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Sagesse 15
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Mais vous, ô notre Dieu, vous êtes bon, fidèle et patient, et vous gouvernez tout avec miséricorde.
Lors même que nous péchons, nous sommes à vous, connaissant votre puissance ; mais nous ne voulons pas pécher, car nous savons que nous sommes comptés parmi les vôtres.
Vous connaître est la justice parfaite, et connaître votre puissance est la racine de l’immortalité.
Nous n’avons pas été égarés par l’invention d’un art funeste, ni par une figure barbouillée de diverses couleurs, vain travail d’un peintre :
objets dont l’aspect excite la passion de l’insensé, qui s’éprend pour la figure inanimée d’une image sans vie.
Affectionnant le mal, ils sont dignes de telles espérances, aussi bien ceux qui les font que ceux qui les aiment ou les adorent.
En effet, voici un potier qui pétrit laborieusement la terre molle ; il façonne chaque vase pour notre usage, et de la même argile il fait des vases qui sont destinés à de nobles emplois, et d’autres à des emplois tout contraires, sans distinguer nullement à quel usage chacun d’eux devra servir : c’est le potier qui en est juge.
Ensuite, par un travail impie, de la même argile, il façonne une vaine divinité, lui qui, naguère fait de terre, retournera bientôt au lieu d’où il a été tiré, quand on lui redemandera son âme qui lui avait été prêtée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lorsqu’on lui réclamera, etc. ; lorsque Dieu lui redemandera l’âme qu’il ne lui avait donné que pour un temps, et dont, par conséquent, le fabricateur d’idoles lui est redevable comme d’une véritable dette.
Pourtant il ne s’inquiète pas de ce que ses forces s’épuisent, ni de ce que sa vie est courte ; mais il rivalise avec ceux qui travaillent l’or et l’argent, il imite ceux qui travaillent l’airain, et met sa gloire à exécuter des figures trompeuses.
Son cœur est comme de la cendre, son espérance est plus vile que la terre, et sa vie est de moindre valeur que l’argile.
Car il méconnaît celui qui l’a fait, qui lui a inspiré une âme agissante, et a mis en lui un souffle de vie.
Il regarde notre existence comme un amusement, la vie comme un marché où l’on se rassemble pour le gain ; car, disent-ils, « il faut acquérir par tous les moyens, même par le crime. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils ont estimé ; pluriel qui se rapporte à les amateurs de mauvaises choses du verset 6.
Car celui-là sait bien qu’il est plus coupable que tous les autres, qui, de la même terre, façonne des vases fragiles et des idoles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des images tailéles au ciseau ; c’est-à-dire des idoles.
Mais ils sont tous très insensés, et plus malheureux que l’âme d’un enfant, les ennemis de votre peuple qui le tiennent dans l’oppression !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Excessivement (supra modum) ; cet adverbe, par la place qu’il occupe, pourrait rigoureusement se rapporter à malheureux, qui précède ; cependant nous croyons qu’il est plus naturel de le rattacher à l’expression suivante : superbes d’esprit. ― Les ennemis de votre peuple, les Egyptiens, qui adorent les dieux mentionnés au verset 18. C’est, d’après les uns, une allusion à Ptolémée IV Philopator (222-204), qui, après avoir été repoussé de Jérusalem, vers 217, traita les Juifs d’Egypte avec beaucoup de cruauté. D’après d’autres, dont l’opinion est plus probable, l’auteur sacré veut parler ici des mauvais traitements que fit endurer aux Juifs, comme le rapporte Josèphe, Ptolémée VII Physcon (170-117).
Car ils ont regardé comme des dieux toutes les idoles des nations, qui ne peuvent user de leurs yeux pour voir, ni de leurs narines pour respirer l’air, ni de leurs oreilles pour entendre, ni des doigts de leurs mains pour toucher, et dont les pieds sont incapables de marcher.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 113, 5 ; 134, 16. ― Les Grecs d’Alexandrie identifiaient leurs dieux avec ceux des autres peuples et honoraient les idoles étrangères comme les leurs propres. Rome, sous l’empire, fit de même.
C’est un homme qui les a faites, et c’est celui à qui on a prêté le souffle qui les a façonnées. Il n’est pas d’homme qui puisse faire un dieu semblable à lui,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Celui qui a reçu en prêt (mutuatus est). Voir le verset 8. ― Semblable à lui-même ; c’est-à-dire vivant, intelligent comme il est lui-même.
car, étant mortel, il ne fait de ses mains impies qu’une œuvre morte ; il vaut mieux que les objets qu’il adore, car au moins il a la vie, et eux ne l’ont jamais eue.
Ils rendent un culte aux animaux les plus odieux, lesquels, jugés d’après la stupidité, sont pires que les autres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les animaux, etc. ; ce sont les serpents, les chiens, les crocodiles, etc., adorés par les Egyptiens en particulier.
Il n’y a rien de bon en eux qui fasse naître l’affection, comme à l’aspect d’autres animaux ; ils échappent à la louange de Dieu et à sa bénédiction.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Rien de beau ; littéralement de bonnes choses ; mais il faut remarquer dans le style biblique le mot bon, surtout lorsqu’il est joint à un verbe qui marque l’action des yeux, exprime plus souvent la beauté que la bonté. ― Ils ont échappé, etc. Ils n’ont pas été l’objet des louanges et des bénédictions de Dieu comme les premiers animaux le furent après leur création (voir Genèse, 1, 21-22) ; ils ont été plutôt maudits, comme le serpent dont le démon s’était servi pour tenter Eve (voir Genèse, 3, 14).
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 9, 21.