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Juges 11

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Jephté, le Galaadite, était un vaillant guerrier. Il était fils d’une courtisane et c’est Galaad qui avait engendré Jephté.

La femme de Galaad lui enfanta des fils, et les fils de cette femme grandirent et chassèrent Jephté, en lui disant : « Tu n’hériteras pas dans la maison de notre père, car tu es fils d’une autre femme. »

Et Jephté s’enfuit loin de ses frères, et il habita dans le pays de Tob. Des gens de rien se rassemblèrent autour de Jephté, et ils faisaient avec lui des excursions.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La terre de Tob. Elle est inconnue, mais elle était probablement située sur les confins du royaume des Ammonites, même si elle n’en faisait pas partie.

Quelque temps après, les fils d’Ammon firent la guerre à Israël.

Pendant que les fils d’Ammon faisaient la guerre à Israël, les anciens de Galaad allèrent chercher Jephté au pays de Tob.

Ils dirent à Jephté : « Viens, tu seras notre général, et nous combattrons les fils d’Ammon. »

Jephté dit aux anciens de Galaad : « Ne m’avez-vous pas haï et chassé de la maison de mon père ? Pourquoi venez-vous à moi, maintenant que vous êtes dans la détresse ? »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 26, 27.

Les anciens de Galaad dirent à Jephté : « C’est à cause de cela que nous revenons à toi maintenant, pour que tu marches avec nous, que tu combattes les fils d’Ammon, et que tu sois notre chef, le chef de tous les habitants de Galaad. »

Jephté répondit aux anciens de Galaad : « Si vous me ramenez pour combattre les fils d’Ammon, et que Yahweh les livre entre mes mains, je serai votre chef. »

Les anciens de Galaad dirent à Jephté : « Que Yahweh soit témoin entre nous : nous ferons certainement ce que tu dis. »

Et Jephté partit avec les anciens de Galaad. Le peuple l’établit sur lui pour chef et général, et Jephté répéta toutes ses paroles devant Yahweh à Maspha.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jephté dit, etc. il renouvela les assurances que les princes de Galaad lui avaient données, et, de son côté, il prit solennellement Dieu à témoin de la fidélité avec laquelle il tiendrait ses engagements.

Jephté envoya des messagers au roi des fils d’Ammon, pour lui dire : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, que tu sois venu contre moi pour faire la guerre à mon pays ? »

Le roi des fils d’Ammon répondit aux messagers de Jephté : « C’est qu’Israël, lorsqu’il monta d’Égypte, s’empara de mon pays, depuis l’Arnon jusqu’au Jaboc et au Jourdain. Rends-le maintenant de bon gré. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 21, 24. ― Arnon, rivière qui forme la frontière septentrionale de Moab, voir verset 18, et se jette dans la mer Morte après un cours de 75 kilomètres. ― Jaboc. Voir Genèse, note 32.22.

Jephté envoya de nouveau des messagers au roi des fils d’Ammon,

et il lui dit : « Ainsi parle Jephté : Israël ne s’est emparé ni du pays de Moab, ni du pays des fils d’Ammon.

Car lorsqu’Israël monta d’Égypte, il marcha dans le désert jusqu’à la mer Rouge, et il arriva à Cadès.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cadès. Voir Nombres, 20, 1.

Alors Israël envoya des messagers au roi d’Édom, pour lui dire : Laisse-moi, je te prie, passer par ton pays ; mais le roi d’Édom n’y consentit pas. Il en envoya aussi au roi de Moab, qui refusa également ; et Israël resta à Cadés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 20, 14.

Puis, marchant par le désert, il tourna le pays d’Édom et le pays de Moab, et arriva à l’orient du pays de Moab. Et ils campèrent au delà de l’Arnon, et ils ne vinrent pas sur la frontière de Moab, car l’Arnon est la frontière de Moab.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 21, 13.

De là, Israël envoya des messagers à Séhon, roi des Amorrhéens, roi de Hésebon ; et Israël lui dit : Laisse-nous, je te prie, passer par ton pays jusqu’à notre lieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jusqu’au fleuve ; c’est-à-dire jusqu’au Jourdain. ― Hésébon. Voir Nombres, 21, 25.

Mais Séhon ne se fia pas assez à Israël pour le laisser passer sur son territoire. Séhon rassembla tout son peuple ; ils campèrent à Jasa, et il combattit contre Israël.

Et Yahweh, le Dieu d’Israël, livra Séhon et tout son peuple entre les mains d’Israël, qui les battit ; et Israël s’empara de tout le pays des Amorrhéens qui habitaient dans cette contrée ;

ils s’emparèrent de tout le territoire des Amorrhéens, depuis l’Arnon jusqu’au Jaboc, et depuis le désert jusqu’au Jourdain.

Maintenant que Yahweh, le Dieu d’Israël, a chassé les Amorrhéens devant son peuple d’Israël, toi tu chasserais celui-ci !

Ce dont ton Dieu Chamos t’a mis en possession, ne le possèdes-tu pas ? Et tout ce que Yahweh, notre Dieu, a mis devant nous en notre possession, nous ne le posséderions pas !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chamos ton dieu. Voir 3 Rois, note 11.7. ― Ton dieu. Les Israélites n’attribuent qu’à leur Dieu unique une véritable divinité : ils traitent de faux dieux tous ceux qu’adorent les nations étrangères. Quand Jephté dit Chamos, ton Dieu, il parle le langage diplomatique. Cette expression n’est donc pas une profession de foi et ne prouve pas que Jephté croyait à la divinité de Chamos. Elle prouve seulement que le juge d’Israël voulait parler au roi des Ammonites un langage qui lui fût agréable, afin d’en obtenir la paix qu’il sollicitait.

Vaudrais-tu donc mieux que Balac, fils de Séphor, roi de Moab ? A-t-il contesté avec Israël, ou lui a-t-il fait la guerre ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 22, 2.

Voilà trois cents ans qu’Israël habite à Hésebon et dans les villes de sa dépendance, à Aroër et dans les villes de sa dépendance, ainsi que dans toutes les villes qui sont sur les bords de l’Arnon ; pourquoi ne les lui avez-vous pas enlevées pendant ce temps-là ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Hésébon. Voir Nombres, 21, 25. ― A Aroer, sur l’Arnon, qui formait la frontière méridionale du royaume de Séhon.

Moi, je n’ai pas péché contre toi ; mais toi, tu agis mal envers moi en me faisant la guerre. Que Yahweh, le Juge suprême, juge aujourd’hui entre les enfants d’Israël et les fils d’Ammon. »

Le roi des fils d’Ammon, n’écouta pas les paroles que Jephté lui avait envoyé dire.

L’Esprit de Yahweh fut sur Jephté. Il traversa Galaad et Manassé, et passa jusqu’à Maspha de Galaad ; et de Maspha de Galaad il marcha contre les fils d’Ammon.

Jephté fit un vœu à Yahweh, en disant :

« Si vous livrez entre mes mains les fils d’Ammon, celui qui sortira des portes de ma maison à ma rencontre, quand je reviendrai heureusement de chez les fils d’Ammon, sera à Yahweh, et je l’offrirai en holocauste. »

Jephté s’avança contre les fils d’Ammon, et Yahweh les livra entre ses mains.

Il les battit depuis Aroër jusque vers Mennith, leur prenant vingt villes, et jusqu’à Abel-Keramin ; ce fut une très grande défaite. Et les fils d’Ammon furent abaissés devant les enfants d’Israël.

Jephté remonta dans sa maison à Maspha ; et voici que sa fille sortit à sa rencontre avec des tambourins et des danses. C’était son unique enfant ; hors d’elle, il n’avait ni fils ni fille.

Dès qu’il la vit, il déchira ses vêtements et dit : « Ah ! ma fille, tu me renverses et tu es parmi ceux qui me troublent. J’ai ouvert ma bouche à Yahweh, et je ne puis revenir en arrière. »

Elle lui dit : « Mon père, tu as ouvert ta bouche à Yahweh ; fais-moi selon ce qui est sorti de ta bouche, puisque Yahweh t’a vengé de tes ennemis, les fils d’Ammon. »

Et elle dit à son père : « Que cette grâce seulement me soit accordée ; laisse-moi libre pendant deux mois ; je m’en irai, je descendrai pour aller sur les montagnes, et je pleurerai ma virginité avec mes compagnes. »

Il répondit : « Va, » et il la laissa aller pour deux mois. Elle s’en alla, elle et ses compagnes, et elle pleura sa virginité sur les montagnes.

Les deux mois écoulés, elle revint vers son père, et il accomplit à son égard le vœu qu’il avait fait ; et elle n’avait pas connu d’homme. De là vint cette coutume en Israël :

chaque année les filles d’Israël vont célébrer la fille de Jephté, le Galaadite, quatre jours par an.

Commentaire (versets 31 à 40) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 31 à 40 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Contre le sentiment de tous les anciens, plusieurs interprètes modernes prétendent que la fille de Jephté ne fut pas réellement immolée, mais seulement consacrée au service du sanctuaire. Quelque opinion qu’on adopte, on ne peut rien conclure contre la divinité de la religion des Hébreux. Car le vœu de Jephté est un fait qui lui est entièrement personnel. Il n’était pas commandé par la loi, puisque la loi au contraire défendait si expressément le sacrifice de victimes humaines. C’est un fait isolé, et auquel le grand prêtre et la majorité du peuple ne prirent aucune part. Après le cours d’une année ; c’est-à-dire chaque année.