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Jean 10

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre point par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le bercail en Orient est ordinairement un enclos en plein air, dont l’enceinte consiste en un mur grossièrement fait de pierres ou en une palissade. C’est là qu’on enferme les troupeaux la nuit. Le berger entre par la porte avec ses brebis, mais le voleur pour y pénétrer monte par dessus le mur ou la palissade.

Mais celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis.

C’est à lui que le portier ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom ses brebis, et il les mène aux pâturages.

Quand il a fait sortir toutes ses brebis, il marche devant elles, et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix.

Elles ne suivront point un étranger, mais elles le fuiront, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Jésus leur dit cette allégorie ; mais ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait.

Jésus donc leur dit encore : « En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis.

Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

« Tous ceux qui sont venus avant moi » et en dehors de moi : la plupart des Scribes et des Pharisiens. Ces deux mots manquent dans la Vulgate. ― Les brebis, les pieux Israélites.

Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera, et il sortira, et il trouvera des pâturages.

Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance.

Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 40, 11 ; Ezéchiel, 34, 23 ; 37, 24. ― On sait que dans les catacombes les premiers chrétiens ont représenté des milliers de fois Notre-Seigneur sous la forme du Bon Pasteur.

Mais le mercenaire, qui n’est pas le pasteur, et à qui les brebis n’appartiennent pas, voit venir le loup, laisse là les brebis et prend la fuite ; et le loup les ravit et les disperse.

Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire et qu’il n’a nul souci des brebis.

Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,

comme mon Père me connaît, et que je connais mon Père, et je donne ma vie pour mes brebis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 11, 27 ; Luc, 10, 22.

J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut aussi que je les amène, et elles entendront ma voix, et il y aura une seule bergerie, un seul pasteur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’autres brebis, les Gentils. ― Il n’y aura plus, après ma mort, qu’un bercail : le mur de séparation entre le judaïsme et le paganisme sera renversé (voir Ephésiens, 2, verset 14 et suivants ; Colossiens, 2, 15).

C’est pour cela que mon Père m’aime, parce que je donne ma vie pour la reprendre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 53, 7.

Personne ne me la ravit, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. »

Il s’éleva de nouveau une division parmi les Juifs à l’occasion de ce discours.

Plusieurs d’entre eux disaient : « Il est possédé d’un démon, il a perdu le sens : Pourquoi l’écoutez-vous ? »

D’autres disaient : « Ce ne sont pas là les paroles d’un possédé ; est-ce qu’un démon peut ouvrir les yeux des aveugles ? » Occasion du discours (22-24). Jésus consubstantiel à son Père, les Juifs veulent le lapider (25-38). Jésus échappe à leurs mains et se retire au delà du Jourdain (39-42).

On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace ; c’était l’hiver ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Machabées, 4, vv. 56, 59. ― « La fête de la dédicace remontait à l’an 164, où Judas Machabée, ayant délivré Jérusalem, avait brisé l’idole de Jupiter Olympien, placée dans le sanctuaire, et purifié le temple des profanations commises trois ans auparavant par Antiochus Epiphane. Elle durait huit jours et se célébrait à l’entrée de l’hiver, comme saint Jean en fait la remarque pour ses lecteurs, étrangers à la Judée. » (L. BACUEZ.)

et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

« La galerie couverte où se promenait Notre-Seigneur s’appelait portique de Salomon parce qu’elle était bâtie sur une terrasse élevée par Salomon. Peut-être y voyait-on encore quelques restes de l’ancien temple. [Elle s’étendait parallèlement à la vallée de Josaphat et formait le côté oriental de l’enceinte du temple.] On découvrait de là la colline des Oliviers et toute la vallée du Cédron. Le Sauveur et les Apôtres s’y tenaient de préférence, parce qu’elle était ouverte aux Gentils aussi bien qu’aux Juifs. » (L. BACUEZ.)

Les Juifs l’entourèrent donc et lui dirent : « Jusques à quand tiendrez-vous notre esprit en suspens ? Si vous êtes le Christ dites-le-nous franchement. »

Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne me croyez pas : les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi ;

mais vous ne me croyez point, parce que vous n’êtes pas de mes brebis.

Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent.

Et je leur donne une vie éternelle, et elles ne périront jamais, et nul ne les ravira de ma main ;

mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous, et nul ne peut les ravir de la main de mon Père.

Mon père et moi nous sommes un. »

Les Juifs ramassèrent de nouveau des pierres pour le lapider.

Jésus leur dit : « J’ai fait devant vous beaucoup d’œuvres bonnes qui venaient de mon Père : pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? »

Les Juifs lui répondirent : « Ce n’est pas pour une bonne œuvre que nous vous lapidons, mais pour un blasphème, et parce que, étant homme, vous vous faites Dieu. »

Jésus leur répondit : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : vous êtes des dieux ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 81, 6.

Si la Loi appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l’Écriture ne peut être anéantie,

comment dites-vous à celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde : Vous blasphémez, parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu ?

Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas.

Mais si je les fais, lors même que vous ne voudriez pas me croire, croyez à mes œuvres : afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi, et que je suis dans le Père. »

Là-dessus, ils cherchèrent de nouveau à se saisir de lui, mais il s’échappa de leurs mains.

Il s’en retourna au delà du Jourdain, dans le lieu où Jean avait commencé à baptiser ; et il y demeura.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jean Baptiste.

Et beaucoup venaient à lui, disant : « Jean n’a fait aucun miracle ;

mais tout ce qu’il a dit de celui-ci était vrai. « Et il y en eut là beaucoup qui crurent en lui.