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Jean 9
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Jésus vit, en passant, un aveugle de naissance.
« Maître, lui demandèrent ses disciples, est-ce que cet homme a péché, ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »
Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui.
Il faut, tandis qu’il est jour, que je fasse les œuvres de celui qui m’a envoyé ; la nuit vient, où personne ne peut travailler.
Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » —
Ayant ainsi parlé, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, puis il l’étendit sur les yeux de l’aveugle,
et lui dit : « Va, lave-toi dans la piscine de Siloé (mot qui se traduit : Envoyé). » Il partit, se lava, et s’en retourna voyant clair.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Va à la piscine de Siloé. La fontaine de Siloé est située au pied du mont Ophel, regardant l’est et le village de Siloam qui fait face à Jérusalem, sur le versant septentrional de la vallée de Ben-Hinnom. On descend par un escalier de dix-sept marches sur un palier voûté en ogive et long de 3 m. 50 sur autant de largeur et de hauteur et ayant pour fond le rocher. Un autre escalier de quinze marches taillées dans le roc conduit à la fontaine même. Elle est irrégulièrement intermittente et l’eau en est légèrement saumâtre. Le réservoir est rectangulaire ; il a seize mètres de long environ, sur six mètres de large et six mètres de profondeur. L’eau arrive par un canal creusé dans le roc. Une inscription hébraïque découverte en 1880 et datant vraisemblablement du règne d’Ezéchias nous apprend que le tunnel qui a été percé dans la montagne pour amener l’eau à Siloé fut entrepris par les deux extrémités à la fois. Il fait des zigzags et a 535 mètres de longueur. La source qui alimente la piscine de Siloé en passant par cet aqueduc souterrain est celle qu’on appelle aujourd’hui la Fontaine de la Vierge, la seule source naturelle qui soit proche de Jérusalem, cette ville n’ayant en outre que les citernes recueillant l’eau de pluie et les eaux conduites autrefois à grands frais des vasques de Salomon au sud de Bethléem. La Fontaine de la Vierge est située au fond d’une excavation taillée dans le roc, sur le versant oriental du mont Ophel. On y descend par un escalier de trente marches. La grotte est à environ huit mètres de profondeur. Le bassin a trois mètres et demi de long et un mètre soixante centimètres de large. La source est intermittente ; pendant l’hiver, à la saison des pluies, l’eau coule de trois à cinq fois par jour, à intervalles irréguliers ; pendant l’été elle ne coule que deux fois, et une fois seulement pendant l’automne. On suppose que l’eau provient d’un réservoir naturel caché sous le mont Moriah, au-dessous du temple.
Les voisins, et ceux qui l’avaient vu auparavant demander l’aumône, disaient : « N’est-ce pas là celui qui était assis et mendiait ? »
Les uns répondaient : « C’est lui » ; d’autres : « Non, mais il lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est moi. »
Ils lui dirent donc : « Comment tes yeux ont-ils été ouverts ? »
Il répondit : « Un homme, celui qu’on appelle Jésus, a fait de la boue, il l’a étendue sur mes yeux, et m’a dit : Va à la piscine de Siloé et lave-toi. J’y ai été, et, m’étant lavé, j’ai recouvré la vue. —
Où est cet homme ? » lui dirent-ils. Il répondit : « Je ne sais pas. »
Ils menèrent aux Pharisiens celui qui avait été aveugle.
Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait ainsi fait de la boue et ouvert les yeux de l’aveugle.
À leur tour, les Pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue, et il leur dit : « Il m’a mis sur les yeux de la boue, je me suis lavé, et je vois. »
Sur cela, quelques-uns des Pharisiens disaient : « Cet homme n’est pas envoyé de Dieu, puisqu’il n’observe pas le sabbat. » D’autres disaient : « Comment un pécheur peut-il faire de tels prodiges ? » Et la division était entre eux.
Ils dirent donc de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, de ce qu’il t’a ouvert les yeux ? » Il répondit : « C’est un prophète. »
Les Juifs ne voulurent donc pas croire que cet homme eut été aveugle et qu’il eût recouvré la vue, jusqu’à ce qu’ils eussent fait venir les parents de celui qui avait recouvré la vue.
Ils leur demandèrent : « Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle ? Comment donc voit-il maintenant ? »
Ses parents répondirent : « Nous savons que c’est bien là notre fils, et qu’il est né aveugle ;
mais comment il voit maintenant, nous l’ignorons, et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas. Interrogez-le lui-même ; il a de l’âge, lui-même parlera de ce qui le concerne. »
Ses parents parlèrent ainsi, parce qu’ils craignaient les Juifs. Car déjà les Juifs étaient convenus que quiconque reconnaîtrait Jésus pour le Christ serait exclu de la synagogue.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il serait chassé de la synagogue ; c’est-à-dire qu’on ne lui permettrait plus d’entrer dans aucune synagogue pour y entendre la lecture de l’Ecriture et y prier avec les autres Israélites.
C’est pourquoi ses parents dirent : « Il a de l’âge, interrogez-le. »
Les Pharisiens firent venir une seconde fois l’homme qui avait été aveugle, et lui dirent : « Rends gloire à Dieu. Nous savons que cet homme est un pécheur. »
Celui-ci répondit : « S’il est un pécheur, je l’ignore ; je sais seulement que j’étais aveugle, et qu’à présent je vois. »
Ils lui dirent : « Qu’est-ce qu’il t’a fait ? Comment t’a-t-il ouvert les yeux ? »
Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit et vous ne l’avez pas écouté : pourquoi voulez-vous l’entendre encore ? Est-ce que, vous aussi, vous voulez devenir ses disciples ? »
Ils le chargèrent alors d’injures, et dirent : « C’est toi qui es son disciple ; pour nous, nous sommes disciples de Moïse.
Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-ci, nous ne savons d’où il est. »
Cet homme leur répondit : « Il est étonnant que vous ne sachiez pas d’où il est, et cependant il m’a ouvert les yeux.
Nous savons que Dieu n’exauce point les pécheurs ; mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, c’est celui-là qu’il exauce.
Jamais on n’a ouï dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né.
Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »
Ils lui répondirent : « Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le chassèrent.
Jésus apprit qu’ils l’avaient ainsi chassé, et l’ayant rencontré, il lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »
Il répondit : « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? »
Jésus lui dit : « Tu l’as vu ; et celui qui te parle, c’est lui-même. » —
« Je crois, Seigneur » dit-il ; et se jetant à ses pieds, il l’adora.
Alors Jésus dit : « Je suis venu dans ce monde pour un jugement, afin que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est en jugement ; c’est pour exercer un jugement, et par ce jugement manifester les desseins de Dieu sur les hommes.
Quelques Pharisiens qui étaient avec lui, lui dirent : « Sommes-nous, nous aussi des aveugles ? »
Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez point de péché ; mais maintenant vous dites : Nous voyons ; votre péché demeure. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au contraire. La traduction maintenant est inexacte. Comparer à Jean, 8, 40. (?)
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Beaucoup de Juifs étaient imbus de la fausse opinion que tout mal physique était la peine d’un péché personnel ou des parents (comparer à Exode, 20, 5). Mais comment un aveugle-né pourrait-il avoir mérité de naître ainsi ? Quelques rabbins enseignaient qu’un enfant pouvait pécher dès le sein de sa mère ; d’ailleurs, comme le remarque Denys le Chartreux, les Apôtres pouvaient s’imaginer que l’aveugle avait reçu ce châtiment par anticipation, pour des fautes qu’il devait commettre plus tard, fautes déjà présentes à la préscience divine. » (CRAMPON)