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Sagesse 17
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Car vos jugements sont grands et difficiles à expliquer ; aussi les âmes sans instruction se sont-elles égarées.
Alors que les méchants s’étaient persuadés qu’ils pouvaient opprimer la nation sainte, enchaînés par les ténèbres et prisonniers d’une longue nuit, enfermés sous leur toit, ils gisaient là, fuyant eux-mêmes votre incessante providence.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 10, 23. ― Fuyant (fugitivi), etc. ; allusion aux esclaves fugitifs, que leurs maîtres chargent de chaînes et enferment dans un sombre cachot. ― Description de la neuvième plaie d’Egypte, celle des ténèbres (du chapitre 17, verset 1 au chapitre 18, verset 4). Elle fut produite par le vent appelé khamsin, qui obscurcit l’air et le remplit d’une poussière impalpable qui pénètre partout. Les Egyptiens fuient la tempête en s’enfermant sous leurs toits.
Alors qu’ils imaginaient rester cachés avec leurs péchés secrets, sous le voile épais de l’oubli, ils furent dispersés, saisis d’une horrible épouvante, et effrayés par des fantômes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Saisis d’un horrible effroi. Les tempêtes de khamsin, surtout quand elles sont portées à un degré extraordinaire, comme dans le miracle de la neuvième plaie, produisent un grand malaise et par conséquent une grande terreur.
Les réduits où ils se renfermaient ne les préservaient pas de la crainte : des bruits effrayants retentissaient autour d’eux, et des spectres leur apparaissaient avec des visages lugubres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des spectres lugubres apparaissent aux Egyptiens enfiévrés par la tempête.
Il n’y avait pas de feu capable de donner de la lumière, et les flammes brillantes des astres ne pouvaient éclairer cette horrible nuit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aucun feu ardent ne pouvait leur donner la lumière du soleil, complètement voilé par le sable impalpable qui remplit l’atmosphère dans les tempêtes de khamsin.
Parfois seulement, leur apparaissait une masse de feu, allumée d’elle-même, effrayante, et, épouvantés de cette vision dont ils n’apercevaient pas la cause, ils jugeaient ces apparitions plus terribles encore.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un feu subit, etc. Ce feu subit qui passait comme un éclair, leur permettait d’entrevoir les objets, mais non de les remarquer à loisir et distinctement. C’est cette vue subite et interrompue qui au lieu de les rassurer augmentait leur terreur, et par là même leur faisait juger les choses plus affreuses et plus terribles qu’elles ne l’étaient réellement. ― Il leur apparaissait un feu subit. Au lieu de subit, le texte original porte : « un bûcher qui s’allume de lui-même, » expression qui exprime très bien l’état de l’atmosphère embrasée par le khamsin. Elle est rougeâtre comme les lueurs d’un incendie.
L’art dérisoire des magiciens était à bout, et leur prétention à la sagesse honteusement convaincue de fausseté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 7, 22 ; 8, 7.
Eux qui se faisaient forts de chasser des âmes malades la terreur et le trouble, ils étaient malades eux-mêmes d’une peur ridicule.
Car, quoiqu’il n’y eût rien de terrible pour les effrayer, le passage des animaux et le sifflement des serpents les terrifiaient ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’air…, ils refusaient de le voir. C’est en effet dans l’air qu’est le fléau.
et ils mouraient de frayeur, se refusant à voir cet air auquel nul ne peut échapper.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Troublée (turbala) ; se rapporte à méchanceté qui précède. ― Par la conscience (conscientia). C’est le sens formel des Septante. La Vulgate étant amphibologique, nous avons cru devoir l’interpréter par le texte grec, contrairement à Bible catholique anglaise, à celle de Scio (en espagnol), à celle d’Allioli et à celle de Loch et Reischl (en allemand).
— Car la perversité est craintive, condamnée qu’elle est par son propre témoignage ; pressée par sa conscience, elle s’exagère toujours le mal.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’abandon, etc. ; le manque, la privation des secours que la pensée peut offrir.
La crainte, en effet, n’est pas autre chose que l’abandon des secours qu’apporterait la réflexion.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La cause inconnue ; littéralement l’ignorance de la cause.
L’espérance étant moindre au fond du cœur, on s’effraie d’autant plus d’ignorer la cause de ses tourments. —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Impuissante. Cette nuit est ainsi appelée, soit parce qu’elle mettait les Egyptiens dans l’impuissance d’agir, soit parce qu’elle ne pouvait être ni évitée, ni éclairée.
Eux, pendant cette nuit d’impuissance, sortie des profondeurs du schéol impuissant, endormis du même sommeil,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par l’abandon de leur âme ; dans le grec par la trahison de l’âme ; c’est-à-dire que leur âme effrayée elle-même les abandonnait.
étaient tantôt agités par des spectres terrifiants, tantôt abattus par la défaillance de leur âme ; car une épouvante subite et inattendue s’était répandue sur eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sans chaînes autres qui le retinssent que l’obscurité même qui les environnait de toutes parts. Comparer au verset 17. ― Quand le khamsin est déchaîné avec violence, l’indigène se couche dans son manteau et ne bouge plus, pour échapper autant que possible à la poussière impalpable et brûlante qui pénètre partout.
De même tous les autres, quels qu’ils fussent, tombant là sans force, étaient retenus comme enfermés dans une prison sans verrous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une nécessité inévitable ; celle de ne pouvoir quitter le lieu où il avait été surpris par les ténèbres et la frayeur.
Le laboureur, le berger, l’ouvrier occupé aux rudes travaux de la campagne, surpris par le fléau, étaient soumis à l’inévitable nécessité ;
car tous étaient liés par la même chaîne de ténèbres. Le vent qui sifflait, le chant mélodieux des oiseaux dans les rameaux épais, le bruit des eaux précipitant leur cours,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sans être aperçus. Ils entendaient le hurlement des animaux, mais ils ne les voyaient pas.
le fracas des pierres qui roulaient, la course invisible des animaux bondissants, les hurlements des bêtes féroces, l’écho se répercutant dans les cavités des montagnes, tout les faisait pâmer d’effroi.
Car tandis que tout l’univers était éclairé d’une lumière brillante, et se livrait sans obstacle à ses travaux,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Image, etc. L’écrivain sacré fait allusion au malheur éternel qui attendait les Egyptiens après leur mort, sous l’image d’une nuit profonde. C’est ainsi que l’enfer et la damnation nous sont représentés dans l’Evangile et dans les écrits des Apôtres. Voir Matthieu, 8, 12 ; 22, 13 ; 2 Pierre, 2, 17 ; Jude, 1, 13, etc.
sur eux seuls s’étendait une nuit pesante, image des ténèbres qui devaient les recevoir ; mais ils étaient encore plus à charge à eux-mêmes que les ténèbres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Inexprimables (inenarrabilia) ; ou difficiles à exposer, à expliquer, comme porte le texte grec. ― Les âmes sans science ; littéralement indisciplinées (indisciplinatæ) ; mais il faut se rappeler que dans l’Ecriture, et surtout dans les Livres sapientiaux, le mot disciplina s’emploie fréquemment pour science ; aussi le grec porte-t-il ici sans instruction, sans éducation. Or ces âmes sans science, de même que les impies, mentionnés dans le verset suivant, désignent les Egyptiens.