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Genèse 3

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahweh Dieu ait faits. Il dit à la femme : « Est-ce que Dieu aurait dit : “Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ?” »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par le serpent, il faut entendre dans tout le récit le démon qui a pris la forme de ce reptile. ― « Osons le dire, tout a ici en apparence un air fabuleux, dit Bossuet. Un serpent parle, une femme écoute ; un homme si parfait et si éclairé se laisse entraîner à une tentation grossière ; tout le genre humain tombe avec lui dans le péché et dans la mort : tout cela paraît insensé. Mais c’est ici que commence la vérité de cette sublime sentence de saint Paul : Ce qui est en Dieu une folie apparente est plus sage que la sagesse des hommes… Ne regardons pas [la finesse du serpent] comme la finesse d’un animal sans raison, mais comme la finesse du diable, qui, par une permission divine, était entré dans le corps de cet animal. Comme Dieu paraissait à l’homme sous une forme sensible, il en était de même des anges… Il était juste, l’homme étant composé de corps et d’âme, que Dieu se fit connaître à lui selon l’un et l’autre, selon le sens comme selon l’esprit. Il en était de même des anges qui conversaient avec l’homme, en telle forme que Dieu permettait et sous la figure des animaux. Eve ne fut donc point surprise d’entendre parler un serpent, comme elle ne le fut pas de voir Dieu même paraître sous une forme sensible. » ― Pourquoi ? « Le tentateur procède par interrogation et tâche d’abord de produire un doute. La première faute d’Eve, c’est de l’avoir écouté et d’être entrée avec lui en raisonnement. La première faute de ceux qui errent, c’est de douter. » (BOSSUET.)

La femme répondit au serpent : « Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nous mangeons, etc. « Telle fut la réponse d’Eve, où il n’y a rien que de véritable, puisqu’elle ne fait que répéter le commandement du Seigneur. Il ne s’agit donc pas de bien répondre ou de dire de bonnes choses, mais de les dire à propos. Eve eut dû ne point parler du tout au tentateur, qui lui venait demander des raisons d’un commandement où il n’y avait qu’à obéir et non point à raisonner. » (BOSSUET.)

Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. »

Le serpent dit à la femme : « Non, vous ne mourrez point ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Corinthiens, 11, 3. ― Vous ne mourrez pas de mort. Voir note 2.17. ― Le serpent « vit qu’Eve était éblouie de la nouveauté et que déjà elle entrait dans le doute qu’il lui voulait suggérer, il ne garde plus de mesures ; il flatte l’orgueil, il pique et excite la curiosité. L’orgueil entra avec ces paroles : Vous serez comme des dieux. Celles-ci : Vous saurez le bien et le mal, excitèrent la curiosité. » (BOSSUET.)

mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal. »

La femme vit que le fruit de l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et désirable pour acquérir l’intelligence ; elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 25, 33 ; 1 Timothée, 2, 14. ― La femme vit… « Eve commence à regarder ce fruit défendu et c’est un commencement de désobéissance. C’est vouloir être réduite que de se rendre attentive à la beauté et au goût qui lui avait été interdit. La voilà donc occupée des beautés de cet objet défendu et comme convaincue que Dieu était trop sévère de leur défendre l’usage d’une chose si belle, sans songer que le péché ne consiste pas à user des choses mauvaises par leur nature, puisque Dieu n’en avait point fait ni n’en pouvait faire de telles, mais à mal user des bonnes. Ces regards attentifs sur l’agrément et sur le bon goût de ce beau fruit firent entrer jusque dans la moelle des os l’amour du plaisir des sens. » ― Et en donna à son mari. « Le serpent ne poussa pas plus loin la tentation du dehors, et content d’avoir bien instruit et persuadé son ambassadeur, il laissa faire le reste à Eve séduite. Il lui avait parlé non seulement pour elle, mais encore pour son mari. Le démon ne se trompa pas en croyant que sa parole portée par Eve à Adam aurait plus d’effet que s’il la lui eût portée lui-même. (Adam) céda plutôt à Eve par complaisance que convaincu par ses raisons. Il ne voulut point contrister cette seule et chère compagne. A la fin il donna dans la séduction. » (BOSSUET.)

Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; et, ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures.

Alors ils entendirent la voix de Yahweh Dieu passant dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent de devant Yahweh Dieu au milieu des arbres du jardin.

Mais Yahweh Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu ? »

Il répondit : « J’ai entendu ta voix, dans le jardin, et j’ai eu peur, car je suis nu ; et je me suis caché. »

Et Yahweh Dieu dit : « Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? »

L’homme répondit : « La femme que vous avez mise avec moi m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. »

Yahweh Dieu dit à la femme : « Pourquoi as-tu fait cela ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’en ai mangé. »

Yahweh Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux domestiques et toutes les bêtes des champs ; tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie.

Et je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; celle-ci te meurtrira à la tête, et tu la meurtriras au talon. »

Commentaire (versets 14 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 14 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Le serpent est celui des animaux que l’homme a le plus en horreur, et qu’il désire le plus de détruire. Le démon ayant élevé le serpent au-dessus de sa condition naturelle en l’embellissant par ses prestiges, en lui donnant une attitude plus noble, Dieu lui ôte ses qualités, et le réduit à la condition de ramper sur le ventre. ― Le serpent se nourrit de semences et d’insectes qui se trouvent dans la terre. ― La malédiction que Dieu prononce ici regarde tout à la fois et le serpent et le démon. Cette femme qui doit briser la tête du serpent est la très sainte Vierge, qui ruina l’empire du démon en donnant naissance à Jésus-Christ.

À la femme il dit : « je multiplierai tes souffrances, et spécialement celles de ta grossesse ; tu enfanteras des fils dans la douleur ; ton désir se portera vers ton mari, et il dominera sur toi. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Corinthiens, 14, 34. ― Tes fatigues ; c’est-à-dire les incommodités qu’éprouve une femme enceinte, comme le malaise, les langueurs, les dégoûts, etc. ― Tes grossesses ; ou plutôt, les douleurs, les tourments de la grossesse.

Il dit à l’homme : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras pas, le sol est maudit à cause de toi. C’est par un travail pénible que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie ;

il te produira des épines et des chardons, et tu mangeras l’herbe des champs.

C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre, parce que c’est d’elle que tu as été pris ; car tu es poussière et tu retourneras en poussière. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le pain est mis souvent dans l’Ecriture pour la nourriture en général. ― « La souffrance infligée comme châtiment à la femme et le travail que doit subir Adam satisfont à la règle de la justice. En elle-même, la loi du travail n’est point une loi de douleur et de souffrance ; c’est le péché, c’est la chute d’Adam qui fait ajouter la peine au travail, la sueur au pain que l’homme doit manger. » (A. PELLISSIER.)

Adam donna à sa femme le nom d’Ève, parce qu’elle a été la mère de tous les vivants.

Yahweh Dieu fit à Adam et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit.

Et Yahweh Dieu dit : « Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Maintenant, qu’il n’avance pas sa main, qu’il ne prenne pas aussi de l’arbre de vie, pour en manger et vivre éternellement. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme l’un de nous. Comparer à Genèse, 1, 26.

Et Yahweh Dieu le fit sortir du jardin d’Eden, pour qu’il cultivât la terre d’où il avait été pris.

Et il chassa l’homme, et il mit à l’orient du jardin d’Eden les Chérubins et la flamme de l’épée tournoyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie.