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1 Samuel 15
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Samuel dit à Saül : « C’est moi que Yahweh a envoyé pour t’oindre comme roi sur son peuple, sur Israël ; écoute donc ce que dit Yahweh.
Ainsi parle Yahweh des armées : J’ai considéré ce qu’Amalec a fait à Israël, lorsqu’il s’est élevé contre lui sur le chemin, quand Israël montait d’Égypte.
Va maintenant, frappe Amalec, et dévoue par anathème tout ce qui lui appartient ; tu n’auras pas pitié de lui, et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et brebis, chameaux et ânes. »
Saül le fit savoir au peuple, qu’il passa en revue à Télaïm : il compta deux cent mille hommes de pied et dix mille hommes de Juda.
Saül s’avança jusqu’à la ville d’Amalec, et il mit une embuscade dans la vallée.
Saül dit aux Cinéens : « Allez, retirez-vous, descendez du milieu d’Amalec, de peur que je ne vous enveloppe avec lui ; car vous avez usé de bonté envers tous les enfants d’Israël, lorsqu’ils montèrent d’Égypte. » Et les Cinéens se retirèrent du milieu d’Amalec.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il paraît qu’il y avait un Cinéen auprès de Saül ; c’est ce qui explique ce changement de nombre dans le même verset. Or, les Cinéens, descendants de Jéthro, parent de Moïse, avaient montré beaucoup d’attachement aux Israélites. Voisins des Amalécites, ils s’étaient mêlés avec eux ; c’est pour cela que Saül les engage à se séparer de ce peuple, qu’il avait ordre d’exterminer.
Saül battit Amalec depuis Hévila jusqu’à Sur, qui est à l’est de l’Égypte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Depuis Hévila jusqu’à ce qu’on vienne à Sur. Voir Genèse, 25, 18.
Il prit vivant Agag, roi d’Amalec, et il dévoua tout le peuple par anathème, en le passant au fil de l’épée.
Mais Saül et le peuple épargnèrent Agag, ainsi que le meilleur des brebis, des bœufs, des bêtes de la seconde portée, les agneaux et tout ce qu’il y avait de bon ; ils ne voulurent pas le dévouer à l’anathème ; et tout ce qui était chétif et sans valeur, ils le vouèrent à l’anathème.
La parole de Yahweh fut adressée à Samuel, en ces termes :
« Je me repens d’avoir établi Saül pour roi, car il s’est détourné de moi, et il n’a pas exécuté mes paroles. » Samuel s’attrista, et il cria vers Yahweh toute la nuit.
Samuel se leva de bon matin pour aller à la rencontre de Saül ; et on avertit Samuel en disant : « Saül est allé à Carmel, et voici qu’il s’est élevé un monument ; puis il s’en est retourné et, passant plus loin, il est descendu à Galgala. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Carmel, ville de Juda, dont les ruines encore existantes ont conservé le nom antique, à environ trois heures au sud-est d’Hébron, entre Ziph et Maon. ― Un arc de triomphe. Le texte original porte une main, c’est-à-dire un cippe, une pierre destinée à conserver le souvenir de la victoire de Saül.
Samuel vint vers Saül, et Saül lui dit : « Sois béni de Yahweh ! J’ai exécuté la parole de Yahweh. »
Samuel dit : « Qu’est-ce donc que ce bêlement de brebis à mes oreilles, et ce mugissement de bœufs que j’entends ? »
Saül répondit : « Ils les ont amenés de chez les Amalécites, car le peuple a épargné le meilleur des brebis et des bœufs pour les sacrifier à Yahweh, ton Dieu ; le reste, nous l’avons voué à l’anathème. »
Samuel dit à Saül : « Assez ! Je vais te faire connaître ce que Yahweh m’a dit cette nuit. » Et Saül lui dit : « Parle ! »
Samuel dit : « Est-ce que, lorsque tu étais petit à tes propres yeux, tu n’es pas devenu le chef des tribus d’Israël, et Yahweh ne t’a-t-il pas oint pour roi sur Israël ?
Yahweh t’avait envoyé dans le chemin en disant : Va, et dévoue à l’anathème ces pécheurs, les Amalécites, et combats-les jusqu’à ce qu’ils soient exterminés.
Pourquoi n’as-tu pas écouté la voix de Yahweh, et t’es-tu jeté sur le butin, et as-tu fait ce qui est mal aux yeux de Yahweh ? »
Saül dit à Samuel : « Mais oui, j’ai écouté la voix de Yahweh, et j’ai marché dans le chemin où Yahweh m’envoyait. J’ai amené Agag, roi d’Amalec, et j’ai voué Amalec à l’anathème.
Et le peuple a pris, sur le butin des brebis et des bœufs, les prémices de l’anathème, pour les sacrifier à Yahweh, ton Dieu, à Galgala. »
Samuel dit : « Yahweh trouve-t-il du plaisir aux holocaustes et aux sacrifices, comme à l’obéissance à la voix de Yahweh ? L’obéissance vaut mieux que le sacrifice et la docilité que la graisse des béliers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 4, 17 ; Osée, 6, 6 ; Matthieu, 9, 13 ; 12, 7.
Car la rébellion est aussi coupable que la divination, et la résistance que l’idolâtrie et les théraphim. Puisque tu as rejeté la parole de Yahweh, il te rejette aussi pour que tu ne sois plus roi. »
Alors Saül dit à Samuel : « J’ai péché, car j’ai transgressé l’ordre de Yahweh et tes paroles ; je craignais le peuple et j’ai écouté sa voix.
Maintenant, je te prie, pardonne mon péché, reviens avec moi, et j’adorerai Yahweh. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Portez mon péché devant le Seigneur, en le priant de me pardonner.
Samuel dit à Saül : « Je ne reviendrai point avec toi, car tu as rejeté la parole de Yahweh, et Yahweh te rejette afin que tu ne sois plus roi sur Israël. »
Et, comme Samuel se tournait pour s’en aller, Saül saisit l’extrémité de son manteau, qui se déchira.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son manteau. Voir 1 Rois, 28, 14.
Et Samuel lui dit : « Yahweh a déchiré aujourd’hui de dessus toi la royauté d’Israël, et il l’a donnée à ton voisin qui est meilleur que toi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre prochain ; c’est-à-dire David. Voir 1 Rois, 28, 17.
Celui qui est la splendeur d’Israël ne ment point et ne se repent point, car il n’est pas un homme pour se repentir. »
Saül dit : « J’ai péché ! Maintenant, honore-moi, je te prie, en présence des anciens de mon peuple et en présence d’Israël ; reviens avec moi, et j’adorerai Yahweh, ton Dieu. »
Samuel revint et suivit Saül, et Saül adora Yahweh.
Et Samuel dit : « Amenez-moi Agag, roi d’Amalec. » Et Agag s’avança vers lui d’un air joyeux ; Agag disait : Certainement l’amertume de la mort est passée !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Est-ce ainsi, etc. Faut-il que la mort me sépare de tout ?
Samuel dit : « De même que ton épée a privé des femmes de leurs enfants, ainsi ta mère sera privée d’enfants, entre les femmes ! » Et Samuel coupa Agag en morceaux devant Yahweh, à Galgala.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Agag avait été un tyran cruel et sanguinaire ; Dieu le punit ici très justement pour ses forfaits.
Samuel partit pour Rama, et Saül monta dans sa maison, à Gabaa de Saül.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Ramatha, Ramathaïm-Sophim. Voir 1 Rois, 1, 1. ― A Gabaa, Tell el-Foul. Voir 1 Rois, 11, 4.
Et Samuel ne revit plus Saül jusqu’au jour de sa mort. Comme Samuel pleurait sur Saül, — car Yahweh s’était repenti d’avoir fait Saül roi sur Israël, —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 17, 8.