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Proverbes 27

NE vous glorifiez point pour le lendemain, parce que vous ignorez ce que doit produire le jour suivant.

Qu’un autre vous loue, et non votre bouche ; que ce soit un étranger, et non vos propres lèvres.

La pierre est lourde, et le sable est pesant ; mais la colère de l’insensé pèse encore plus que l’une et l’autre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 22, 18.

La colère et la fureur qui éclate est sans miséricorde ; et qui pourra soutenir la violence d’un homme emporté ?

La correction manifeste vaut mieux qu’un amour secret.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mieux vaut, etc. une correction que l’on reçoit est utile ; on peut en tirer quelque avantage, tandis qu’une amitié cachée et secrète ne sert de rien à celui qui en est l’objet.

Les blessures que fait celui qui aime, valent mieux que les baisers trompeurs de celui qui hait.

L’âme rassasiée foulera aux pieds le rayon de miel ; et l’âme pressée de la faim trouvera même doux ce qui est amer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Job, 6, 7.

Un homme qui abandonne son propre lieu, est comme un oiseau qui quitte son nid.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En quittant son lieu, c’est-à-dire sa patrie, sa demeure, un homme est comme un oiseau qui abandonne son nid, exposé à mille dangers et à mille traverses. Les anciens Hébreux étaient très attachés à leur patrie, et n’aimaient pas voyager ; ils y étaient retenus, d’abord par le motif de leur religion, dont l’exercice parfait était concentré dans la Palestine ; en second lieu, par le danger de l’idolâtrie, qui était répandue dans l’univers entier ; et enfin par la nature même de leur sol, qui était un des meilleurs du monde.

Le parfum et la variété des odeurs est la joie du cœur, et les bons conseils d’un ami sont les délices de l’âme.

N’abandonnez point votre ami, ni l’ami de votre père ; et n’entrez point dans la maison de votre frère au jour de votre affliction. Un voisin qui est proche vaut mieux qu’un frère qui est éloigné.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la maison, etc. Tu trouveras plus de consolation auprès d’un ami sincère qu’auprès de ton propre frère. Comparer à Proverbes, 18, 24. ― Vaut mieux… moins. Ce passage, qui manque dans l’hébreu, se trouve dans les Septante.

Travaillez, mon fils, à acquérir la sagesse, et donnez de la joie à mon cœur : afin que vous puissiez répondre à celui qui vous fera des reproches.

L’homme prudent a vu le mal, et s’est caché ; les imprudents ont passé outre, et ils en ont souffert la perte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’homme habile, etc. Voir Proverbes, 22, 3.

Otez le vêtement à celui qui a répondu pour un étranger ; ôtez-lui le gage qu’il a donné pour les autres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Prends-lui (aufer ei). Au lieu de ei, la Vulgate porte ab eo, un peu plus haut, voir Proverbes, 20, 16, où se lit la même sentence.

Celui qui se hâte dès le matin de louer son ami à haute voix, sera bientôt semblable à celui qui en dit du mal.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Celui qui, etc. C’est la peinture fidèle d’un faux ami, qui comble à contretemps de louanges outrées et excessives.

La femme querelleuse est semblable à un toit d’où l’eau dégoutte sans cesse pendant l’hiver.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des toits, etc. Voir l’explication de ce verset, Proverbes, 19, 13.

Celui qui veut la retenir, est comme s’il voulait arrêter le vent ; et elle lui sera comme une huile qui s’écoule de sa main.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui veut la retenir ; littéralement qui la retient (qui retinet eam). Le verbe retinet et les suivants, teneat, vocabit, sont ce qu’on appelle en termes de grammaire hébraïque des verbes de désir et d’effort ; c’est-à-dire des verbes qui, au lieu d’exprimer une action, n’expriment que le simple désir de la faire, ou que les efforts que l’on fait pour la réaliser. On trouve de ces verbes, non seulement dans l’Ancien testament, mais encore dans le Nouveau.

Le fer aiguise le fer, et la vue de l’ami excite l’ami.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Face. Ce mot signifiant en hébreu colère et personne, les uns traduisent : L’homme excite la colère de son ami, et les autres : L’homme instruit la personne de son ami ; cette seconde traduction nous semble plus simple et plus naturelle. Quant au mot hébreu rêhé, rendu dans la Vulgate par ami, il se prend souvent pour compagnon, semblable.

Celui qui garde le figuier, mangera de son fruit ; et celui qui garde son maître, sera élevé en gloire.

Comme on voit reluire dans l’eau le visage de ceux qui s’y regardent ; ainsi les cœurs des hommes sont découverts aux hommes prudents.

L’enfer et l’abîme de perdition ne sont jamais rassasiés ; ainsi les yeux des hommes sont insatiables.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 14, 9. ― L’enfer et la perdition. Voir, pour ces deux mots, Proverbes, 15, 11.

Comme l’argent s’éprouve dans le creuset, et l’or dans le fourneau ; ainsi l’homme est éprouvé par la bouche de celui qui le loue. Le cœur du méchant recherche le mal, et le cœur droit cherche la science.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Proverbes, 17, 3. ― Les louanges sont la pierre de touche des sentiments. Si l’homme qui les reçoit en conçoit de la vanité, de l’orgueil, de la présomption, elles prouvent que c’est un insensé ; si, au contraire, il les souffre avec peine et n’en devient pas plus fier, elles montrent sa sagesse. ― Le cœur… la science. Ce passage se lit dans les Septante, mais non dans l’hébreu.

Quand vous pileriez l’insensé dans un mortier, comme on y bat du grain en frappant dessus avec un pilon, vous ne lui ôteriez pas sa folie.

Remarquez avec soin l’état de vos brebis, et considérez vos troupeaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Connais, etc. Une des qualités du bon pasteur, c’est de bien connaître ses brebis. Comparer à Jean, 10, 14. ― Bétail ; dans la Vulgate, pecus, mot dont le correspondant hébreu tsôn signifie le plus ordinairement le menu bétail, c’est-à-dire les brebis et les chèvres.

Car la puissance que vous avez ne durera pas toujours ; mais la couronne que vous recevrez, sera stable dans tous les siècles.

Les prés sont ouverts, les herbes vertes ont paru, et on a recueilli le foin des montagnes.

Les agneaux sont pour vous vêtir, et les chevreaux pour le prix du champ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Timothée, 6, 8.

Que le lait des chèvres vous suffise pour votre nourriture, pour ce qui est nécessaire à votre maison, et pour nourrir vos servantes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A tes servantes (ancillis tuis), est au datif, comme second complément du verbe suffise (sufficiat) exprimé au commencement du verset. ― Le lait de chèvre est à peu près le seul et en tout cas le meilleur qu’on ait en Palestine en été.