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Juges 6

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Les enfants d’Israël firent ce qui est mal aux yeux de Yahweh, et Yahweh les livra entre les mains de Madian, pendant sept ans.

La main de Madian fut puissante contre Israël. À cause de Madian, les enfants d’Israël se firent les antres qui sont dans les montagnes, les cavernes et les hauteurs fortifiées.

Quand Israël avait semé, Madian montait avec Amalec et les fils de l’Orient, et ils marchaient contre lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tous les autres peuples des nations orientales. En hébreu, Benê-Qédem, ou Fils de l’Orient, désignent toujours dans la Bible les Arabes nomades ou Bédouins qui habitent l’Arabie déserte, depuis la Pérée jusqu’à l’Euphrate. Voir Juges, 6, vv. 3, 33 ; 7, 12 ; Job, 1, 3 ; 3 Rois, 5, 10 ; Isaïe, 11, 14 ; Jérémie, 49, 28 (où Benê-Qédem désigne spécialement les Benê-Qêdar ou habitants du Hauran) ; Ezéchiel, 25, vv. 4, 10.

Campés en face d’Israël, ils dévastaient les productions de le terre jusque près de Gaza, et ne laissaient aucune subsistance en Israël, ni brebis, ni bœufs, ni ânes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des moissons ; littéralement des herbes ; hébraïsme, du produit de la terre. ― Jusqu’à Gaza. Voir Josué, 10, 41.

Car ils montaient avec leurs troupeaux et leurs tentes, et venaient nombreux comme des nuées de sauterelles ; eux et leurs chameaux étaient innombrables, et ils venaient dans le pays pour le dévaster.

Israël fut très affaibli à cause de Madian, et les enfants d’Israël crièrent vers Yahweh.

Lorsque les enfants d’Israël eurent crié vers Yahweh au sujet de Madian,

Yahweh envoya un prophète aux enfants d’Israël. Il leur dit : « Ainsi parle Yahweh le Dieu d’Israël : Je vous ai fait monter de l’Égypte, et je vous ai fait sortir de la maison de servitude.

Je vous ai délivrés de la main des Égyptiens et de la main de tous vos oppresseurs ; je les ai chassés devant vous, et je vous ai donné leur pays.

Je vous ai dit : je suis Yahweh, votre Dieu ; vous ne craindrez point les dieux des Amorrhéens dans le pays desquels vous habitez. Mais vous n’avez pas écouté ma voix. »

Et l’Ange de Yahweh vint, et il s’assit sous le térébinthe d’Éphra, qui appartenait à Joas, de la famille d’Abiéser. Gédéon, son fils, battait le froment dans le pressoir, pour le mettre à l’abri de Madian.

L’Ange de Yahweh lui apparut et lui dit : « Yahweh est avec toi, vaillant héros. »

Gédéon lui dit : « Ah ! mon seigneur, si Yahweh est avec nous, pourquoi toutes ces choses nous sont-elles arrivées ? Et où sont tous ses prodiges que nos pères nous ont racontés, en disant : Yahweh ne nous a-t-il pas fait monter de l’Égypte ? Et maintenant Yahweh nous abandonne et nous livre entre les mains de Madian. »

Yahweh se tourna vers lui et dit : « Va avec cette force que tu as, et délivre Israël de la main de Madian ; ne t’ai-je pas envoyé ? »

Gédéon lui dit : « Ah ! Seigneur, avec quoi délivrerai-je Israël ? Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père. »

Yahweh lui dit : « Je serai avec toi, et tu battras Madian comme un seul homme. »

Gédéon lui dit : « Si j’ai trouvé grâce à vos yeux, donnez-moi un signe que c’est vous qui me parlez.

Ne vous éloignez point d’ici jusqu’à ce que je revienne auprès de vous, que j’apporte mon offrande et que je la dépose devant vous. » Et Yahweh dit : « Je resterai jusqu’à ce que tu reviennes. »

Gédéon, étant entré, apprêta un chevreau et, avec un épha de farine, il fit des pains sans levain ; puis, ayant mis la chair dans une corbeille et le jus dans un vase, il les lui apporta sous le térébinthe et les lui offrit.

L’Ange de Yahweh lui dit : « Prends la chair et les pains sans levain, pose-les sur ce rocher, et verse le jus. » Et il fit ainsi.

L’Ange de Yahweh étendit l’extrémité du bâton qu’il avait à la main, et toucha la chair et les pains sans levain. Aussitôt le feu s’éleva du rocher, et consuma la chair et les pains sans levain, et l’Ange de Yahweh disparut à ses yeux.

Gédéon vit que c’était l’Ange de Yahweh et Gédéon dit : « Malheur à moi, Seigneur Yahweh, car j’ai vu l’Ange de Yahweh face à face. »

Yahweh lui dit : « Sois en paix, ne crains point, tu ne mourras pas. »

Gédéon bâtit là un autel à Yahweh et l’appela : « Yahweh-Schalôm ; » cet autel existe encore aujourd’hui à Éphra d’Abiéser.

Commentaire (versets 11 à 24) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 11 à 24 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Quoi qu’en disent les incrédules et les mythologues de nos jours, il n’y a rien dans l’histoire de Gédéon qui, en bonne critique, autorise à la regarder comme un tissu de faussetés et d’aventures ridicules, ni comme une pure fiction mythique. Jusqu’au présent, etc. Il y a devant cette expression l’ellipse de la phrase : Et il a été ainsi appelé. Comparer à Juges, 1, 26.

Cette nuit-là, Yahweh dit à Gédéon : « Prends le jeune taureau de ton père, et le second taureau de sept ans. Renverse l’autel de Baal qui est à ton père, et coupe l’aschéra qui est auprès.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Baal. Baal était le principal dieu chananéen. Baal signifie le Seigneur, le Maître, et ce nom devait être un des noms primitifs du vrai Dieu. On le représenta d’abord sous la forme d’une pierre conique, voir 4 Rois, note 3.2. Dans les derniers temps, on le figura la tête entourée de rayons. C’était en effet le soleil divinisé, et aussi la nature considérée comme dieu. On distingua un grand nombre de Baals, qu’on considéra peu à peu comme des dieux différents, mais qui n’étaient en réalité que des personnifications des attributs du baal principal ou bien ce Baal honoré en des lieux différents. Considéré comme présidant aux traités et aux alliances, il devint Baal-Berith, voir Juges, 9, 4 ; comme roi, il prit chez les Ammonites le nom de Moloch, Milcom ou Malkom ; comme dieu des mouches, ces insectes si nombreux et si désagréables en Palestine, il fut appelé Béelzébub, voir 4 Rois, 1, 2. Sur le mont Hermon, on l’appelait Baalhermon, voir Juges, 3, 3, et Baalgad : à Hazor, il devenait Baalhazor, voir 2 Rois, 13, 23 ; à Péor ou Phégor, Béelphégor ; comme maître des cieux, c’était Baal-samaïm ; comme dieu-soleil, c’était Baal-salakh, le dieu qui lance ses rayons ou Baal-haman, le dieu flamboyant. Le Baal, père des autres Baals, quand le souvenir de l’unité primitive de Dieu eut été oubliée, fut appelé avec l’article le Baal par excellence. Il exerça son influence sur les fruits de la terre, et les autres Baals, qui étaient censés être plus jeunes, représentèrent les influences spéciales du soleil et de la terre. ― On célébrait son culte avec une grande pompe, puisque du temps du prophète Elie, sous Achab, le texte sacré nous parle de quatre cent cinquante prêtres de Baal et de quatre cents prêtres d’Aschéra, voir 3 Rois, 18, 19-40 ; Jérémie, 2, 28. Ses autels étaient nombreux, voir Jérémie, 11, 13 ; 3 Rois, 16, 32 ; 4 Rois, 11, 18. On lui offrait des holocaustes et même des victimes humaines, voir Jérémie, 19, 5. Les sacrificateurs exécutaient autour de l’autel des danses frénétiques, accompagnés de cris sauvages : ils se meurtrissaient eux-mêmes et s’enlevaient avec des instruments tranchants des lambeaux de chair pour attirer l’attention du dieu, par la vue de leur corps ensanglanté, voir 3 Rois, 18, 26-28. La nature et le soleil étaient adorés par les Moabites et par les Ammonites sous le nom de Moloch.

Tu bâtiras ensuite, au sommet de ce lieu fort, un autel à Yahweh, ton Dieu, et tu le disposeras ; tu prendras le second taureau et tu offriras un holocauste avec le bois de l’aschéra que tu auras coupée. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

On peut supposer qu’il n’est parlé que du second taureau, que parce que c’est celui que Gédéon immola en holocauste pour les péchés de la nation ; tandis qu’il avait offert avec le premier un sacrifice particulier pour lui et pour sa famille.

Gédéon prit dix hommes parmi ses serviteurs, et exécuta ce que Yahweh lui avait dit : mais, comme il n’osait le faire de jour par crainte de la maison de son père et des gens de la ville, il le fit de nuit.

Lorsque les gens de la ville se levèrent le lendemain matin, voici que l’autel de Baal était renversé, que l’aschéra qui était auprès était coupée, et que le second taureau était offert en holocauste sur l’autel récemment bâti.

Ils se dirent l’un à l’autre : « Qui a fait cela ? » et ils s’informèrent et firent des recherches. On leur dit : « C’est Gédéon, fils de Joas, qui a fait cela. »

Alors les gens de la ville dirent à Joas : « Fais sortir ton fils et qu’il meure, car il a renversé l’autel de Baal et coupé l’aschéra qui était auprès. »

Joas dit à tous ceux qui se tenaient là contre lui : « Est-ce à vous de prendre parti pour Baal ? Ou bien est-ce à vous de le secourir ? Quiconque prendra parti pour Baal sera mis à mort avant demain matin. Si Baal est Dieu, que lui-même prenne en main sa cause, puisqu’on a renversé son autel ! »

En ce jour, un donna à Gédéon le nom de Jérobaal, en disant : « Que Baal se défende contre lui, puisqu’il a renversé son autel ! »

Tout Madian, Amalec et les fils de l’Orient se rassemblèrent et, ayant passé le Jourdain, ils campèrent dans la plaine de Jezraël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils campèrent dans la vallée de Jezraël. La plaine de Jezraël a toujours exercé sur es enfants du désert une fascination irrésistible. De temps immémorial, au commencement du printemps, ils traversent le Jourdain et se dirigent vers Bethsan, qui, pour eux, est comme la porte du ciel. La plaine de Jezraël est bien en effet un petit paradis et digne de son nom de « semence de Dieu. » Elle charme tous les voyageurs par la richesse de son sol et l’exubérance de sa végétation. Cette exubérance est telle, qu’un homme à cheval y disparaît presque au milieu des hautes herbes. En avril, le blé ondule dans la vaste campagne.

L’Esprit de Yahweh revêtit Gédéon ; il sonna de la trompette, et les Abiésérites s’assemblèrent pour marcher à sa suite.

Il envoya des messagers dans tout Manassé, qui s’assembla aussi pour le suivre. Il envoya des messagers dans Aser, dans Zabulon et dans Nephtali, et ils montèrent à leur rencontre.

Gédéon dit à Dieu : « Si vous voulez sauver Israël par ma main, comme vous l’avez dit,

voici, je mettrai une toison de laine sur l’aire : si la toison seule se couvre de rosée, et que tout le sol alentour reste sec, je connaîtrai que vous délivrerez Israël par ma main, comme vous l’avez dit. »

Et il arriva ainsi. Le jour suivant, s’étant levé de bon matin, il pressa la toison, et en fit sortir la rosée, plein une coupe d’eau.

Gédéon dit à Dieu : « Que votre colère ne s’enflamme pas contre moi ; que je puisse encore parler une fois : je voudrais une fois encore seulement faire une épreuve avec la toison : que la toison seule reste sèche, et que la rosée tombe sur tout le sol alentour. »

Et Dieu fit ainsi cette nuit-là : la toison seule resta sèche, et tout le sol se couvrit de rosée.