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1 Corinthiens 1

PAUL, apôtre de Jésus-Christ, par la vocation et la volonté de Dieu ; et Sosthène, son frère :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sosthène. Voir Actes des Apôtres, 18, 17.

à l’Eglise de Dieu qui est à Corinthe, aux fidèles que Jésus-Christ a sanctifiés, et qu’il a appelés pour être saints, et à tous ceux qui, en quelque lieu que ce soit, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, qui est leur Seigneur comme le nôtre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Appelés saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13

Dieu, notre Père, et Jésus-Christ notre Seigneur, vous donnent la grâce et la paix !

Je rends pour vous à mon Dieu des actions de grâces continuelles, à cause de la grâce de Dieu, qui vous a été donnée en Jésus-Christ ;

et de toutes les richesses dont vous avez été comblés en lui, dans tout ce qui regarde le don de la parole et de la science :

le témoignage qu’on vous a rendu de Jésus-Christ, ayant été ainsi confirmé parmi vous ;

de sorte qu’il ne vous manque aucun don, dans l’attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ.

Commentaire (versets 5 à 7) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 5 à 7 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Les éloges que saint Paul donne ici aux Corinthiens, et les faveurs dont il parle, s’adressent au corps de l’Eglise de Corinthe, et non point à chacun des membres en particulier. Les éloges sont pour les parfaits, les leçons et les reproches pour les imparfaits. Cette observation suffit pour justifier l’Apôtre de la contradiction que plusieurs lui ont reproché sur ce point.

Et Dieu vous affermira encore jusqu’à la fin, afin que vous soyez trouvés irrépréhensibles au jour de l’avènement de Jésus-Christ notre Seigneur.

Dieu, par lequel vous avez été appelés à la société de son Fils Jésus-Christ notre Seigneur, est fidèle et véritable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Thessaloniciens, 5, 24.

Or je vous conjure, mes frères, par le nom de Jésus-Christ notre Seigneur, d’avoir tous un même langage, et de ne point souffrir parmi vous de divisions, ni de schismes, mais d’être tous unis ensemble dans un même esprit et dans un même sentiment.

Car j’ai été averti, mes frères, par ceux de la maison de Chloé, qu’il y a des contestations parmi vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chloé ne nous est connue que par ce passage. Mes frères : Paul emploie souvent cette formule pour faire accepter quelque reproche sévère. ― Les gens, les esclaves ou les enfants (voir Romains, 16, 11) de Chloé, quelque pieuse dame d’Ephèse qui, après un voyage à Corinthe, aura instruit saint Paul de la situation de cette Eglise.

Ce que je veux dire est, que chacun de vous prend parti en disant : Pour moi, je suis à Paul ; Et moi, je suis à Apollon ; Et moi, je suis à Céphas ; Et moi, je suis à Jésus-Christ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 18, 24. ― Apollo, Céphas. « Plusieurs pensent que ce sont là des noms fictifs, mis en avant par l’Apôtre pour éviter aux véritables chefs de parti la confusion de se voir désigner publiquement. Mais ce sentiment s’accorde mal avec ce qu’on lit dans la première épître de saint Clément. Saint Paul a bien pu omettre certains noms ; mais ceux qu’il cite ne paraissent pas imaginaires. On sait par saint Luc qu’Apollo avait séjourné à Corinthe, qu’il avait succédé à saint Paul pour la prédication, et qu’on avait applaudi son éloquence. Quant à saint Pierre, saint Denys, évêque de Corinthe vers le milieu du second siècle, nous apprend que son Eglise le tenait pour son fondateur aussi bien que saint Paul. Il est probable que le chef des Apôtres avait passé par cette ville en se rendant à Rome, ou qu’il s’y était retiré avec Prisque et Aquila au moment où un décret de Claude obligea tous les Juifs à s’éloigner de la capitale de l’empire. ― Quoi qu’il en soit, le reproche que saint Paul fait ici aux Corinthiens ne saurait fournir aucun appui à la fable du pétrinisme et du paulinisme, imaginée par Baur et son école. Les partis dont parle saint Paul sont de simples coteries qui n’accusent aucun dissentiment en manière de croyance, et qui n’ont pu avoir de durée ni s’étendre au-delà de Corinthe. Les Apôtres y restent complètement étrangers. » (L. BACUEZ.)

Jésus-Christ est-il donc divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? ou avez-vous été baptisés au nom de Paul ?

Je rends grâces à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, sinon Crispe et Caïus ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 18, 8. ― Crispus était le chef de la synagogue de Corinthe. Voir Actes des Apôtres, note 18.8. ― Caïus donnait l’hospitalité à saint Paul à Corinthe (voir Romains, 16, 23). Origène dit qu’il devint évêque de Thessalonique.

afin que personne ne dise que vous avez été baptisés en mon nom.

J’ai encore baptisé ceux de la famille de Stéphanas ; et je ne sache point en avoir baptisé d’autres :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Stéphanas est mentionné de nouveau plus loin, voir 1 Corinthiens, 16, 16-17, comme l’un des premiers convertis de l’Achaïe. Il était avec saint Paul à Ephèse, quand l’Apôtre écrivit cette première Epître aux Corinthiens. D’après saint Jean Chrysostome, Stéphanas s’était rendu à Ephèse pour consulter saint Paul sur des questions de discipline. D’autres croient que le motif du voyage avait été un but charitable. Peut-être les assemblées des fidèles avaient-elles lieu dans sa maison à Corinthe.

parce que Jésus-Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour prêcher l’Evangile, et le prêcher sans y employer la sagesse de la parole, pour ne pas anéantir la vertu de la croix de Jésus-Christ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Pierre, 1, 16 ; 1 Corinthiens, 2, 1. ― Parce que le Christ, etc. Ces paroles ne signifient pas que le baptême n’est pas fonction et l’objet principal de la mission des apôtres, mais que la prédication était l’œuvre principale de la mission de saint Paul.

Car la parole de la croix est une folie pour ceux qui se perdent ; mais pour ceux qui se sauvent, c’est-à-dire, pour nous, elle est l’instrument de la puissance de Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 1, 16.

C’est pourquoi il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et je rejetterai la science des savants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 29, 14.

Que sont devenus les sages ? Que sont devenus les docteurs de la loi ? Que sont devenus ces esprits curieux des sciences de ce siècle ? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse de ce monde ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 33, 18.

Car Dieu voyant que le monde avec la sagesse humaine, ne l’avait point connu dans les ouvrages de sa sagesse divine, il lui a plu de sauver par la folie de la prédication ceux qui croiraient en lui.

Les Juifs demandent des miracles, et les gentils cherchent la sagesse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Juifs ne demandaient pas de simples miracles, car Jésus-Christ et les Apôtres en opéraient un grand nombre qu’ils reconnaissaient et qu’ils proclamaient eux-mêmes, puisqu’ils les attribuaient au démon, mais ils demandaient, sans aucun droit, des prodiges d’un certain genre, des prodiges qui vinssent immédiatement du ciel.

Et pour nous, nous prêchons Jésus-Christ crucifié, qui est un scandale aux Juifs, et une folie aux gentils ;

mais qui est la force de Dieu et la sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, soit Juifs ou gentils :

parce que ce qui paraît en Dieu une folie, est plus sage que la sagesse de tous les hommes ; et que ce qui paraît en Dieu une faiblesse, est plus fort que la force de tous les hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce qui, dans les voies de Dieu, paraît folie au monde, est certainement très sage, et ce qui paraît faiblesse est au-dessus de toute force humaine.

Considérez, mes frères, qui sont ceux d’entre vous qui ont été appelés à la foi : il y en a peu de sages selon la chair, peu de puissants, et peu de nobles.

Mais Dieu a choisi les moins sages selon le monde, pour confondre les sages ; il a choisi les faibles selon le monde, pour confondre les puissants ;

il a choisi les plus vils et les plus méprisables selon le monde, et ce qui n’était rien, pour détruire ce qui était de plus grand ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les choses qui ne sont pas ; c’est-à-dire de peu de valeur, de rien.

afin que nul homme ne se glorifie devant lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nulle chair, aucun homme. Voir Matthieu, 24, 22.

C’est par lui que vous êtes établis en Jésus-Christ, qui nous a été donné de Dieu pour être notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 23, 5.

afin que, selon qu’il est écrit, celui qui se glorifie, ne se glorifie que dans le Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 9, 23-24 ; 2 Corinthiens, 10, 17.