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Sagesse 16
C’est pourquoi ils ont été tourmentés par ces sortes d’animaux, selon qu’ils le méritaient, et ils ont été exterminés par une multitude de bêtes.
Mais au lieu de ces peines vous avez traité favorablement votre peuple, en lui donnant la nourriture délicieuse qu’il avait désirée, et lui préparant des cailles comme une viande d’un excellent goût.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des cailles. Comparer à Exode, 16, 13 ; Nombres, 11, 31.
Les Égyptiens étant pressés de manger avaient aversion des viandes même les plus nécessaires à cause des plaies dont Dieu les avait frappés. Mais ceux-ci n’ayant été dans le besoin que fort peu de temps goûtèrent une viande toute nouvelle.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ceux-là ; les Egyptiens. ― A cause, etc. A cause des animaux impurs et dégoûtants que Dieu leur avait envoyés (voir Exode, 8, 3), les Egyptiens avaient en aversion même les viandes les plus nécessaires. ― Ceux-ci ; les Hébreux.
Car il fallait qu’une ruine inévitable fondît sur ces premiers qui exerçaient une tyrannie sur votre peuple ; et que vous fissiez voir seulement à ceux-ci de quelle manière vous exterminiez leurs ennemis.
Il est vrai que des bêtes cruelles et furieuses ont aussi attaqué vos enfants, et que des serpents venimeux leur ont donné la mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Astucieux (perversorum), rusés (voir Genèse, 3, 1) ; ou bien tortueux, ce qui est la signification propre du grec skotiôn employé ici par les Septante. ― Ils étaient exterminés, les Israélites, par les serpents brûlants, voir Nombres, 21, 6.
Mais votre colère ne dura pas toujours, ils ne furent que peu de temps dans ce trouble pour leur servir d’avertissement, et vous leur donnâtes un signe de salut pour les faire souvenir des commandements de votre loi.
Car celui qui regardait ce serpent n’était pas guéri par ce qu’il voyait, mais par vous-même qui êtes le sauveur de tous les hommes :
Commentaire (versets 6 à 7) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 6 à 7 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Un signe de salut ; c’est-à-dire le serpent d’airain, figure de Jésus-Christ notre Sauveur en croix. Voir Nombres, 21, 8-9 ; Jean, 3, 14-15.
Et vous avez fait voir en cette rencontre, à nos ennemis, que c’est vous qui nous délivrez de tout mal.
Car pour eux, ils ont été tués par les seules morsures des sauterelles et des mouches, sans qu’ils aient trouvé de remède pour sauver leur vie, parce qu’ils étaient dignes d’être ainsi exterminés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 8, 24 ; 10, 4 ; Apocalypse, 9, 7. ― Leur âme ; hébraïsme conservé aussi par les Septante pour leur vie. ― Les sauterelles ravagèrent toute l’Egypte pour punir ses habitants qui ne voulaient pas laisser partir les Hébreux, voir Exode, 10, 5-15. Sur la plaie des mouches, voir Psaumes, note 104.31.
Mais pour vos enfants, les dents même empoisonnées des dragons ne les ont pu vaincre, parce que votre miséricorde survenant les a guéris.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des dragons ; des serpents brûlants. Tandis que les Egyptiens périrent, verset 9, par des animaux qui généralement ne tuent pas, les Israélites sont sauvés même des serpents venimeux. Pharaon appelle la plaie des sauterelles « cette mort », voir Exode, 10, 17 ; cependant Moïse ne dit pas expressément que ni les mouches ni les sauterelles aient fait mourir les Egyptiens. Il est certain d’ailleurs qu’il y a des mouches dont la piqûre est mortelle.
Ils étaient mordus de ces bêtes, afin qu’ils se souvinssent de vos préceptes, et ils étaient guéris à l’heure même, de peur que tombant dans un profond oubli de votre loi, ils ne missent un obstacle à votre secours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils étaient éprouvé (examinabantur) ; selon le grec, ils étaient piqués.
Aussi n’est-ce point une herbe, ou quelque chose appliquée sur leur mal, qui les a guéris : mais c’est votre parole, ô Seigneur, qui guérit toutes choses.
Car c’est vous, Seigneur, qui avez la puissance de la vie et de la mort, et qui menez jusqu’aux portes de la mort, et en ramenez.
Un homme peut bien en tuer un autre par sa méchanceté ; mais lorsque l’esprit sera sorti du corps, il ne l’y fera pas revenir, et il ne rappellera point l’âme lorsqu’elle se sera retirée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et ce n’est pas un homme. C’est en effet, le mot homme, exprimé au commencement du verset, qui est le nominatif du verbe rappellera (revocabit). ― Qui s’est retiré ; ou qui a été reçu dans l’autre vie.
Pour vous, Seigneur, il est impossible d’échapper à votre main
C’est pourquoi lorsque les impies ont déclaré qu’ils ne vous connaissaient point, ils ont été frappés par la force de votre bras ; et ils ont été tourmentés par des pluies extraordinaires, par des grêles et par des orages, et consumés par le feu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 9, 23. ― De nouvelles eaux ; des pluies, des orages inaccoutumés : allusion à la septième plaie, voir Exode, 9, 22-25. Il ne pleut presque jamais en Egypte.
Et ce qu’on ne peut assez admirer, le feu brûloit encore davantage dans l’eau même, qui éteint tout, parce que tout le monde s’arme pour la vengeance des justes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans l’eau le feu avait plus de force ; les éclairs et les tonnerres étaient plus terribles au milieu de la pluie d’orage, ce qui remplissait d’étonnement les Egyptiens, qui voient si rarement des orages.
Le feu quelquefois tempérait son ardeur pour ne pas brûler les animaux qui avaient été envoyés contre les impies, afin que voyant cette merveille ils reconnussent eux-mêmes que c’était par un jugement de Dieu qu’ils souffraient ces maux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce verset se rapporte à des faits qui ne sont pas consignés dans l’Exode. Cornelius a Lapide et d’autres commentateurs croient que le feu dont parle ici l’auteur sacré désigne des feux qu’allumaient, mais en vain, les Egyptiens pour se délivrer des insectes envoyés contre eux pour les punir.
Quelquefois aussi ce même feu, surpassant ses propres forces, redoublait ses flammes au milieu des eaux, pour détruire tout ce qu’avait produit cette terre injuste.
Mais vous avez donné au contraire à votre peuple la nourriture des anges ; vous leur avez fait pleuvoir du ciel un pain préparé sans aucun travail, qui renfermait en soi tout ce qu’il y a de délicieux, et tout ce qui peut être agréable au goût.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un pain venant du ciel (panem de cœlo). Le mot pain, nous l’avons déjà remarqué, se prend très souvent dans l’Ecriture pour nourriture en général. Il s’applique ici, dans le sens propre, à la manne et aux cailles que Dieu envoya aux Israélites dans le désert ; et, dans le sens spirituel, il est la figure de la sainte Eucharistie. Comparer à Exode, 16, verset 14 et suivants ; Nombres, 11, verset 7 et suivants ; Psaumes, 77, versets 23 et suivants ; Jean, 6, verset 31 et suivants.
Car la substance de votre créature faisait voir combien est grande votre douceur envers vos enfants, puisque s’accommodant à la volonté de chacun d’eux, elle se changeait en tout ce qui lui plaisait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cette nourriture qui venait de vous ; littéralement votre substance (substantia tua) ; c’est-à-dire la manne et les cailles. Voir le verset précédent.
La neige et la glace soutenaient sans se fondre, la violence du feu, afin que vos ennemis sussent qu’au même temps que la flamme qui brûlait parmi la grêle, et qui étincelait au milieu des pluies, consumait tous leurs fruits,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 9, 24. ― La neige et la glace ; nom donné à la manne, à cause de sa ressemblance avec la gelée blanche, voir Exode, 16, 14.
Elle oubliait sa propre force pour servir à la nourriture des justes.
Car la créature vous étant soumise comme à son Créateur, redouble sa force pour tourmenter les méchants, et se ralentit pour contribuer au bien de ceux qui mettent leur confiance en vous.
C’est pourquoi l’une de vos créatures se transformant en toutes sortes de goûts, obéissait à votre grâce, qui est la nourriture de tous, s’accommodant à la volonté de ceux qui vous témoignaient leur indigence.
Afin que vos enfants que vous aimiez reconnaissent, ô Seigneur, que ce ne sont point les fruits que produit la terre qui nourrissent les hommes, mais que c’est votre parole qui conserve ceux qui croient en vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 8, 3 ; Matthieu, 4, 4.
Car cette même manne qui ne pouvait être consumée par le feu se fondait aussitôt qu’elle avait été échauffée par le moindre rayon du soleil,
Afin que tout le monde sût qu’il faut prévenir le lever du soleil pour vous bénir, et qu’on doit vous adorer au point du jour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour vous bénir ; c’est-à-dire pour vous rendre grâces ; c’est le sens du grec ; littéralement pour votre bénédiction (in benedictionem), que d’autres interprètent par : Pour recevoir votre bénédiction ; les Israélites, en effet, recueillirent la manne, bénédiction ou bienfait de Dieu.
Car l’espérance de l’ingrat se fondra comme la glace de l’hiver, et elle s’écoulera comme une eau inutile.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Cause de ces animaux, etc. Comparer à Sagesse, 12, 25 et Exode, 8, vv. 2-3, 16, 21 ; 10, vv. 4-6, 12-15. ― Ils ; les Egyptiens. ― Par une multitude de bêtes, grenouilles, mouches, sauterelles des plaies d’Egypte.