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1 Samuel 2

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Anne pria et dit : Mon cœur tressaille de joie en Yahweh, ma corne a été élevée par Yahweh, ma bouche est ouverte sur mes ennemis, car je me suis réjouie de ton secours.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ma force ; littéralement ma corne. Chez les anciens la corne était un symbole de la force et de la puissance. ― Ma bouche s’est dilatée, ouverte pour répondre à mes ennemis. Phénenna, sa rivale, l’insultait auparavant à cause de sa stérilité.

Nul n’est saint comme Yahweh, car il n’y a pas d’autre Dieu que toi ; il n’y a pas de rocher comme notre Dieu.

Ne prononcez pas tant de paroles hautaines, qu’un langage arrogant ne sorte pas de votre bouche. Car Yahweh est un Dieu qui sait tout, et les actions de l’homme ne subsistent pas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

C’est pour lui ; ou peut-être : C’est par lui ; ce qui s’accorderait mieux avec ce qui précède immédiatement. Remarquons aussi que la particule hébraïque, rendue ici dans la Vulgate par le datif, signifie souvent par, quand elle se trouve jointe à un verbe passif.

L’arc des puissants est brisé, et les faibles ont la force pour ceinture.

Ceux qui étaient rassasiés se louent pour du pain, et ceux qui étaient affamés n’ont plus faim ; même la stérile enfante sept fois, et celle qui avait beaucoup de fils se flétrit.

Yahweh fait mourir et il fait vivre, il fait descendre au séjour des morts et il en fait remonter.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 32, 39 ; Tobie, 13, 2 ; Sagesse, 16, 13. ― Aux enfers, en hébreu scheôl. Voir Genèse, note 37.35.

Yahweh appauvrit et il enrichit, il abaisse et il élève.

De la poussière il retire le pauvre, du fumier il relève l’indigent, pour les faire asseoir avec les princes, et il leur donne en partage un trône de gloire. Car à Yahweh sont les colonnes de la terre, et sur elles il a posé le globe.

Il gardera les pas de ses pieux, mais les méchants périront dans les ténèbres. Car l’homme ne l’emportera pas par la force.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il gardera, etc. ; il conduira leurs pas, les préservera des pièges.

Yahweh ! Ses ennemis seront brisés ; du haut du ciel il tonnera sur eux, Yahweh jugera les extrémités de la terre. Il donnera la puissance à son roi, et il élèvera la corne de son oint.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par son christ, le paraphraste chaldéen et les meilleurs interprètes entendent le Messie. ― C’est pour la première fois que le nom de Messie ou Christ apparaît dans la sainte Ecriture. « Le paraphraste chaldéen et les meilleurs interprètes, dit Calmer, entendent ceci du Messie et de son royaume sur l’Eglise. Il donnera la force à son roi, dit Jonathan, et il multipliera le royaume de son Messie. On l’explique aussi de David, qui a été une des plus expressives images de Jésus-Christ. Anne, ou plutôt le Saint-Esprit, pouvait avoir en vue en même temps ces deux grands objets : le changement de l’état présent des Hébreux de patriarcal en monarchique, et le règne glorieux du Messie. » Les sentiments exprimés par Anne dans son cantique sont si beaux que la sainte Vierge se les est appropriés en partie dans son Magnificat.

Elcana s’en alla dans sa maison à Rama, et l’enfant resta au service de Yahweh, devant le prêtre Héli.

Or les fils d’Héli étaient des hommes de Bélial, ils ne connaissaient point Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bélial. Voir Deutéronome, 13, 13.

Et voici la manière d’agir de ces prêtres à l’égard du peuple. Lorsque quelqu’un offrait un sacrifice, le serviteur du prêtre venait, pendant qu’on faisait bouillir la chair, tenant à la main une fourchette à trois dents ;

il la plongeait dans la chaudière, dans le chaudron, dans la marmite ou dans le pot, et tout ce que la fourchette amenait, le prêtre le prenait pour lui. C’est ainsi qu’ils agissaient à l’égard de tous les Israélites qui venaient là, à Silo.

Même avant qu’on fît brûler la graisse, le serviteur du prêtre venait et disait à l’homme qui offrait le sacrifice : « Donne-moi de la chair à rôtir pour le prêtre ; il ne recevra pas de toi de chair bouillie, mais seulement de la chair crue. »

Et si l’homme lui disait : « Qu’on fasse d’abord fumer la graisse ; tu prendras ensuite ce que tu voudras, » le serviteur répondait : « Non, tu en donneras maintenant ; sinon, j’en prendrai de force. »

Le péché de ces jeunes gens était très grand devant Yahweh, parce que ces hommes attiraient le mépris sur les offrandes de Yahweh.

Samuel faisait le service devant Yahweh : l’enfant était revêtu d’un éphod de lin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’un éphod. Voir Exode, note 25.7.

Sa mère lui faisait une petite robe, qu’elle lui apportait chaque année, lorsqu’elle montait avec son mari, pour offrir le sacrifice annuel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Aux jours prescrits. Voir 1 Rois, 2, 3.

Héli bénit Elcana et sa femme, en disant : « Que Yahweh te donne des enfants de cette femme, pour le don qu’elle a fait à Yahweh ! » Et ils s’en retournèrent chez eux.

Yahweh visita Anne, et elle conçut et enfanta trois fils et deux filles. Et le jeune Samuel grandissait en la présence de Yahweh.

Héli était très vieux, et il apprit comment ses fils agissaient à l’égard de tout Israël, et qu’ils couchaient avec les femmes qui servaient à l’entrée de la tente de réunion.

Il leur dit : « Pourquoi faites-vous de telles choses ? Car j’apprends de tout le peuple vos mauvaises actions.

Non, mes enfants, la rumeur que j’entends n’est pas bonne ; on fait pécher le peuple de Yahweh.

Si un homme pèche contre un autre homme, Dieu intervient comme arbitre ; mais si c’est contre Yahweh qu’il pèche, qui intercédera pour lui ? » Et ils n’écoutaient point la voix de leur père, car Yahweh voulait les faire mourir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mais si c’est contre le Seigneur, etc. Les fautes d’un homme contre un autre homme sont plus faciles à pardonner, parce qu’elles regardent Dieu d’une manière en quelque sorte moins directe ; mais si nous l’attaquons immédiatement en profanant son nom, en souillant ses mystères, en rendant méprisables sa religion et ses cérémonies, qui s’intéressera à nous réconcilier avec lui ? quels moyens emploierons-nous pour fléchir sa justice ? Ainsi, bien que notre pardon ne soit pas en ce cas impossible, il devient au moins d’une plus grande difficulté. ― Parce que le Seigneur, etc. Parce que le Seigneur voulut les abandonner à eux-mêmes, et qu’il ne leur donna pas ces grâces extraordinaires, qui auraient triomphé de la dureté de leur cœur, mais dont ils s’étaient rendus indignes par leurs infidélités, et en comblant la mesure de leurs crimes. Comparer à Exode, 4, 21 ; Romains, 9, 18.

Le jeune Samuel continuait à grandir, et il était agréable à Yahweh et aux hommes.

Un homme de Dieu vint auprès d’Héli et lui dit : « Ainsi parle Yahweh : Ne me suis-je pas clairement révélé à la maison de ton père, lorsqu’ils étaient en Égypte dans la maison de Pharaon ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un homme de Dieu ; c’est-à-dire un prophète. Comparer à 1 Rois, 9, 6. ― Ton père Aaron.

Je l’ai choisi d’entre toutes les tribus d’Israël pour être mon prêtre, pour monter à mon autel, pour faire fumer l’encens, pour porter l’éphod devant moi ; et j’ai donné à la maison de ton père toutes les offrandes des enfants d’Israël faites par le feu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De tous les sacrifices ; littéralement de toutes les choses des sacrifices, de tout ce qui revenait au prêtre dans les sacrifices.

Pourquoi avez-vous foulé aux pieds mes sacrifices et mes oblations, que j’ai ordonné d’offrir dans ma demeure ? Et pourquoi as-tu honoré tes fils plus que moi, en vous engraissant du meilleur de toutes les offrandes d’Israël, mon peuple ?

C’est pourquoi, voici la parole de Yahweh, le Dieu d’Israël : J’avais déclaré que ta maison et la maison de ton père marcheraient devant moi à perpétuité. Et maintenant, dit Yahweh, qu’il n’en soit plus ainsi ! Car j’honorerai ceux qui m’honorent, et ceux qui me méprisent seront méprisés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 3 Rois, 2, 27. ― Parlant, j’ai parlé. Nous avons déjà remarqué que ce genre de répétition avait pour but de donner à l’expression de la force et de l’énergie.

Voici que les jours viennent où je retrancherai ton bras et le bras de la maison de ton père, en sorte qu’il n’y aura plus de vieillard dans ta maison.

Tu verras ta demeure humiliée, pendant que Dieu comblera de biens Israël ; et il n’y aura plus jamais de vieillard dans ta maison.

Je ne ferai pas disparaître de mon autel tout homme des tiens, afin que tes yeux se consument et que ton âme défaille ; mais tout rejeton de ta maison mourra dans la force de l’âge.

Et tu auras pour signe ce qui arrivera à tes deux fils, à Ophni et Phinées : ils mourront tous deux le même jour.

Et je me susciterai un prêtre fidèle, qui agira selon mon cœur et selon mon âme, je lui bâtirai une maison stable, et il marchera toujours devant mon oint.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce prêtre est Sadoc, dans la famille duquel demeura constamment le souverain sacerdoce. ― Devant mon christ, mon oint, c’est-à-dire le roi, qui devait être sacré par l’onction de l’huile. Cette prophétie annonce l’institution de la royauté en Israël.

Et quiconque restera de ta maison viendra se prosterner devant lui, pour avoir une pièce d’argent et un morceau de pain, et il dira : Mets-moi, je te prie, à quelqu’une des fonctions du sacerdoce, afin que j’aie un morceau de pain à manger. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Viendra, comme un simple Israélite demander au prêtre de prier pour lui en présentant pour ses offrandes, non point un bœuf, un veau, ou une brebis ; mais un pain et une petite pièce d’argent comme les personnes les plus pauvres.