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Jean 8
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Jésus s’en alla sur la montagne des Oliviers ;
mais, dès le point du jour, il retourna dans le temple, et tout le peuple vint à lui. Et s’étant assis, il les enseignait.
Alors les Scribes et les Pharisiens lui amenèrent une femme surprise en adultère, et l’ayant fait avancer,
ils dirent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or Moïse, dans la Loi, nous a ordonné de lapider de telles personnes. Vous donc, que dites-vous ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 20, 10. ― Dans la loi. Voir Deutéronome (?), 20, vv. 22, 24.
C’était pour l’éprouver qu’ils l’interrogeaient ainsi, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait sur la terre avec le doigt.
Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 17, 7.
Et s’étant baissé de nouveau, il écrivait sur la terre.
Ayant entendu cette parole, [et se sentant repris par leur conscience,] ils se retirèrent les uns après les autres, les plus âgés d’abord, [puis tous les autres,] de sorte que Jésus resta seul avec la femme qui était au milieu.
Alors Jésus s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, lui dit : « Femme, où sont ceux qui vous accusaient ? Est-ce que personne ne vous a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur » ; Jésus lui dit : « Je ne vous condamne pas non plus. Allez, et ne péchez plus. »
Jésus leur parla de nouveau, disant : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Jean, 1, 5.
Sur quoi les Pharisiens lui dirent : « Vous rendez témoignage de vous-même ; votre témoignage n’est pas digne de foi. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
N’est pas vrai ; c’est-à-dire n’est pas valable, n’est pas acceptable.
Jésus leur répondit : « Quoique je rende témoignage de moi-même, mon témoignage est véridique, parce que je sais d’où je suis venu et où je vais ; mais vous, vous ne savez d’où je viens, ni ou je vais.
Vous jugez selon la chair ; moi je ne juge personne.
Et si je juge, mon jugement est véridique, car je ne suis pas seul, mais moi, et le Père qui m’a envoyé.
Il est écrit dans votre Loi, que le témoignage de deux hommes est digne de foi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 17, 6 ; 19, 15 ; Matthieu, 18, 16 ; 2 Corinthiens, 13, 1 ; Hébreux, 10, 28.
Or, je rends témoignage de moi-même, et le Père qui m’a envoyé rend aussi témoignage de moi. »
Ils lui dirent donc : « Où est votre Père ? »Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père : si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. »
Jésus parla de la sorte dans le parvis du Trésor, lorsqu’il enseignait dans le temple ; et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Où est le trésor, le tronc pour recevoir les aumônes. Voir Marc, 12, 41.
Jésus leur dit encore : « Je m’en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Où je vais, vous ne pouvez venir. »
Les Juifs disaient donc : « Est-ce qu’il va se tuer lui-même, puisqu’il dit : Où je vais, vous ne pouvez venir ? »
Et il leur dit : « Vous, vous êtes d’en bas, moi, je suis d’en haut ; vous êtes de ce monde, moi, je ne suis pas de ce monde.
C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans votre péché ; car si vous ne croyez pas que je suis le Messie, vous mourrez dans votre péché. » —
« Qui êtes-vous ? » lui dirent-ils. Jésus leur répondit : « Absolument ce que je vous déclare.
J’ai beaucoup de choses à dire de vous et à condamner en vous, mais celui qui m’a envoyé est véridique, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis au monde. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 3, 4.
Ils ne comprirent point qu’il leur parlait du Père.
Jésus donc leur dit : « Lorsque vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez qui je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je dis ce que mon Père m’a enseigné.
Et celui qui m’a envoyé est avec moi, et il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » —
Comme il disait ces choses, beaucoup crurent en lui.
Jésus dit donc aux Juifs qui avaient cru en lui : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ;
vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Il lui répondirent : « Nous sommes la race d’Abraham, et nous n’avons jamais été esclaves de personne ; comment dites-vous : Vous deviendrez libres ? »
Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque se livre au péché est esclave du péché.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 6, verset 15 et suivants ; 7, verset 14 et suivants ; 2 Pierre, 2, 19.
Or, l’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; mais le fils y demeure toujours.
Si donc le Fils vous affranchit, vous serez vraiment libres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le Fils de Dieu. Bossuet : « Et quelle liberté vous donnera-t-il, sinon celle qu’il a voulu pour lui-même ? C’est-à-dire d’être dépendant de Dieu seul, dont il est si doux de dépendre, et le service duquel vaut mieux qu’un royaume, parce que cette même soumission qui nous met au-dessous de Dieu, nous met en même temps au-dessus de tout. »
Je sais que vous êtes enfants d’Abraham ; mais vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole ne pénètre pas en vous.
Moi je vous dis ce que j’ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez vu chez votre père. »
Ils lui répondirent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham.
Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu : ce n’est point ce qu’a fait Abraham.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Loin de là ; c’est-à-dire loin de faire les œuvres d’Abraham, vous cherchez, etc. C’est le seul sens conforme à la Vulgate aussi bien qu’au texte grec.
Vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants de fornication ; nous avons un seul Père, qui est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; et je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé.
Pourquoi ne reconnaissez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez entendre ma parole.
Le père dont vous êtes issus, c’est le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été homicide dès le commencement, et n’est point demeuré dans la vérité, parce qu’il n’y a point de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur, et le père du mensonge.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Jean, 3, 8.
Et moi, parce que je vous dis la vérité, vous ne me croyez pas.
Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ?
Celui qui est de Dieu entend la parole de Dieu ; c’est parce que vous n’êtes pas de Dieu que vous ne l’entendez pas. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Jean, 4, 6.
Les Juifs lui répondirent : « N’avons-nous pas raison de dire que vous êtes un Samaritain et que vous êtes possédé d’un démon ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un Samaritain, terme injurieux, puisque les Samaritains étaient schismatiques et ennemis des Juifs.
Jésus répondit : « Il n’y a point en moi de démon ; mais j’honore mon Père, et vous, vous m’outragez.
Pour moi, je n’ai pas souci de ma gloire : il est quelqu’un qui en prend soin et qui fera justice.
En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. »
Les Juifs lui dirent : « Nous voyons maintenant qu’un démon est en vous. Abraham est mort, les prophètes aussi, et vous, vous dites : Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort.
Êtes-vous plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? Les Prophètes aussi sont morts ; qui prétendez-vous être ? »
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites qu’il est votre Dieu ;
et pourtant vous ne le connaissez pas ; mais moi, je le connais ; et si je disais que je ne le connais pas, je serais menteur comme vous. Mais je le connais et je garde sa parole.
Abraham votre père, a tressailli de joie de ce qu’il devait voir mon jour ; il l’a vu, et il s’est réjoui. »
Les Juifs lui dirent : « Vous n’avez pas encore cinquante ans, et vous avez vu Abraham ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cinquante ans. « Notre-Seigneur était beaucoup plus jeune, mais la cinquantième année était chez les juifs le terme fixé pour l’âge viril, l’âge parfait. C’est comme s’ils avaient dit : Vous n’avez pas encore atteint l’âge parfait, et vous avez vu Abraham ! » (CRAMPON)
Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Avant qu’Abraham eût été fait. La traduction ordinaire : Avant qu’Abraham fût, est, selon la remarque judicieuse de Bossuet, tout à fait inexacte, puisque l’être d’Abraham et celui de Jésus-Christ n’étaient ni les mêmes en soi ni expliqués par le même mot. Ajoutons que le grec, comme la Vulgate, emploie pour Abraham le verbe être fait, et pour Jésus-Christ, être, exister.
Alors ils prirent des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se cacha, et sortit du temple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A la montagne des Oliviers. Voir Matthieu, 21, 1.