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Jean 21
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Après cela, Jésus se montra de nouveau à ses disciples sur les bords de la mer de Tibériade : et il se montra ainsi :
Simon-Pierre, Thomas appelé Didyme, Nathanaël, qui était de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples, étaient ensemble.
Simon-Pierre leur dit : « Je vais pêcher. » Ils lui dirent : « Nous y allons nous aussi avec toi. » Ils sortirent donc et montèrent dans la barque ; mais ils ne prirent rien cette nuit-là.
Le matin venu, Jésus se trouva sur le rivage ; mais les disciples ne savaient pas que c’était Jésus.
Et Jésus leur dit : « Enfants, n’avez-vous rien à manger ? » — Non, répondirent-ils.
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils le jetèrent ; et ils ne pouvaient plus le tirer à cause de la grande quantité de poissons.
Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Simon-Pierre, ayant entendu que c’était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nu ; c’est-à-dire, sans son vêtement de dessus.
Les autres disciples vinrent avec la barque (car ils n’étaient éloignés de la terre que d’environ deux cents coudées), en tirant le filet plein de poissons.
Quand ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson mis dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez de ces poissons que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre monta dans la barque, et tira à terre le filet qui était plein de cent cinquante-trois grands poissons ; et quoiqu’il y en eût un si grand nombre, le filet ne se rompit point.
Jésus leur dit : « Venez et mangez. » Et aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui êtes-vous ? » parce qu’ils savaient que c’était le Seigneur.
Jésus s’approcha, et prenant le pain, il leur en donna ; il fit de même du poisson.
C’était déjà la troisième fois que Jésus apparaissait à ses disciples, depuis qu’il était ressuscité des morts.
Lorsqu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. »
Il lui dit une seconde fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre lui répondit : « Oui, Seigneur, vous savez bien que je vous aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. »
Il lui dit pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut contristé de ce que Jésus lui demandait pour la troisième fois : « M’aimes-tu ? » et il lui répondit : « Seigneur, vous connaissez toutes choses, vous savez bien que je vous aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pais mes brebis. Pierre a réparé son triple reniement par une triple protestation d’amour. Le Sauveur avait promis à saint Pierre la suprématie spirituelle (voir Matthieu, 16, 19) : et il remplit ici sa promesse, en le chargeant de paître toutes ses brebis sans exception, par conséquent tout son troupeau, c’est-à-dire toute son Eglise.
En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Pierre, 1, 14.
— Il dit cela, indiquant par quelle mort Pierre devait glorifier Dieu. — Et après avoir ainsi parlé, il ajouta : « Suis-moi. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Saint Pierre mourut sur une croix, à Rome, la tête en bas, l’an 67 de notre ère. Ce n’est que plusieurs années après le martyre du prince des apôtres que saint Jean rappelait dans son Evangile cette prophétie du Sauveur.
Pierre, s’étant retourné, vit venir derrière lui, le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant la cène, s’était penché sur son sein, et lui avait dit : « Seigneur, qui est celui qui vous trahit ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 13, 23. ― Le disciple que Jésus aimait, saint Jean l’Evangéliste.
Pierre donc, l’ayant vu, dit à Jésus : « Seigneur, et celui-ci que deviendra-t-il ? »
Jésus lui dit : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. »
Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Pourtant Jésus ne lui avait pas dit qu’il ne mourrait pas ; mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »
Commentaire (versets 22 à 23) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 22 à 23 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Je veux qu’il demeure ainsi… Le texte grec porte : Si je veux, et laisse ainsi la chose dans le doute.
C’est ce même disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites ; et nous savons que son témoignage est vrai.
Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les rapportait en détail, je ne pense pas que le monde entier pût contenir les livres qu’il faudrait écrire.
Commentaire (versets 24 à 25) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 24 à 25 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
« Ces versets sont un nouvel épilogue de l’Evangile de saint Jean (comparer à Jean, 20, 30), devenu nécessaire après l’addition du chapitre 21. ― A cause la formule plurielle, nous savons, quelques-uns pensent que ces versets ne sont pas de saint Jean, mais qu’ils ont été ajoutés soit par des disciples de Notre-Seigneur, entre autres saint André, soit par les prêtres de l’Eglise d’Ephèse. Mais rien n’oblige à admettre cette conclusion. Saint Jean, dans sa première épître, emploie aussi le pluriel : ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons ; cette forme que les rhéteurs appellent communicative, était familière aux grecs dans le style épistolaire. Or, la première Epître, comme nous l’avons dit plus haut, est la préface et la lettre d’envoi de l’Evangile : pourquoi donc saint Jean n’aurait-il pu terminer par une conclusion qui rappelât la préface, et dont le style, par conséquent, prit le caractère épistolaire ? » (CRAMPON, 1885) Voir Jean, 20, 30. ― Le monde entier : « Locution hyperbolique presque réalisée par les faits, dit Corn. de Lapierre : les discours et les livres composés sur la vie du Sauveur ne sont-ils pas vraiment innombrables ? On trouve des hyperboles non moins fortes dans les livres rabbiniques, et même dans Cicéron, par exemple, II Philipp. XXVII. » (CRAMPON)
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nathanaël, l’apôtre saint Barthélémy. Voir Jean, 1, 45. ― Les fils de Zébédée, saint Jacques le Majeur et saint Jean l’Evangéliste.