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Proverbes 9
LA Sagesse s’est bâti une maison ; elle a taillé sept colonnes.
Elle a immolé ses victimes, préparé le vin, et disposé sa table.
Elle a envoyé ses servantes à la forteresse et aux murailles de la ville, pour appeler les hommes :
Quiconque est simple, qu’il vienne à moi. Et elle a dit aux insensés :
Venez, mangez le pain que je vous donne, et buvez le vin que je vous ai préparé.
Quittez l’enfance, et vivez ; et marchez par les voies de la prudence.
Celui qui instruit le moqueur, se fait injure ; et celui qui reprend l’impie, se déshonore lui-même.
Ne reprenez point le moqueur, de peur qu’il ne vous haïsse ; reprenez le sage, et il vous aimera.
Donnez une occasion au sage, et il deviendra encore plus sage ; enseignez le juste, et il recevra l’instruction avec empressement.
La crainte du Seigneur est le principe de la sagesse, et la science des saints est la vraie prudence.
Car c’est moi qui augmenterai le nombre de vos jours, et qui ajouterai de nouvelles années à votre vie.
Si vous êtes sage, vous le serez pour vous-même ; et si vous êtes un moqueur, vous en porterez la peine vous seul.
La femme insensée et querelleuse, pleine d’attraits, et qui ne sait rien du tout,
s’est assise à la porte de sa maison, sur un siège, en un lieu élevé de la ville,
pour appeler ceux qui passaient, et qui allaient leur chemin :
Que celui qui est simple se détourne et s’en vienne a moi. Et elle a dit à l’insensé :
Les eaux dérobées sont plus douces, et le pain pris en cachette est plus agréable.
Mais il ignore que les géants sont avec elle, et que ceux qui mangent à sa table sont dans le plus profond de l’enfer.
Commentaire (versets 1 à 18) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 18 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Peinture de la vocation des hommes à la possession et à la jouissance de la vraie sagesse, sous la figure d’une invitation à un double banquet, celui de la sagesse, versets 1 à 12, et celui de la folie, versets 13 à 18. Il faut se rendre au premier et fuir le second. La folie est maintenant personnifiée pour être mise en opposition avec la Sagesse vivante. Là ; chez la femme insensée du verset 13 ; c’est-à-dire que la maison de cette femme est pour le jeune homme qui se laisse séduire un vrai sépulcre ; c’est le lieu où sont les anciens géants morts depuis des siècles. Job, en effet (voir Job, 26, 5), Isaïe (voir Isaïe, 14, 9) ; Ezéchiel (voir Ezéchiel, 32, vv. 21, 27, 29), nous dépeignent l’enfer comme un lieu ténébreux, où demeurent les anciens géants, et où ils gémissent sous les eaux. Comparer de plus à Proverbes, 2, 18-19 ; 5, 5. ― Le mot traduit par géants, en hébreu rephaïm, désigne proprement les âmes des morts, qui sont dans le scheôl et doit être distingué du mot semblable Rephaïm, qui est le nom d’une race de géants. Plus haut, voir Proverbes, 2, 18, saint Jérôme a traduit le mot Rephaïm par enfer, qui, d’ailleurs comme ici, rend l’expression hébraïque scheôl. ― Ce verset est la conclusion brève, mais forte de Salomon. Quel terrible banquet ! La maison de la Folie est comme un soupirail de l’enfer et ses convives se voient tout d’un coup plongés au milieu même de l’enfer, avec les habitants de l’abîme.