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Sagesse 13

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Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Insensés par nature tous les hommes qui ont ignoré Dieu, et qui n’ont pas su, par les biens visibles, voir Celui qui est, ni, par la considération de ses œuvres, reconnaître l’Ouvrier.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 1, 18. ― Celui qui est ; par lui-même, l’Etre nécessaire. Comparer à Exode, 3, 14.

Mais ils ont regardé le feu, le vent, l’air mobile, le cercle des étoiles, l’eau impétueuse, les flambeaux du ciel, comme des dieux gouvernant l’univers.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 4, 19 ; 17, 3. ― Enumération des créatures qui ont été divinisées et adorées par les idolâtres. Les Perses adoraient le feu, ainsi que les vents ; les Chananéens, le soleil, la lune et les astres ; les Egyptiens adoraient aussi le soleil sous le nom de Ra, le Nil, etc. Les Grecs rendaient également un culte à toutes les créatures que nomme ici l’auteur de la Sagesse.

Si, charmés de leur beauté, ils ont pris ces créatures pour des dieux, qu’ils sachent combien le Maître l’emporte sur elles ; car c’est l’Auteur même de la beauté qui les a faites.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui a établi (constituit) ; qui a créé, selon le grec.

Et s’ils en admiraient la puissance et les effets, qu’ils en concluent combien est plus puissant celui qui les a faites.

Car la grandeur et la beauté des créatures font connaître par analogie Celui qui en est le Créateur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De la beauté de la créature ; c’est-à-dire de la beauté de la créature ; figure grammaticale dont la Bible fournit plusieurs exemples. ― De manière à être reconnue (cognoscibiliter) ; dans le grec, par analogie.

Ceux-ci pourtant encourent un moindre reproche ; car ils s’égarent peut-être en cherchant Dieu et en voulant le trouver.

Occupés de ses œuvres, ils en font l’objet de leurs recherches, et s’en rapportent à l’apparence, tant ce qu’ils voient est beau !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 1, 21.

D’autre part, ils ne sont pas non plus excusables ;

car, s’ils ont acquis assez de science pour arriver à connaître le monde, comment n’en ont-ils pas connu plus facilement le Maître ?

Mais ils sont bien malheureux, et ils mettent leur espérance en des objets sans vie, ceux qui ont appelé Dieu des ouvrages de la main des hommes, de l’or et de l’argent travaillés avec art, des figures d’animaux ou une pierre inutile, ouvrage d’une main antique.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mais ils sont malheureux. L’écrivain sacré distingue deux sortes d’idolâtres : les uns qui cherchent Dieu dans la nature et adorent les choses de la nature au lieu de Dieu ; les autres qui se font eux-mêmes des idoles pour les adorer. Les premiers, mentionnés dans les versets précédents, sont, à la vérité, dignes de blâme, puisqu’ils auraient pu facilement s’élever de la beauté des créatures au Créateur ; mais les derniers, dont il s’agit depuis ce verset 10 jusqu’à la fin du chapitre, sont plus blâmables encore.

Voici qu’un artisan a coupé un arbre facile à travailler ; il en ôte adroitement toute l’écorce, et, le façonnant avec habileté, il en fabrique un meuble utile pour l’usage de la vie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 44, 12 ; Jérémie, 10, 3. ― Ainsi c’est un grand malheur. Ces mots ou autres semblables sont évidemment sous-entendus ; car autrement ce qui suit n’aurait aucune liaison avec ce qui précède ; et cependant on comprend aisément qu’il en faut nécessairement une. Remarquons, de plus, que la phrase qui commence ici, et qui est interrompue par de nombreuses parenthèses, ne se trouve complète qu’au verset 17.

Son travail achevé, il emploie ce qui reste à faire cuire ses aliments, et satisfait sa faim.

Quant aux derniers débris, qui ne sont plus d’aucun usage, au bois tordu et plein de nœuds, il le prend, le taille pour occuper ses loisirs, et, par un travail habile, lui donne une figure : il le fait ressembler à un homme.

Ou bien il en fait l’image de quelque vil animal, le peint de vermillon, en recouvre la surface d’une couleur rouge, et fait disparaître sous un enduit toutes les taches.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Avec du vermillon. Les anciens estimaient extraordinairement le vermillon, et n’en usaient que comme d’une chose très précieuse.

Puis, lui ayant disposé une habitation convenable, il le place contre la muraille et le fixe avec du fer.

Il prend bien garde qu’il ne tombe, sachant que le dieu ne peut s’aider lui-même, car ce n’est qu’une statue qui a besoin d’appui.

Cependant il le prie au sujet de ses biens, de ses mariages et de ses enfants, et il ne rougit pas de parler à ce qui n’a point d’âme. Il demande la santé à ce qui est sans force,

la vie à ce qui est mort, le secours à ce qui ne peut rendre aucun service, un heureux voyage à ce qui ne peut se servir de ses pieds.

Pour assurer ses profits, ses entreprises, le succès de son travail, il demande l’énergie à ce qui a les mains les plus débiles.