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Proverbes 20
LE vin est une source d’intempérance, et l’ivrognerie est pleine de désordres : quiconque y met son plaisir, ne deviendra point sage.
La terreur du roi est comme le rugissement du lion ; quiconque l’irrite, pèche contre son âme.
C’est une gloire à l’homme de se séparer des contestations ; mais tous les imprudents s’embarrassent dans ce qui leur attire de la confusion.
Le paresseux n’a pas voulu labourer à cause du froid : il mendiera donc pendant l’été, et on ne lui donnera rien.
Le conseil est dans le cœur de l’homme sage comme une eau profonde ; mais l’homme prudent l’y puisera.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme une eau, etc. Le cœur de l’homme dans ses desseins est aussi impénétrable qu’une eau profonde ; mais le sage qui a la connaissance des hommes lit jusqu’au fond du cœur humain, en sonde les abîmes et en découvre ce qu’il a de plus secret.
Il y a bien des hommes qu’on appelle miséricordieux ; mais qui trouvera un homme fidèle ?
Le juste qui marche dans sa simplicité, laissera après lui ses enfants heureux.
Le roi qui est assis sur son trône pour rendre justice, dissipe tout mal par son seul regard.
Qui peut dire : Mon cœur est net, je suis pur de péché ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 3 Rois, 8, 46 ; 2 Paralipomènes, 6, 36 ; Ecclésiaste, 7, 21 ; 1 Jean, 1, 8.
Le double poids et la double mesure sont deux choses abominables devant Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 11, 1. ― Un poids et un poids, etc. ; c’est-à-dire divers poids et diverses mesures. Dieu défend dans sa loi d’avoir divers poids et diverses mesures. Voir Deutéronome, 25, 13-16.
On jugera par les inclinations de l’enfant, si un jour ses œuvres seront pures et droites.
L’oreille qui écoute et l’œil qui voit, sont deux choses que le Seigneur a faites.
N’aimez point le sommeil, de peur que la pauvreté ne vous accable ; ouvrez les yeux, et rassasiez-vous de pain.
Cela ne vaut rien, cela ne vaut rien, dit tout homme qui achète ; mais après qu’il se sera retire, il se glorifiera.
On trouve assez d’or et assez de perles ; mais les lèvres savantes sont un vase rare et précieux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Savantes ; littéralement et par hébraïsme, de la science.
Otez le vêtement à celui qui a répondu pour un étranger ; ôtez-lui le gage qu’il a donné pour les autres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 27, 13.
Un pain de mensonge est doux à l’homme ; mais sa bouche ensuite sera pleine de gravier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un pain de mensonge ; un faux pain, un pain qui paraît bon, mais qui est réellement mauvais.
Les pensées s’affermissent par les conseils, et la guerre doit être conduite par la prudence.
Ne vous familiarisez point avec un homme qui découvre les secrets, qui use de déguisements, et dont la bouche est toujours ouverte.
Quiconque maudit son père et sa mère, sa lampe s’éteindra au milieu des ténèbres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 21, 17 ; Lévitique, 20, 9 ; Matthieu, 15, 4.
L’héritage que l’on se hâte d’acquérir d’abord, ne sera point à la fin béni de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’héritage, etc. Le sage veut dire qu’il est moralement impossible qu’on acquière légitimement de grands biens en un moment. Comparer à Proverbes, 13, 11.
Ne dites point : Je rendrai le mal. Attendez le Seigneur, et il vous délivrera.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 12, 17 ; 1 Thessaloniciens, 5, 15 ; 1 Pierre, 3, 9.
Avoir deux poids est en abomination devant le Seigneur ; la balance trompeuse n’est pas bonne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est une abomination, etc. Voir le verset 10.
C’est le Seigneur qui dresse les pas de l’homme ; et qui est l’homme qui puisse comprendre la voie par laquelle il marche ?
C’est une ruine à l’homme de dévorer les saints, et de penser ensuite à faire des vœux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dévorer les saints ; les attaquer, les persécuter. Dieu prend la défense des saints, ses amis persécutés, en faisant périr leurs persécuteurs : témoin Pharaon, Antiochus Epiphane, etc.
Le roi sage dissipe les méchants ; et il les fait passer sous l’arc de son triomphe.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Courbe sur eux un arc de triomphe ; c’est la traduction littérale de la Vulgate : Incurvat super eos fornicem ; texte que l’on explique ainsi : Il les fait passer sous l’arc de son triomphe. L’hébreu dit : Et il ramena sur eux une roue ; et les Septante : Et il jettera (ou passera sur eux une roue.) Après avoir vaincu les Ammonites, David fit passer sur eux des chariots armés de fer (voir 2 Rois, 12, 31). L’Ecriture fait assez souvent allusion à ce genre de supplice. On faisait passer sur le corps des condamnés des chariots avec des roues armées de fer, roues très basses et très lourdes et qui en faisaient des espèces de traineaux propres à battre le grain.
Le souffle de Dieu dans l’homme est une lampe divine, qui découvre tout ce qu’il y a de secret dans ses entrailles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le souffle ; c’est-à-dire l’esprit. ― Une lampe du Seigneur ; allumée par le Seigneur lui-même. ― Découvre, etc. Nul, selon saint Paul, ne sait ce qui est au-dedans de l’homme, que l’esprit de l’homme qui est en lui (voir 1 Corinthiens, 2, 11). ― Corps ; littéralement ventre ; c’est la partie pour le tout : figure de rhétorique assez usitée dans le style biblique.
La miséricorde et la vérité conservent le roi ; et la clémence affermit son trône.
La force des jeunes gens est leur joie ; et les cheveux blancs sont la gloire des vieillards.
Le mal se guérira par les meurtrissures livides, et par les plaies qui pénètrent jusque dans le secret des entrailles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La lividité, etc. Le sens de ce passage est que les méchants ne se guérissent ou ne se corrigent que par des châtiments corporels qui se font sentir. ― Corps ; littéralement ventre. Voir le verset 27.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A cause du froid, etc. Dans la Palestine, les semailles se font en novembre et en décembre, mois pendant lesquels soufflent ordinairement les vents du nord.