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Juges 13
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Les enfants d’Israël firent encore ce qui est mal aux yeux de Yahweh, et Yahweh les livra entre les mains des Philistins, pendant quarante ans.
Il y avait un homme de Saraa, de la famille des Danites, nommé Manué ; sa femme était stérile, et n’avait pas enfanté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De Saraa. Saraa est actuellement un village de trois cents habitants, qui a gardé son ancien nom, à peine modifié sous la forme Sar’ah. Il est placé sur une colline en forme de pain de sucre, à l’entrée d’une vallée. Les flancs de la colline sont percés de grottes sépulcrales. Une source est à peu de distance, au-dessous du village.
L’Ange de Yahweh apparut à la femme et lui dit : « Voici donc, tu es stérile et sans enfant ; mais tu concevras et enfanteras un fils.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 16, 11 ; 1 Rois, 1, 20 ; Luc, 1, 31. ― Les grâces que Dieu a accordées à Samson et les faveurs qu’il lui a faites n’avaient pas pour objet de le récompenser de sa vertu, mais de protéger et de défendre son peuple contre la tyrannie et l’oppression de ses ennemis.
Et maintenant, prends bien garde, ne bois ni vin ni liqueur forte et ne mange rien d’impur,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Nombres, 6, 3-4.
car tu vas concevoir et enfanter un fils. Le rasoir ne passera point sur sa tête, car cet enfant sera nazaréen de Dieu, dès le sein de sa mère, et c’est lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nazaréen de Dieu ; c’est-à-dire consacré à Dieu en qualité de nazaréen.
La femme alla dire à son mari : « Un homme de Dieu est venu vers moi ; il avait l’aspect d’un ange de Dieu, un aspect redoutable. Je ne lui ai pas demandé d’où il était, et il ne m’a pas fait connaître son nom ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’homme de Dieu. C’est ainsi que porte l’hébreu. Il paraît que Manué et sa femme avaient déjà une connaissance quelconque de cet homme de Dieu : c’est du moins ce que prouve l’article déterminatif que l’écrivain sacré affecte d’employer ici.
mais il m’a dit : « Tu vas concevoir et enfanter un fils ; et maintenant, ne bois ni vin ni liqueur forte, et ne mange rien d’impur, parce que cet enfant sera nazaréen de Dieu dès le sein de sa mère, jusqu’au jour de sa mort. »
Alors Manué invoqua Yahweh et dit : « Je vous prie, Seigneur, que l’homme de Dieu que vous avez envoyé vienne encore vers nous, et qu’il nous enseigne ce que nous devons faire pour l’enfant qui naîtra ! »
Dieu exauça la prière de Manué, et l’Ange de Dieu vint encore vers la femme ; elle était assise dans un champ, et Manué, son mari, n’était pas avec elle.
La femme courut aussitôt informer son mari et lui dit : « Voici, l’homme qui est venu l’autre jour vers moi m’est apparu. »
Manué se leva et, suivant sa femme, il alla vers l’homme et lui dit : « Est-ce toi qui as parlé à cette femme ? » Il répondit : « C’est moi. »
Manué dit : « Maintenant, quand ta parole s’accomplira, que faudra-t-il observer à l’égard de cet enfant, et qu’y aura-t-il à faire pour lui ? »
L’Ange de Yahweh répondit à Manué : « La femme s’abstiendra de tout ce que je lui ai dit :
elle ne mangera rien de ce qui provient de la vigne, elle ne boira ni vin ni liqueur forte, et elle ne mangera rien d’impur : tout ce que je lui ai prescrit, elle l’observera. »
Commentaire (versets 13 à 14) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 13 à 14 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Que ta femme s’abstienne, etc. Les verbes de ces deux versets étant au féminin en hébreu, ne peuvent avoir pour sujet que la mère de Samson, et non Samson lui-même.
Manué dit à l’Ange de Yahweh : « Permets que nous te retenions et que nous t’apprêtions un chevreau. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un chevreau. Voir 1 Rois, note 16.20.
L’Ange de Yahweh répondit à Manué : « Quand tu me retiendrais, je ne mangerais pas de ton mets ; mais si tu veux préparer un holocauste, à Yahweh, offre-le. » — Manué ne savait pas que c’était l’Ange de Yahweh —
Et Manué dit à l’Ange de Yahweh : « Quel est ton nom, afin que nous t’honorions, quand ta parole s’accomplira ? »
L’Ange de Yahweh lui répondit : « Pourquoi m’interroges-tu sur mon nom ? Il est Merveilleux. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 32, 29.
Manué prit le chevreau avec l’oblation et l’offrit à Yahweh sur le rocher, et Yahweh fit un prodige pendant que Manué et sa femme regardaient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur le rocher, qui se trouvait à l’endroit même de la campagne où était Manué.
Comme la flamme montait de dessus l’autel vers le ciel, l’Ange de Yahweh monta dans la flamme de l’autel. À cette vue, Manué et sa femme tombèrent la face contre terre.
Et l’Ange de Yahweh n’apparut plus à Manué et à sa femme. Alors Manué comprit que c’était l’Ange de Yahweh.
Et Manué dit à sa femme : « Nous allons mourir, car nous avons vu Dieu. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nous mourrons de mort ; hébraïsme pour : nous mourrons infailliblement.
Sa femme lui répondit : « Si Yahweh voulait nous faire mourir, il n’aurait pas reçu de nos mains l’holocauste et l’oblation, il ne nous aurait pas fait voir tout cela, il ne nous aurait pas fait entendre aujourd’hui de pareilles choses. »
La femme enfanta un fils et lui donna le nom de Samson. L’enfant grandit et Yahweh le bénit ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Samson, en hébreu Schismchôn, parait être un diminutif de schémesch, soleil.
l’esprit de Yahweh commença à le pousser à Machanêh-Dan, entre Saraa et Esthaol.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Juges, 10, 6. ― Aux mains des Philistins. Les Philistins étaient originaires de Crète et avaient émigré de la ville de Caphtor ou Cydonia. Ils formaient une grande confédération qui, sous Ramsès III, roi d’Egypte, avait envahi la Syrie. Ramsès III les battit et en établit les restes dans le pays qui prit depuis leur nom. A la fin de la XXe dynastie égyptienne, profitant de la faiblesse des pharaons, ils devinrent seuls maîtres de toute la riche plaine de la Séphéla. Ils possédèrent ainsi, près de la Méditerranée, trois villes, Gaza au sud, Azot au nord, Ascalon au centre. Dans l’intérieur des terres, ils avaient aussi deux autres villes principales, Geth et Accaron. Ces cinq villes, encore aujourd’hui subsistantes, Geth exceptée, étaient les chefs-lieux de cinq principautés puissantes, gouvernées par cinq seranim ou princes confédérés. C’est du nom des Philistins que les Egyptiens et les Grecs, qui les connurent avant les habitants de l’intérieur des terres, tirèrent la dénomination de Palestine, sous laquelle la terre de Chanaan est encore aujourd’hui désignée.