Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Jean 6
Écouter
Crédits
Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :
- aucune utilisation commerciale ;
- aucune modification du contenu des fichiers ;
- paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.
Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.
Jésus s’en alla ensuite de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade.
Et une foule nombreuse le suivait, parce qu’elle voyait les miracles qu’il opérait sur ceux qui étaient malades.
Jésus monta sur la montagne, et là il s’assit avec ses disciples.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur la montagne ; c’est-à-dire sur la montagne voisine.
Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La Pâque. Voir Matthieu, 26, 2.
Jésus donc ayant levé les yeux, et voyant qu’une grande foule venait à lui, dit à Philippe : « Où achèterons-nous du pain pour que ces gens aient à manger ? »
Il disait cela pour l’éprouver, car lui, il savait ce qu’il devait faire.
Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un morceau. »
Un de ses disciples, André, frère de Simon-Pierre, lui dit :
« Il y a ici un jeune homme qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? »
Jésus dit : « Faites les asseoir. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. L’herbe pousse abondamment sur certaines montagnes de la Palestine. Le P. de Géramb dit de celle des Béatitudes : « Arrivés au pied de cette montagne, nous fûmes arrêtés par la hauteur de l’herbe. Elle était si élevée qu’elle atteignait presque la tête de nos chevaux, et si épaisse qu’elle obstruait tout le passage. Nos janissaires furent obligés de la faucher avec leurs sabres pour nous ouvrir un chemin. »
Jésus prit les pains, et ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis ; il leur donna de même des deux poissons, autant qu’ils en voulurent.
Lorsqu’ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : « Recueillez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde. »
Ils les recueillirent, et remplirent douze corbeilles des morceaux qui étaient restés des cinq pains d’orge, après qu’ils eurent mangé.
Ces hommes ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient : « Celui-ci est vraiment le Prophète qui doit venir dans le monde. »
Sachant donc qu’ils allaient venir l’enlever pour le faire roi, Jésus se retira de nouveau, seul, sur la montagne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 14, 23 ; Marc, 6, 46.
Le soir venu, les disciples descendirent au bord de la mer ;
et étant montés dans une barque, ils traversaient la mer dans la direction de Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vers Capharnaüm. Voir Matthieu, 4, 13.
Cependant la mer, soulevée par un grand vent, était agitée.
Quand ils eurent ramé environ vingt-cinq à trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s’approchant de la barque ; et ils eurent peur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vingt-cinq à trente stades équivalent à cinq ou six kilomètres.
Mais il leur dit : « C’est moi, ne craignez point. »
Ils voulurent donc le prendre dans la barque, et aussitôt, la barque se trouva au lieu où ils allaient.
Le jour suivant, la foule qui était restée de l’autre côté de la mer, avait remarqué qu’il n’y avait là qu’une seule barque, et que Jésus n’y était point entré avec ses disciples, mais que ceux-ci étaient partis seuls.
— D’autres barques, cependant, étaient arrivées de Tibériade près du lieu où le Seigneur, après avoir rendu grâces, leur avait donné à manger. —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tibériade, sur les bords du lac auquel elle a donné son nom, fut bâtie, d’après Josèphe, par Hérode Antipas, et ainsi nommée par son fondateur en l’honneur de l’empereur Tibère. Cette ville fut la capitale de la Galilée depuis sa fondation jusqu’au règne d’Hérode Agrippa II qui rétablit le siège de son gouvernement à Séphoris, ancienne capitale de la province. Plusieurs de ses habitants étaient Grecs et Romains. Dans le voisinage, il y avait des eaux thermales célèbres chez les Latins. Le Sanhédrin s’y fixa vers le milieu du second siècle de notre ère, et des écoles juives très renommées y fleurirent pendant longtemps.
La foule donc, ayant vu que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, entra dans ces barques et se rendit à Capharnaüm pour chercher Jésus.
Et l’ayant trouvé de l’autre côté de la mer ils lui dirent : « Maître, quand êtes-vous venu ici ? »
Jésus leur repartit et leur dit : « En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.
Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera. Car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué d’un sceau. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
(?) Voir Matthieu, 3, 17 ; 17, 5 ; Jean, 1, 32.
Ils lui dirent : « Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu ? »
Jésus leur répondit : « Voici l’œuvre que Dieu demande, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Jean, 3, 23. (?) ― « La foi à laquelle Notre-Seigneur réduit ici (et souvent ailleurs) tous ses préceptes, ne consiste pas seulement à croire à la parole du Christ ; c’est la foi qui se livre à lui sans réserve, la foi pénétrée de charité, s’unissant à son objet et communiant à tout ce qu’il est. » (CRAMPON)
Ils lui dirent : « Quel miracle faites-vous donc afin que nous le voyions et que nous croyions en vous ? Quelles sont vos œuvres ?
Nos pères ont mangé la manne dans le désert, ainsi qu’il est écrit : Il leur a donné à manger le pain du ciel. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 16, 14 ; Nombres, 11, 7 ; Psaumes, 77, 24 ; Sagesse, 16, 20. ― Dans le désert du Sinaï.
Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel ; c’est mon Père qui donne le vrai pain du ciel.
Car le pain de Dieu, c’est le pain qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent donc : « Seigneur, donnez-nous toujours de ce pain. »
Jésus leur répondit : « Je suis le pain de vie : celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 24, 29.
Mais, je vous l’ai dit, vous m’avez vu, et vous ne croyez point.
Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai point dehors ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tout ce que ; c’est-à-dire tous ceux que. Voir, pour cette énallage, Matthieu, 18, 11 (?).
car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.
Or la volonté de celui qui m’a envoyé, est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.
Car c’est la volonté de mon Père [qui m’a envoyé], que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour. »
Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu’il avait dit : « Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel. »
Et ils disaient : « N’est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment donc dit-il : Je suis descendu du ciel ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 13, 55 ; Marc, 6, 3.
Jésus leur répondit : « Ne murmurez point entre vous.
Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les Prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement, vient à moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 54, 13.
Ce n’est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu ; celui-là a vu le Père.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 11, 27.
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.
Je suis le pain de vie.
Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 16, 13.
Voici le pain descendu du ciel, afin qu’on en mange et qu’on ne meure point.
Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour le salut du monde. »
Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant : « Comment cet homme peut-il donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et ne buvez, etc. Voir Matthieu, 26, 27. « “Celui, dit saint Basile, qui est régénéré, qui a la vie par le baptême, doit l’entretenir en lui par la participation aux mystères sacrés.” C’est pour cela que l’Eglise fait un devoir rigoureux de s’approcher, au moins une fois chaque année, de la table du Seigneur. Il ne suit pas, d’ailleurs, de ces paroles, que tous doivent nécessairement recevoir Notre-Seigneur sous les deux espèces du pain et du vin ; car comme il arrive souvent dans le style biblique, la conjonction et est mise ici pour ou ; en outre, on sait que Jésus-Christ est présent tout entier sous chaque espèce. La communion sous les deux espèces n’est de rigueur que pour les prêtres qui offrent le sacrifice de la Messe, où l’immolation du Sauveur et l’effusion de son sang sont représentées par la distinction des espèces sacramentelles. » (CRAMPON)
Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 11, 27.
Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi.
C’est là le pain qui est descendu du ciel : il n’en est point comme de vos pères qui ont mangé la manne et sont morts ; celui qui mange de ce pain vivra éternellement. »
Jésus dit ces choses, enseignant dans la synagogue à Capharnaüm.
Beaucoup de ses disciples, l’ayant entendu, dirent : « Cette parole est dure, et qui peut l’écouter ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Enseignant dans la synagogue. Voir Matthieu, 4, 23 et Luc, 4, 16.
Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit : « Cela vous scandalise ?
Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter où il était auparavant ?…
C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie.
Commentaire (versets 62 à 63) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 62 à 63 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Vous ne croyez pas maintenant que je puisse vous donner ma chair à manger, et mes paroles à cet égard vous scandalisent ; mais en serait-il de même, si vous me voyiez monter au ciel ? Ce miracle ne vous prouverait-il pas la vérité de ce que je vous assure ?
Mais il y en a parmi vous quelques-uns qui ne croient point. « Car Jésus savait, dès le commencement, qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le trahirait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La chair seule sans l’esprit ne sert à rien. C’est en vain que l’on reçoit le corps de Jésus-Christ d’une manière sensible et corporelle, si l’on ne le reçoit en esprit et par la foi. ― Les paroles de Jésus-Christ sont en effet esprit et vie, puisqu’elles contiennent la promesse d’un sacrement dans lequel on peut recevoir d’une manière miraculeuse, l’esprit la grâce et la vie dans sa source.
Et il ajouta : « C’est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par mon Père. »
Dès ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui.
Jésus donc dit aux Douze : « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? »
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle.
Et nous, nous avons cru et nous avons connu que vous êtes le Saint de Dieu. »
Jésus leur répondit : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze ? Et l’un de vous est un démon. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 16, 16 ; Marc, 8, 29 ; Luc, 9, 20.
Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote, car c’était lui qui devait le trahir, lui, l’un des Douze.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 14, 13 ; Marc, 6, 32 ; Luc, 9, 10. ― Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée. Voir Matthieu, note 14.13. ― Sur Tibériade, voir au verset 23.