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1 Corinthiens 7
POUR ce qui regarde les choses dont vous m’avez écrit, je vous dirai qu’il est avantageux à l’homme de ne toucher aucune femme.
Néanmoins, pour éviter la fornication, que chaque homme vive avec sa femme, et chaque femme avec son mari.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que chaque homme ait sa femme, etc. ; c’est-à-dire vive avec sa femme. Saint Paul n’exhorte pas ici les célibataires à se marier, puisqu’aux versets 7 et 8 il les engage à demeurer dans leur état.
Que le mari rende à sa femme ce qu’il lui doit, et la femme ce qu’elle doit à son mari.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Pierre, 3, 7.
Le corps de la femme n’est point en sa puissance, mais en celle du mari ; de même, le corps du mari n’est point en sa puissance, mais en celle de sa femme.
Ne vous refusez point l’un à l’autre ce devoir, si ce n’est du consentement de l’un et de l’autre pour un temps, afin de vous exercer à la prière ; et ensuite vivez ensemble comme auparavant, de peur que le démon ne prenne sujet de votre incontinence pour vous tenter.
Ce que je vous dis comme une chose qu’on vous pardonne, et non pas qu’on vous commande.
Car je voudrais que vous fussiez tous comme moi ; mais chacun a son don particulier, selon qu’il le reçoit de Dieu, l’un d’une manière, et l’autre d’une autre.
Quant aux personnes qui ne sont point mariées, ou qui sont veuves, je leur déclare qu’il leur est bon de demeurer en cet état, comme j’y demeure moi-même.
S’ils sont trop faibles pour garder la continence, qu’ils se marient : car il vaut mieux se marier que de brûler.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’Apôtre parle ici des personnes qui sont libres ; car celles qui, par vœu, se sont données à Dieu, ne doivent chercher le remède à leurs passions que dans la prière et la pénitence.
Quant à ceux qui sont mariés, ce n’est pas moi, mais le Seigneur qui leur fait ce commandement, qui est, que la femme ne se sépare point d’avec son mari.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 5, 32 ; 19, 9 ; Marc, 10, 9 ; Luc, 16, 18.
Si elle s’en est séparée, qu’elle demeure sans se marier, ou qu’elle se réconcilie avec son mari ; et que le mari de même ne quitte point sa femme.
Pour ce qui est des autres, ce n’est pas le Seigneur, mais c’est moi qui leur dis : Si un fidèle a une femme qui soit infidèle, et qu’elle consente à demeurer avec lui, qu’il ne se sépare point d’avec elle ;
et si une femme fidèle a un mari qui soit infidèle, et qu’il consente à demeurer avec elle, qu’elle ne se sépare point d’avec lui.
Car le mari infidèle est sanctifié par la femme fidèle, et la femme infidèle est sanctifiée par le mari fidèle : autrement vos enfants seraient impurs, au lieu que maintenant ils sont saints.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Car le mari infidèle, etc. Cela ne veut pas dire que la foi du mari ou de la femme soit suffisante pour faire passer le conjoint infidèle à l’état de grâce ou de salut ; mais c’est souvent une occasion de leur sanctification et de leur retour à la vraie foi.
Mais si la partie infidèle se sépare, qu’elle se sépare ; car un frère ou une sœur ne sont plus assujettis en cette rencontre : mais Dieu nous a appelés pour vivre en paix.
Car que savez-vous, ô femme, si vous sauveriez votre mari ? Et que savez-vous aussi, ô mari, si vous sauveriez votre femme ?
Mais que chacun se conduise selon le don particulier qu’il a reçu du Seigneur, et selon l’état dans lequel Dieu l’a appelé ; et c’est ce que j’ordonne dans toutes les Églises.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que chacun marche. Nous avons déjà fait remarquer que les Hébreux employaient les verbes aller, marcher, dans les sens moral de se conduire, vivre.
Un homme est-il appelé à la foi étant circoncis, qu’il n’affecte point de paraître incirconcis. Y est-il appelé n’étant point circoncis, qu’il ne se fasse point circoncire.
Ce n’est rien d’être circoncis, et ce n’est rien d’être incirconcis ; mais le tout est d’observer les commandements de Dieu.
Que chacun demeure dans l’état où il était quand Dieu l’a appelé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ephésiens, 4, 1. ― Dans la vocation ; c’est-à-dire dans l’état, dans la situation. Comparer au verset 24.
Avez-vous été appelé à la foi étant esclave, ne portez point cet état avec peine ; mais plutôt faites-en un bon usage, quand même vous pourriez devenir libre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Profites-en plutôt ; mets plutôt à profit cette circonstance d’avoir été appelé étant esclave, et reste volontiers dans cette condition, qui est une école d’humilité et de patience (saint Jean Chrysostome, saint Thomas). D’autres : et profites de l’occasion qui s’offre à toi d’être libre.
Car celui qui étant esclave est appelé au service du Seigneur, devient affranchi du Seigneur ; et de même, celui qui est appelé étant libre, devient esclave de Jésus-Christ.
Vous avez été achetés d’un grand prix ; ne vous rendez pas esclaves des hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 6, 20 ; 1 Pierre, 1, 18.
Que chacun, mes frères, demeure donc dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé, et qu’il s’y tienne devant Dieu.
Quant aux vierges, je n’ai point reçu de commandement du Seigneur ; mais voici le conseil que je leur donne, comme étant fidèle ministre du Seigneur, par la miséricorde qu’il m’en a faite.
Je crois donc qu’il est avantageux, à cause des fâcheuses nécessités de la vie présente ; qu’il est, dis-je, avantageux à l’homme de ne se point marier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La nécessité pressante : « A cause des temps difficiles qui approchent, les temps qui doivent précéder le second avènement de Jésus-Christ (voir Matthieu, 24, 8-34). Les premiers chrétiens regardaient cet avènement comme prochain (voir Matthieu, note 16.28). » (CRAMPON) ― D’être ainsi ; c’est-à-dire de ne point se marier.
Êtes-vous lié avec une femme, ne cherchez point à vous délier. N’êtes-vous point lié avec une femme, ne cherchez point de femme.
Si vous épousez une femme, vous ne péchez pas ; et si une fille se marie, elle ne pèche pas. Mais ces personnes souffriront dans leur chair des afflictions et des peines : or je voudrais vous les épargner.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour moi, je vous pardonne ; je ne vous en fais pas un crime, je suis au contraire touché de compassion des maux auxquels vous vous exposez en entrant dans l’état du mariage.
Voici donc, mes frères, ce que j’ai à vous dire : Le temps est court ; et ainsi, que ceux mêmes qui ont des femmes, soient comme n’en ayant point ;
et ceux qui pleurent, comme ne pleurant point ; ceux qui se réjouissent, comme ne se réjouissant point ; ceux qui achètent, comme ne possédant point ;
enfin ceux qui usent de ce monde, comme n’en usant point : car la figure de ce monde passe.
Pour moi, je désire de vous voir dégagés de soins et d’inquiétudes. Celui qui n’est point marié, s’occupe du soin des choses du Seigneur, et de ce qu’il doit faire pour plaire à Dieu.
Mais celui qui est marié, s’occupe du soin des choses du monde, et de ce qu’il doit faire pour plaire à sa femme ; et ainsi il se trouve partagé.
De même, une femme qui n’est point mariée, et une vierge, s’occupe du soin des choses du Seigneur, afin d’être sainte de corps et d’esprit ; mais celle qui est mariée, s’occupe du soin des choses du monde, et de ce qu’elle doit faire pour plaire à son mari.
Or je vous dis ceci pour votre avantage, non pour vous tendre un piège ; mais pour vous porter à ce qui est de plus saint, et qui vous donne un moyen plus facile de prier Dieu sans empêchement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vous tendre un piège : « image empruntée à la chasse. Sens : pour vous priver de votre liberté chrétienne, ou vous faire tomber, comme dans un filet, dans des tentations qui seraient pires que toutes les tribulations du mariage. ― Sans empêchement : sans les tiraillements qui naissent du souci des choses du monde. » (CRAMPON, 1 885)
Si quelqu’un croit que ce lui soit un déshonneur que sa fille passe la fleur de son âge sans être mariée, et qu’il juge devoir la marier, qu’il fasse ce qu’il voudra ; il ne péchera point si elle se marie.
Mais celui qui n’étant engagé par aucune nécessité, et qui se trouvant dans un plein pouvoir de faire ce qu’il voudra, prend une ferme résolution dans son cœur, et juge en lui-même qu’il doit conserver sa fille vierge, fait une bonne œuvre.
Ainsi celui qui marie sa fille, fait bien ; et celui qui ne la marie point, fait encore mieux.
La femme est liée à la loi du mariage, tant que son mari est vivant : mais si son mari meurt, elle est libre ; qu’elle se marie à qui elle voudra, pourvu que ce soit selon le Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 7, 2. ― S’endort. Dans l’Ecriture, le sommeil se met souvent pour la mort.
Cependant elle sera plus heureuse si elle demeure veuve, comme je le lui conseille ; et je crois que j’ai aussi l’Esprit de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme elle est, c’est-à-dire dans son état de veuve.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il est avantageux, etc. Saint Paul n’improuve nullement ici le mariage, et par conséquent il n’est pas en contradiction avec cette parole de Dieu dans la Genèse, 2, 18 : Il n’est pas bon que l’homme soit seul, etc. L’Apôtre, en effet, ne considérant ici le mariage que par rapport à l’individu , abstraction faite de l’espèce, veut dire seulement que le mariage apporte des gênes et des dangers aux individus qui le contractent ; inconvénients qu’il évite, si Dieu lui accorde la grâce de conserver la chasteté dans la continence. De plus, saint Paul n’envisage ici que le bien spirituel, tandis que dans le paradis terrestre, quand Dieu dit : Il n’est pas bon, etc., il avait surtout en vue le bien temporel de l’homme.