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Sagesse 11

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Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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Elle fit réussir leurs œuvres par la main d’un saint prophète.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 16, 1. ― D’un saint prophète ; c’est-à-dire de Moïse, appelé en effet prophète dans plusieurs passages de l’Ecriture. Voir Nombres, 12, 6-7 ; Deutéronome, 18, 15 ; 34, 10.

Ils firent route à travers un désert inhabité, et dressèrent leurs tentes dans des régions sans chemin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par des déserts, dans le Sinaï.

Ils résistèrent à leurs ennemis, et tirèrent vengeance de leurs adversaires.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 17, 13. ― Contre leurs ennemis ; les Amalécites (voir Exode, chapitre 17), les Chananéens (voir Nombres, chapitre 21), les Madianites (voir Nombres, chapitre 25 et 26), Og, roi de Basan, et Séhon, roi des Amorrhéens (voir Nombres, chapitre 21 ; Deutéronome, chapitres 3 et 29).

Ils éprouvèrent la soif et vous invoquèrent, et l’eau leur fut donnée d’un rocher escarpé, et d’une pierre, l’apaisement de leur soif.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et il leur a été donné, etc. Comparer à Exode, chapitre 27 ; Nombres, chapitre 20.

Ce qui avait fait le châtiment de leurs ennemis devint pour eux une bénédiction dans leur détresse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la Vulgate, le sens de ce verset n’est achevé que dans le suivant. Les exigences de notre langue s’opposant à la traduction littérale, nous avons tâché cependant de nous écarter le moins possible de la lettre du texte sacré. L’auteur rappelle ici que les Egyptiens furent tourmentés par la soif, parce que toutes les eaux de leur pays furent changées en sang par Moïse et Aaron (voir Exode, 7, 19-20), tandis que les Israélites se réjouirent d’en avoir en abondance de potable. ― L’expression dans elles (in eis) est le complément ou le régime du verbe ils se réjouirent (lætati sunt) ; et le pronom elles (eis), en particulier, remplace le mot eaux (aquis) représenté dans le verset même par boisson (potus).

En effet, tandis que les eaux d’un fleuve intarissable étaient troublées par un sang impur,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Eux-mêmes ; les Israélites. ― Furent bien traités ; puisque le Seigneur leur donna de l’eau toutes les fois qu’ils en manquèrent.

en punition du décret qui frappait de mort les enfants, vous donniez à vos fidèles, contre tout espoir, une eau abondante,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’un fleuve ; du Nil. ― Qui coulait toujours ; cela est dit par opposition aux torrents et aux lacs qui tarissent et ne durent que peu.

leur montrant ainsi, par la soif qu’ils ressentirent alors, de quel châtiment vous frappiez vos adversaires.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Egyptiens diminuèrent en nombre, parce qu’il en mourait beaucoup par la soif.

Après cette épreuve, quoique punis avec miséricorde, ils surent comment étaient tourmentés les impies jugés dans la colère.

Vous avez éprouvé les uns comme un père qui avertit, et vous avez châtié les autres comme un roi sévère qui condamne.

Absents ou présents, ils furent également tourmentés.

Un double chagrin les saisit, et ils gémissaient au souvenir de ce qui était arrivé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Absents, etc. Ils furent tourmentés, non seulement par les plaies dont Dieu les frappa, lorsque les Israélites étaient encore parmi eux, mais aussi par la douleur qu’ils continuèrent à éprouver, même après leur départ, à cause des grandes pertes qu’ils avaient faites.

Car en apprenant que leurs propres tourments tournaient à l’avantage des fugitifs, ils reconnurent la main du Seigneur.

Celui qu’ils avaient autrefois exposé et rejeté avec mépris, ils l’admirèrent à la fin des événements, lorsqu’ils eurent souffert une soif bien différente de celle des justes.

En punition des pensées extravagantes de leur perversité, qui les égaraient et leur faisaient adorer des reptiles sans raison et de vils animaux, vous leur envoyâtes en châtiment une multitude de bêtes stupides :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leur soif n’étant pas semblable à celle des justes ; celle des Egyptiens, dans leur propre pays, dura longtemps, et les décima ; celle des Hébreux cessa dans le désert, dès qu’ils demandèrent de l’eau au Seigneur. ― Celui qu’ils tournèrent en dérision est Moïse.

pour leur apprendre que l’on est puni par où l’on a péché.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Sagesse, 12, 24. ― Adoraient des serpents muets et des bêtes inutiles (supervacuas) ; le grec porte de peu de valeur, viles. On sait que les Egyptiens rendaient un culte à toutes sortes d‘animaux qu’ils entretenaient dans leurs temples, bœufs, chats, crocodiles, etc.

Il n’était pas difficile à votre main toute-puissante, qui a fait le monde d’une matière informe, d’envoyer contre eux une multitude d’ours ou de lions féroces,

ou des bêtes nouvellement créées, pleines de fureur et inconnues, respirant une vapeur enflammée, exhalant une fumée infecte, ou lançant par les yeux de terribles éclairs,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 26, 22 ; Sagesse, 16, 1 ; Jérémie, 8, 17. ― Informe ; c’est le sens du grec ; la Vulgate porte qui ne se voit pas (invisa).

capables, non seulement de donner la mort par une blessure, mais de foudroyer de peur par leur seul aspect.

Et, sans cela même, ils pouvaient périr par un simple souffle, poursuivis par la justice, et dispersés par le souffle de votre puissance. Mais vous avez tout réglé avec mesure, avec nombre et avec poids.

Car la souveraine puissance est toujours à vos ordres, et qui donc résisterait à la force de votre bras ?

Le monde entier est devant vous comme l’atome qui fait pencher la balance, comme la goutte de rosée matinale qui tombe sur la terre.

Mais, parce que vous pouvez tout, vous avez pitié de tous, et vous fermez les yeux sur les péchés des hommes pour qu’ils se repentent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce qui fait pencher une balance ; le moindre poids, un grain léger.

Car vous aimez toutes les créatures, et vous ne haïssez rien de ce que vous avez fait ; si vous aviez haï une chose, vous ne l’auriez pas faite.

Et comment un être subsisterait-il, si vous ne le vouliez, se conserverait-il, si vous ne l’aviez appelé à l’existence ?

Mais vous pardonnez à tous, parce que tout est à vous, Seigneur, qui aimez les âmes.