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Juges 8

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Les hommes d’Éphraïm dirent à Gédéon : « Que signifie ta conduite envers nous, de ne pas nous appeler quand tu allais combattre Madian ? » Et ils le querellèrent avec violence.

Gédéon leur répondit : « Qu’ai-je fait en comparaison de vous ? Le grappillage d’Éphraïm ne vaut-il pas mieux que la vendange d’Abiéser ?

C’est entre vos mains que Yahweh a livré les princes de Madian, Oreb et Zeb. Que pouvais-je faire en comparaison de vous ? » Lorsqu’il eut ainsi parlé, leur colère contre lui s’apaisa.

Commentaire (versets 1 à 3) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 3 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Cet épisode est raconté par anticipation pour en finir d’un coup avec les Ephraïmites, dont l’auteur vient de faire connaître les exploits dans la prise d’Oreb et Zeb. Les plaintes des Ephraïmites ne peuvent avoir été exprimées que lorsque l’expédition fut finie.

Gédéon arriva au Jourdain, et il le passa, lui et les trois cents hommes qui étaient avec lui, fatigués et continuant à poursuivre.

Il dit aux gens de Soccoth : « Donnez, je vous prie, des galettes de pain au peuple qui m’accompagne, car ils sont fatigués, et je suis à la poursuite de Zébée et de Salmana, rois de Madian. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Soccoth, aujourd’hui Tell-Derala.

Les chefs de Soccoth répondirent : « Le poing de Zébée et de Salmana est-il déjà dans ta main, pour que nous donnions du pain à ta troupe ? »

Gédéon leur dit : « Eh bien, lorsque Yahweh aura livré entre mes mains Zébée et Salmana, je déchirerai votre chair avec des épines du désert et des chardons. »

De là il monta à Phanuel, et il adressa aux gens de Phanuel la même parole. Les gens de Phanuel lui répondirent comme avaient répondu les gens de Soccoth.

Et il dit aux gens de Phanuel : « Quand je reviendrai vainqueur, je raserai cette tour. »

Zébée et Salmana étaient à Carcor, et leur armée avec eux, quinze mille hommes environ, tous ceux qui étaient restés de l’armée entière des fils de l’Orient ; car il était tombé cent vingt mille hommes tirant l’épée.

Gédéon monta par le chemin de ceux qui habitent sous des tentes, à l’orient de Nobé et de Jegbaa, et il battit le camp, qui se croyait en sûreté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Osée, 10, 14.

Zébée et Salmana prirent la fuite ; il les poursuivit et s’empara des deux rois de Madian, Zébée et Salmana, et il mit en déroute tout le camp.

Gédéon, fils de Joas, revint de la bataille par la montée de Harès.

Ayant saisi un jeune homme d’entre les gens de Soccoth, il l’interrogea, et celui-ci lui écrivit les noms des chefs et des anciens de Soccoth, soixante-dix-sept hommes.

Alors Gédéon vint vers les gens de Soccoth et dit : « Voici Zébée et Salmana, au sujet desquels vous m’avez insulté, en disant : Le poing de Zébée et de Salmana est-il déjà dans ta main pour que nous donnions du pain à tes gens fatigués ? »

Il saisit les anciens de la ville et, ayant pris des épines du désert et des ronces, il en châtia les gens de Soccoth.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les hommes. Il est très probable que par ce mot il faut entendre les seuls personnages dont on vient de parler ; car si Gédéon avait voulu faire mourir tous les habitants de Soccoth, il n’aurait pas demandé les noms des principaux de la ville.

Il rasa aussi la tour de Phanuel, et tua les hommes de la ville.

Il dit à Zébée et à Salmana : « Comment étaient les hommes que vous avez tués au Thabor ? » ils dirent : « Ils étaient comme toi ; chacun d’eux avait l’air d’un fils de roi. »

Il dit : « C’étaient mes frères, fils de ma mère : Yahweh est vivant ! si vous les aviez laissés vivre, je ne vous tuerais pas. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le Seigneur vit ! formule de serment que l’on rend assez ordinairement par vive le Seigneur ! et qui équivaut à : Je jure que.

Et il dit à Jéther, son premier-né : « Lève-toi, tue-les. » Mais le jeune homme ne tira pas son épée, parce qu’il avait peur, car il était encore un jeune garçon.

Zébée et Salmana dirent : « Lève-toi toi-même et tombe sur nous ; car tel est l’homme, telle est sa force. » Gédéon se leva et tua Zébée et Salmana ; et il prit les croissants qui étaient aux cous de leurs chameaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 82, 12. ― Bulle ou petite boule, était un ornement d’or, d’argent ou d’autre métal que portaient au cou les personnes aussi bien que les animaux. Le correspondant en hébreu est traduit dans la Vulgate par collier, cercles (torques), aux versets 26 de ce même chapitre, et par petite lune ou croissant (lunulæ), au chapitre 3, verset 18, d’Isaïe. ― « L’usage d’orner le cou des chameaux n’est pas perdu, dit M. de Saulcy, et dans la Syrie, quand on rencontre de ces animaux harnachés, on est à peu près assuré d’avance qu’on leur verra un collier. Celui-ci est fréquemment formé de fils d’une petite coquille blanche du genre des porcelaines, et qui sert de monnaie sous le nom cauri, sur toute la côte occidentale d’Afrique. Je ne puis affirmer positivement que j’aie rencontré des chameaux portant suspendu à leur collier un croissant de cuivre, je crois cependant bien me le rappeler. Ce que tout le monde sait aussi bien que moi, c’est que l’usage de ces croissants de cuivre s’est conservé dans le harnachement militaire de la cavalerie moderne.

Les hommes d’Israël dirent à Gédéon : « Règne sur nous, toi et ton fils, et le fils de ton fils, car tu nous as délivrés des mains de Madian. »

Gédéon leur dit : « Je ne dominerai point sur vous et mon fils ne dominera point sur vous : c’est Yahweh qui dominera sur vous. »

Gédéon leur dit : « J’ai une demande à vous faire : donnez-moi chacun les anneaux de votre butin. » — Les ennemis avaient des anneaux d’or, car ils étaient Ismaélites. —

Ils dirent : « Nous les donnerons volontiers. » Et ils étendirent un manteau, sur lequel chacun jeta les anneaux de son butin.

Le poids des anneaux d’or qu’avait demandés Gédéon fut de mille sept cents sicles d’or, sans les croissants, les pendants d’oreilles et les vêtements de pourpre que portaient les rois de Madian, et sans les colliers qui étaient aux cous de leurs chameaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mille sept cents sicles d’or. Le sicle, du moins après la captivité, avait comme poids la valeur de 14 grammes 20 ; 1 700 sicles équivalaient donc à 24 kilogrammes 140 grammes. Avec ce poids, Gédéon fit sans doute fabriquer non seulement un éphod mais plusieurs autres objets sacrés.

Avec cet or, Gédéon fit un éphod, et il le déposa dans sa ville, à Ephra. Tout Israël alla se prostituer là après cet éphod, et il fut un piège pour Gédéon et pour sa maison.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir sur l’éphod, ornement sacré, Exode, 28, 4.

Madian fut humilié devant les enfants d’Israël et il ne leva plus la tête ; et le pays fut en repos pendant quarante ans, aux jours de Gédéon.

Jérobaal, fils de Joas, s’en retourna et demeura dans sa maison.

Gédéon eut soixante-dix fils, issus de lui, car il eut de nombreuses femmes.

Sa concubine, qui était à Sichem, lui enfanta, elle aussi, un fils qui reçut le nom d’Abimélech.

Gédéon, fils de Joas, mourut dans une heureuse vieillesse, et il fut enterré dans le sépulcre de Joas, son père, à Éphra d’Abiéser.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ephra de la famille ; c’est-à-dire qui appartenait à la famille.

Lorsque Gédéon fut mort, les enfants d’Israël se prostituèrent de nouveau aux Baals, et ils prirent Baal-Berith pour leur dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Baal. Voir Juges, note 6.25.

Les enfants d’Israël ne se souvinrent plus de Yahweh, leur Dieu, qui les avait délivrés de la main de tous leurs ennemis autour d’eux ;

et ils ne montrèrent point d’attachement à la maison de Jérobaal-Gédéon, selon tout le bien qu’il avait fait à Israël.