Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Juges 3
Écouter
Crédits
Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :
- aucune utilisation commerciale ;
- aucune modification du contenu des fichiers ;
- paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.
Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.
Voici les nations que Yahweh laissa en repos pour éprouver par elles Israël, tous ceux qui n’avaient pas connu toutes les guerres de Chanaan,
et cela uniquement pour l’instruction des générations d’Israël, afin de leur apprendre la guerre, à ceux-là du moins qui ne l’avaient pas connue auparavant.
Ces nations étaient : les cinq princes des Philistins, tous les Chananéens et les Sidoniens, et les Hévéens qui habitaient la montagne du Liban, depuis la montagne de Baal-Hermon jusqu’à l’entrée de Hamath.
Ces peuples devaient servir à mettre Israël à l’épreuve, pour savoir s’ils obéiraient aux commandements que Yahweh avait prescrits à leurs pères par Moïse.
Et les enfants d’Israël habitèrent au milieu des Chananéens, des Héthéens, des Amorrhéens, des Phérézéens, des Hévéens et des Jébuséens ;
ils prirent leurs filles pour femmes, et donnèrent à leurs fils leurs propres filles, et ils servirent leurs dieux.
Les enfants d’Israël firent ce qui est mal aux yeux de Yahweh ; oubliant Yahweh, ils servirent les Baals et les Aschéroth.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Baalim. Voir Juges, 2, 11. ― Astaroth, pluriel féminin hébraïque, signifie les idoles de la divinité, qui dans le texte original se produit sous la forme aschtoreth, ou mieux haschthoreth, et dans la Vulgate sous celle d’Astharthé. L’hébreu lit ici aschéroth, qui veut dire bois sacré, parce qu’on l’adorait plus particulièrement dans les bois. ― Astoreth ou Astarté avait beaucoup de traits de ressemblance avec Vénus. Elle est souvent nommée dans le livre des Juges, en compagnie de Baal. Il y avait d’ailleurs plusieurs Astoreths ou Astartés, comme il y avait plusieurs Baals : chaque Baal avait son Astarté, la multiplication du dieu impliquant la multiplication de la déesse. De même que Baal était quelquefois le ciel, Astarté était aussi la terre fécondée par le ciel. Mais de nombreux indices montrent aussi qu’elle est souvent la lune, emblème de la beauté féminine, de même que le soleil, qui fait pousser les plantes et dessèche, est le symbole de la force et de la destruction ; elle est le principe passif et productif, la mère, comme Baal est le principe actif et générateur, le père. Une figurine en albâtre du Musée du Louvre représente Astarté portant un croissant d’or au-dessus de sa tête, mais on la représente le plus souvent sous la forme d’un pieu symbolique.
La colère de Yahweh s’enflamma contre Israël, et il les vendit entre les mains de Chusan-Rasathaïm, roi de Mésopotamie, et les enfants d’Israël furent asservis huit ans à Chusan-Rasathaïm.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Chusan-Rasathaïm ne nous est connu que par ce passage du livre des Juges. ― Sur Amalec, voit Exode, 17, 8.
Les enfants d’Israël, crièrent vers Yahweh, et Yahweh leur suscita un libérateur qui les délivra, Othoniel, fils de Cénez, frère cadet de Caleb.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un sauveur qui les délivra ; ce qui semblerait donner à ce verbe le mot Seigneur pour sujet. Mais voir Josué, 24, 7.
L’Esprit de Yahweh vint sur lui ; il jugea Israël et partit pour la guerre ; Yahweh livra entre ses mains Chusan-Rasathaïm, roi de Mésopotamie, et sa main fut puissante contre Chusan-Rasathaïm.
Le pays fut en repos pendant quarante ans, et Othoniel, fils de Cénez, mourut.
Les enfants d’Israël firent de nouveau ce qui est mal aux yeux de Yahweh, et Yahweh fortifia Églon, roi de Moab, contre Israël, parce qu’ils faisaient ce qui est mal aux yeux de Yahweh.
Églon s’adjoignit les fils d’Ammon et Amalec, et il se mit en marche. Il battit Israël, et ils s’emparèrent de la ville des Palmiers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La ville des Palmes, probablement Jéricho.
Les enfants d’Israël furent asservis dix-huit ans à Églon, roi de Moab.
Les enfants d’Israël crièrent vers Yahweh, et Yahweh leur suscita un libérateur, Aod, fils de Géra, Benjamite, qui ne se servait pas de la main droite. Les enfants d’Israël envoyèrent par lui un présent à Églon, roi de Moab.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aod… se servait des deux mains comme de la droite. Aod n’était pas le seul Israélite habitué à se servir également des deux mains dans le combat. Les Benjamites, à la tribu desquels appartenait Aod, étaient célèbres comme archers et comme frondeurs, comme également habiles à se servir de la main gauche et de la main droite, et capables de frapper un cheveu avec leur fronde, voir Juges, 20, 16 ; 1 Paralipomènes, 12, 2. Mucius Scævola, qui se rendit célèbre chez les Romains par un acte semblable à celui d’Aod, était aussi gaucher ; et c’est la signification même de son surnom de Scævola.
Aod se fit une épée à deux tranchants, longue d’une coudée, et il la ceignit sous ses vêtements, sur sa hanche droite.
Il offrit le Présent à Églon, roi de Moab ; or Églon était un homme très gras.
Lorsqu’il eut achevé d’offrir le présent, il renvoya les gens qui avaient apporté le présent.
Et lui-même revint depuis les idoles qui sont près de Galgala, et il dit : « Ô roi, j’ai quelque chose de secret à te dire. » Le roi dit : « Silence ! » Et tous ceux qui étaient auprès de lui sortirent.
Aod l’aborda comme il était assis seul dans sa chambre d’été, et il dit : « J’ai pour toi une parole de Dieu. » Églon se leva de son siège.
Alors Aod, avançant la main gauche, tira l’épée qui était sur sa hanche droite, et la lui enfonça dans le ventre.
La poignée même entra après la lame, et la graisse se referma sur la lame ; car il ne retira pas l’épée de son ventre, et la lame sortit par derrière.
Commentaire (versets 19 à 22) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 19 à 22 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Si on était obligé de justifier cette conduite d’Aod, on pourrait dire qu’il croyait, d’après les préjugés du temps, et le droit de la guerre, beaucoup plus rigoureux à cette époque reculée qu’il ne l’est aujourd’hui, qu’il lui était permis de recourir à un pareil stratagème. N’est-il pas possible d’ailleurs que Dieu ait suscité ce général pour sauver son peuple, sans lui inspirer ce meurtre ? ― Chez tous les peuples et dans tous les temps, on a admiré le sang-froid, l’audace, le courage et le dévouement qu’indiquent, dans leurs auteurs, des actes comme ceux d’Aod, quoique ces actes ne soient pas du tout point irrépréhensibles. Les Athéniens ont chanté les louanges d’Harmodius et d’Aristogiton, les Romains ont glorifié Mucius Scævola.
Aod sortit par l’escalier extérieur, ferma sur Églon les portes de la chambre haute et tira le verrou.
Quand il fut sorti, les serviteurs du roi vinrent et regardèrent ; et voici que les portes de la chambre haute étaient fermées au verrou. Ils dirent : « Sans doute il se couvre les pieds dans la chambre d’été. »
Ils attendirent longtemps jusqu’à en avoir honte, et, comme il n’ouvrait pas les portes de la chambre haute, ils prirent la clef et ouvrirent ; et voici que leur maître gisait par terre, sans vie.
Pendant leurs délais, Aod prit la fuite, dépassa les idoles et se sauva à Séïrath.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Séirath, localité inconnue de la montagne d’Ephraïm.
Aussitôt arrivé, il sonna de la trompette dans la montagne d’Éphraïm. Les enfants d’Israël descendirent avec lui de la montagne, et il se mit à leur tête.
Il leur dit : « Suivez-moi ! car Yahweh a livré entre vos mains vos ennemis, les Moabites. » Ils descendirent à sa suite, s’emparèrent des gués du Jourdain vis-à-vis de Moab, et ne laissèrent passer personne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Personne ; c’est-à-dire aucun des Moabites. ― Il n’y avait pas de ponts sur le Jourdain ; on ne pouvait le passer qu’à gué.
Ils battirent Moab en ce temps-là, environ dix mille hommes, tous robustes et tous vaillants, et pas un n’échappa.
En ce jour, Moab fut humilié sous la main d’Israël, et le pays fut en repos pendant quatre-vingt ans.
Après lui, il y eut Samgar, fils d’Anath, qui battit six cents hommes des Philistins avec un aiguillon à bœufs ; lui aussi fut un libérateur d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’entre les Philistins. Sur les Philistins, voir Juges, note 13.1.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les cinq satrapes, etc. Ces mots se rapportant à : Voici les nations, etc., 1er du verset dont ils sont l’explicatif ; mais ils sont à l’accusatif, parce qu’on peut les considérer aussi comme complément du verbe, qui les précède immédiatement, livrer bataille, ou abandonner (verset 1). ― Baal-Hermon. Voir Josué, 11, 17. ― Emath. Voir 2 Rois, 7, 9.