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Jean 3
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Or, il y avait parmi les Pharisiens un homme nommé Nicodème, un des principaux parmi les Juifs.
Il vint de nuit trouver Jésus, et lui dit : « Maître, nous savons que vous êtes venu de la part de Dieu, comme docteur, car personne ne saurait faire les miracles que vous faites, si Dieu n’est pas avec lui. »
Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s’il ne naît de nouveau, ne peut voir le royaume de Dieu. »
Nicodème lui dit : « Comment un homme, quand il est déjà vieux, peut-il naître ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère, et naître de nouveau ? »
Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
Commentaire (versets 3 à 5) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 3 à 5 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Il ne suffit pas d’être enfants d’Abraham pour appartenir au royaume des cieux, mais il faut mourir au péché et renaître par le baptême. La renaissance spirituelle a un principe extérieur dans l’eau et un principe intérieur dans l’Esprit-Saint. C’est la régénération, par le baptême, dont la nécessité est affirmée (Concile de Trente, session VII, canon 2 ; voir Matthieu, 28, 19).
Car ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit.
Ne t’étonne pas de ce que je t’ai dit : Il faut que vous naissiez de nouveau.
Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va : ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 134, 7. ― L’esprit. Dans l’original, le mot employé signifie esprit et vent. L’action régénératrice du Saint-Esprit, dans les âmes, est aussi invisible et mystérieuse que le mouvement et les effets de l’air, dans la nature. La grâce est donnée, selon la libre volonté du Saint-Esprit (saint Bède). Les choses spirituelles, invisibles comme le vent, se remarquent par leurs effets.
Nicodème lui répondit : « Comment cela se peut-il faire ? »
Jésus lui dit : « Tu es le docteur d’Israël, et tu ignores ces choses !
En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous attestons ce que nous avons vu, mais vous ne recevez point notre témoignage.
Si vous ne croyez pas quand je vous parle des choses qui sont sur la terre, comment croirez-vous si je viens à vous parler de celles qui sont dans le ciel ?
Et nul n’est monté au ciel si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel.
Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Nombres, 21, 9.
Afin que tout homme qui croit en lui [ne périsse point, mais qu’il] ait la vie éternelle.
En effet, Dieu a tellement aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais ait la vie éternelle.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Jean, 4, 9.
Car Dieu n’a pas envoyé le Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.
Celui qui croit en lui n’est pas jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Or, voici quel est le jugement : c’est que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 1, 9.
Car quiconque fait le mal, hait la lumière, de peur que ses œuvres ne soient blâmées.
Mais celui qui accomplit la vérité, vient à la lumière, de sorte que ses œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu. »
Après cela, Jésus se rendit avec ses disciples au pays de Judée, et il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 4, 1. ― Et il baptisait, par les mains de ses apôtres, comme il est dit à Jean, 4, 2.
Jean aussi baptisait à Ennon, près de Salim, parce qu’il y avait là beaucoup d’eau, et l’on venait et l’on était baptisé,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ennon « Œnon, dit saint Jérôme après Eusèbe, est un endroit qu’on montre encore aujourd’hui à 8 milles de Scythopolis, au sud, près de Salim et du Jourdain. » Ennon, Aenon signifie sources. ― Salim, que l’Evangéliste mentionne pour fixer la situation d’Ennon, est malheureusement inconnu. On a trouvé un Salim à l’est et non loin de Naplouse (Samarie) et il y a là deux sources très abondantes. On a découvert un ouadi Selam ou Seleim, au nord-est de Jérusalem, à environ deux lieues, près de l’ouadi Farah, où les sources abondent.
car Jean n’avait pas encore été jeté en prison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mis en prison. Voir Matthieu, 14, 3.
Or, il s’éleva une discussion entre les disciples de Jean et un Juif touchant la purification.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La purification, le baptême de saint Jean-Baptiste.
Et ils vinrent trouver Jean, et lui dirent : « Maître, celui qui était avec vous au delà du Jourdain, et à qui vous avez rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 1, 19.
Jean répondit : « Un homme ne peut prendre que ce qui lui a été donné du ciel.
Vous m’êtes vous-mêmes témoins que j’ai dit : « Je ne suis point le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 1, 20.
Celui qui a l’épouse est l’époux ; mais l’ami de l’époux, qui se tient là et qui l’écoute, est ravi de joie à la voix de l’époux. Or cette joie qui est la mienne, elle est pleinement réalisée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Se réjouit de joie ; hébraïsme, pour éprouver une grande joie, être ravi de joie. ― L’ami de l’époux. Voir Matthieu, 9, 15.
Il faut qu’il croisse et que je diminue.
Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous ; celui qui est de la terre est terrestre, et son langage aussi. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous ;
et ce qu’il a vu et entendu, il l’atteste ; mais personne ne reçoit son témoignage.
Celui qui reçoit son témoignage, certifie que Dieu est véridique.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 3, 4.
Car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l’Esprit avec mesure.
Le Père aime le Fils, et il lui a tout remis entre les mains.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la vie ; mais la colère de Dieu demeure sur lui. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Jean, 5, 10.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un des chefs des Juifs. Voir Jean, 7, 50. ― Nicodème, un des chefs des Juifs, c’est-à-dire, membre du Sanhédrin. Le Talmud mentionne un Nicodème, fils de Gorion, homme riche et pieux, qui est peut-être le même que celui dont parle saint Jean. D’après la tradition, Nicodème se fit chrétien et fut banni du sanhédrin et de Jérusalem.