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Proverbes 1
LES Paraboles de Salomon, fils de David, et roi d’Israël :
pour faire connaître aux hommes la sagesse et la discipline ;
pour leur faire comprendre les paroles de la prudence, et pour les porter à recevoir les instructions de la doctrine, la justice, le jugement et l’équité :
pour donner de la discrétion aux simples, la science et l’intelligence aux jeunes hommes.
Le sage les écoutera, et en deviendra plus sage ; et celui qui aura de l’intelligence y acquerra l’art de gouverner.
Il pénétrera les paraboles et leurs sens mystérieux, les paroles des sages et leurs énigmes.
La crainte du Seigneur est le principe de la sagesse : les insensés méprisent la sagesse et la doctrine.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 110, 10 ; Ecclésiastique, 1, 16. ― Les insensés (stulli) ; sous ce nom, l’Ecriture désigne assez souvent les méchants, les impies. ― La crainte du Seigneur est le principe de la sagesse. « Dans cette parole d’or, dit Umbreit, la philosophie de l’Orient se sépare nettement de l’Occident. Le sage [juif] parvient par la religion à la sagesse, tandis que le sage de l’Occident cherche à arriver par la sagesse à la religion. On peut expliquer ainsi ces paroles : L’homme religieux peut seul devenir véritablement sage. »
Écoutez, mon fils, les instructions de votre père, et n’abandonnez point la loi de votre mère ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ici commence une subdivision qui embrasse la fin de ce chapitre et les chapitres 2 et 3 entiers. Elle contient une exhortation générale à s’adonner à la poursuite de la sagesse, et elle se termine par des détails divers. Cette première subdivision, comme les suivantes, est indiquée par les mots, Ecoute, mon fils, ou expressions analogues, voir Proverbes, 4, 1 ; 6, 20.
et elles seront un ornement à votre tête, et comme de riches colliers à votre cou.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un agrément (gratia) ; un ornement, une couronne. ― Les Orientaux comparent souvent les paroles des sages à des perles et à des ornements de prix, parce qu’elles ornent l’homme moral comme une parure.
Mon fils, si les pécheurs vous attirent par leurs caresses, ne vous laissez point aller à eux.
S’ils disent : Venez avec nous, dressons des embûches pour répandre le sang ; tendons en secret des pièges à l’innocent qui ne nous a fait aucun mal ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au sang ; c’est-à-dire pour verser le sang. Comparer au verset 16.
dévorons-le tout vivant comme l’enfer, et tout entier comme celui qui descend dans la fosse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la fosse ; dans le tombeau. ― Comme l’enfer, le scheôl, le lieu où étaient les âmes des morts.
Nous trouverons toutes sortes de biens et de choses précieuses : nous remplirons nos maisons de dépouilles.
Entrez en société avec nous ; n’ayons tous qu’une même bourse.
Mon fils, n’allez point avec eux : gardez-vous bien de marcher dans leurs sentiers.
Car leurs pieds courent au mal, et ils se hâtent de répandre le sang.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 59, 7.
Mais c’est en vain qu’on jette le filet devant les yeux de ceux qui ont des ailes.
Ils dressent eux-mêmes des embûches à leur propre sang, et ils tendent des pièges pour perdre leurs âmes.
Commentaire (versets 17 à 18) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 17 à 18 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
De même que l’oiseleur tend inutilement son filet sous les yeux des oiseaux, parce que, lorsque les oiseaux le voient tendre, ils l’évitent, de même aussi les pécheurs manqueront leur but ; bien plus, ils tomberont eux-mêmes dans les pièges qu’ils tendent aux autres.
Telles sont les voies de tous les avares : elles surprennent les âmes de ceux qui sont engagés dans cette passion.
La Sagesse enseigne au dehors ; elle fait entendre sa voix dans les places publiques.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans les places publiques. On peut voir ici une allusion à la coutume orientale de mettre les préceptes de morale en vers, que des chanteurs ou des orateurs chantent ou déclament dans les rues et sur les places publiques.
Elle crie à la tête des assemblées du peuple ; elle fait retentir ses paroles aux portes de la ville, et elle dit :
Ô enfants ! jusques à quand aimerez-vous l’enfance ? jusques à quand les insensés désireront-ils ce qui leur est pernicieux, et les imprudents haïront-ils la science ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Très petits. Voir le verset 4. ― Les insensés. Voir le verset 7. ― Salomon énumère trois classes de gens qui repoussent la sagesse : les enfants ou les simples, les insensés ou les esprits légers et frivoles et les imprudents ou les sots. Voir la parabole de la semence, Matthieu, 13, verset 3 et suivants.
Convertissez-vous par les remontrances que je vous fais. Je vais répandre sur vous mon esprit, et je vous ferai entendre mes paroles.
Parce que je vous ai appelés, et que vous n’avez point voulu m’écouter ; que j’ai tendu ma main, et qu’il ne s’est trouvé personne qui m’ait regardé ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 65, 12 ; 66, 4 ; Jérémie, 7, 13.
que vous avez méprisé tous mes conseils, et que vous avez négligé mes réprimandes ;
je rirai aussi à votre mort ; et je vous insulterai, lorsque ce que vous craigniez vous sera arrivé ;
lorsque le malheur viendra tout d’un coup, et que la mort fondra sur vous comme une tempête ; lorsque vous vous trouverez surpris par l’affliction, et par les maux les plus pressants.
Alors ils m’invoqueront, et je ne les écouterai point ; ils se lèveront dès le matin, et ils ne me trouveront point :
parce qu’ils ont haï les instructions ; qu’ils n’ont point embrassé la crainte du Seigneur ;
qu’ils ne se sont point soumis à mes conseils, et qu’ils n’ont eu que du mépris pour toutes mes remontrances.
Ainsi ils mangeront le fruit de leur voie, et ils seront rassasiés de leurs conseils.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils seront rassasiés, etc. ; c’est-à-dire ils recevront la récompense pleine et entière de leurs desseins, de leurs projets.
L’égarement des enfants les tuera ; et la prospérité des insensés les perdra.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’égarement ; littéralement l’éloignement (aversio) de la droite voie, de la sagesse, de la vertu. C’est le même sens en hébreu. Jérémie se sert plusieurs fois de ce mot pour exprimer l’éloignement de Dieu (voir Jérémie, 2, 12 (?) ; 3, 22 ; 5, 6 ; 14, 7). ― Tout petits. Voir le verset 4.
Mais celui qui m’écoute, reposera en assurance ; et il jouira d’une abondance de biens sans craindre aucun mal.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La crainte, etc. ; sans avoir à craindre aucun mal.
Commentaire (versets 1 à 6) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 6 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Préface des livres des Proverbes. Salomon a un double but : celui d’apprendre la sagesse à ceux qui ne la connaissent pas encore et celui d’en donner une connaissance plus parfaite à ceux qui la connaissent déjà.