,

qu’il y a dans son amitié une noble jouissance, et dans les œuvres de ses mains des richesses inépuisables, qu’on acquiert la prudence dans un commerce assidu avec elle, et la gloire à prendre part à sa conversation : j’allai de tous côtés, cherchant le moyen de l’avoir avec moi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des richesses (honestas). Voir sur ce mot, Sagesse, 7, 11.

J’étais un enfant d’un bon naturel, et j’avais reçu en partage une bonne âme ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un enfant ingénieux (ingeniosus). ― J’ai reçu en partage ; littéralement par le sort ; c’est-à-dire par un pur effet de la bonté de Dieu.

ou plutôt, étant bon, je vins à un corps sans souillure.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce verset mal entendu a fait croire à plusieurs que l’auteur favorisait la préexistence des âmes, système condamné par le Ve concile général tenu à Constantinople. Quand le Sage dit qu’il est venu dans un corps sans souillure, il n’entend nullement parler du moment de la création, lorsque son âme a été jointe à son corps ; il veut dire seulement qu’ayant reçu de Dieu une âme pleine de dispositions favorables pour le bien (voir verset 19), il les a cultivés avec soin, en sorte que son corps a été exempt des souillures qui sont un obstacle à l’étude de la sagesse, qu’il reconnaît lui-même (voir verset 21) être un don particulier de Dieu.

Mais, sachant que je ne pourrais obtenir la sagesse si Dieu ne me la donnait, — et c’était déjà de la prudence que de savoir de qui vient ce don, — je m’adressai au Seigneur, et je l’invoquai, et je lui dis du fond de mon cœur :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Etre continent (esse continens) ; posséder la continence ; sens que favorise le verset précédent ; cependant d’autres traduisent par posséder, retenir, conserver la sagesse, fondés principalement sur ce que : 1° le grec signifie obtenir ce qu’on désire, posséder, aussi bien qu’être continent, chaste ; 2° la Vulgate elle-même emploie, dans l’Ecclésiastique (voir Ecclésiastique, 6, 28 et 15, 1), le mot continens dans le sens de possesseur de la sagesse (sapientiæ) et possesseur de la justice (justitiæ) ; 3° que dans la prière qui suit immédiatement, c’est la sagesse qui en fait l’objet.