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1 Corinthiens 14

RECHERCHEZ avec ardeur la charité ; désirez les dons spirituels, et surtout de prophétiser.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le mot prophétiser, outre le sens de prédire l’avenir, a celui de plus étendu d’être divinement inspiré et de parler de la part de Dieu. Dans ce chapitre, il signifie plus particulièrement, découvrir des choses secrètes et inconnues, comme expliquer les mystères, et interpréter les Ecritures.

Car celui qui parle une langue inconnue, ne parle pas aux hommes, mais à Dieu ; puisque personne ne l’entend, et qu’il parle en esprit des choses cachées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans tout ce chapitre, le mot langue veut dire langue étrangère, inconnue, que l’on ne comprend pas.

Mais celui qui prophétise, parle aux hommes pour les édifier, les exhorter et les consoler.

Celui qui parle une langue inconnue, s’édifie lui-même ; au lieu que celui qui prophétise, édifie l’Église de Dieu.

Je souhaite que vous ayez tous le don des langues, mais encore plus celui de prophétiser ; parce que celui qui prophétise, est préférable à celui qui parle une langue inconnue, si ce n’est qu’il interprète ce qu’il dit, afin que l’Église en soit édifiée.

Aussi, mes frères, quand je voudrais vous parler en des langues inconnues, quelle utilité vous apporterais-je, si ce n’est que je vous parle en vous instruisant, ou par la révélation, ou par la science, ou par la prophétie, ou par la doctrine ?

Et dans les choses mêmes inanimées qui rendent des sons, comme les flûtes et les harpes, si elles ne forment des tons différents, comment pourra-t-on distinguer ce que l’on joue sur ces instruments ?

Si la trompette ne rend qu’un son confus, qui se préparera au combat ?

Commentaire (versets 7 à 8) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 7 à 8 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

La flûte et la harpe étaient les instruments de musique les plus communs chez les anciens, avec la trompette.

De même, si la langue que vous parlez n’est intelligible, comment pourra-t-on savoir ce que vous dites ? Vous ne parlerez qu’en l’air.

En effet, il y a tant de diverses langues dans le monde, et il n’y a point de peuple qui n’ait la sienne.

Si donc je n’entends pas ce que signifient les paroles, je serai barbare à celui à qui je parle, et celui qui me parle, me sera barbare.

Ainsi, mes frères, puisque vous avez tant d’ardeur pour les dons spirituels, désirez d’en être enrichis pour l’édification de l’Église.

C’est pourquoi, que celui qui parle une langue inconnue, demande à Dieu le don de l’interpréter.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans ce verset et les suivants, il s’agit évidemment non d’une prière publique, telle qu’elle se pratique dans l’Eglise, mais des prières composées par les particuliers et récitées par eux publiquement pour l’édification de l’assemblée. Il fallait donc nécessairement que ces prières fussent comprises, pour que les fidèles qui les entendaient pussent répondre en toute sûreté Amen. Ainsi saint Paul ne condamne pas l’usage de l’Eglise latine, qui prie dans une langue que le peuple n’entend pas, ni d’une prière publique consacrée par la liturgie reçue et admise. D’ailleurs comment l’aurait-il fait ? Il savait parfaitement que de son temps les psaumes et les cantiques se chantaient en hébreu dans le temple, quoique pourtant cette langue ne fût plus familière aux Juifs d’alors. Sans cela, il aurait condamné ce que Jésus-Christ avait lui-même respecté et consacré par son assiduité aux fêtes judaïques.

Car si je prie en une langue que je n’entends pas, mon cœur prie, mais mon intelligence est sans fruit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mon esprit, ce principe de vie plus intime (verset 2) appelé quelquefois le cœur, qui, excité par l’Esprit de Dieu, sans le travail de la réflexion et du raisonnement (ce qui est propre à l’activité intellectuelle, du noûs, mens), sent et voit le divin. Pendant l’extase de celui qui parle en langue, l’intelligence reste inactive ; elle est sanas fruit, pour elle-même et pour les autres.

Que ferai-je donc ? Je prierai de cœur ; mais je prierai aussi avec intelligence : je chanterai de cœur des cantiques ; mais je les chanterai aussi avec intelligence.

Si vous ne louez Dieu que du cœur, comment un homme du nombre de ceux qui n’entendent que leur propre langue, répondra-t-il, Amen, à la fin de votre action de grâces, puisqu’il n’entend pas ce que vous dites ?

Ce n’est pas que votre action de grâces ne soit bonne ; mais les autres n’en sont pas édifiés.

Je remercie mon Dieu de ce que je parle toutes les langues que vous parlez ;

mais j’aimerais mieux ne dire dans l’Église que cinq paroles dont j’aurais l’intelligence, pour en instruire aussi les autres, que d’en dire dix mille en une langue inconnue.

Mes frères, ne soyez point enfants pour n’avoir point de sagesse ; mais soyez enfants pour être sans malice, et soyez sages comme des hommes parfaits.

Il est dit dans l’Écriture : Je parlerai à ce peuple en des langues étrangères et inconnues ; et après cela même, ils ne m’entendront point, dit le Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 28, 11. ― On comprenait sous le nom de loi tous les livres sacrés. ― En d’autres langues ; c’est-à-dire en des langues autres que la sienne.

Ainsi la diversité des langues est un signe, non pour les fidèles, mais pour les infidèles ; et le don de prophétie au contraire n’est pas pour les infidèles, mais pour les fidèles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sont un signe ; littéralement, en signe ; ce qui est un pur hébraïsme.

Si toute une Église étant assemblée en un lieu, tous parlent diverses langues, et que des infidèles, ou des hommes qui ne savent que leur propre langue, entrent dans cette assemblée, ne diront-ils pas que vous êtes des insensés ?

Mais si tous prophétisent, et qu’un infidèle, ou un homme qui ne sait que sa langue, entre dans votre assemblée, tous le convainquent, tous le jugent.

Le secret de son cœur est découvert : de sorte que se prosternant le visage contre terre, il adorera Dieu, rendant témoignage que Dieu est véritablement parmi vous.

Que faut-il donc, mes frères, que vous fassiez ? Si lorsque vous êtes assemblés, l’un est inspiré de Dieu pour composer un cantique, l’autre pour instruire, un autre pour révéler les secrets de Dieu, un autre pour parler une langue inconnue, un autre pour l’interpréter, que tout se fasse pour l’édification.

S’il y en a qui aient le don des langues, qu’il n’y en ait point plus de deux ou trois qui parlent en une langue inconnue ; qu’ils parlent l’un après l’autre ; et qu’il y ait quelqu’un qui interprété ce qu’ils auront dit.

S’il n’y a point d’interprète, que celui qui a ce don se taise dans l’Église, qu’il ne parle qu’à soi-même et à Dieu.

Pour ce qui est des prophètes, qu’il n’y en ait point plus de deux ou trois qui parlent, et que les autres en jugent.

S’il se fait quelque révélation à un autre de ceux qui sont assis dans l’assemblée, que le premier se taise.

Car vous pouvez tous prophétiser l’un après l’autre, afin que tous apprennent, et que tous soient consolés.

Et les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes.

Car Dieu est un Dieu de paix, et non de désordre ; et c’est ce que j’enseigne dans toutes les Églises des saints.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13.

Que les femmes parmi vous se taisent dans les Églises, parce qu’il ne leur est pas permis d’y parler ; mais elles doivent être soumises, selon que la loi l’ordonne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 3, 16. ― Elles doivent ; ce verbe, ou tout autre d’une signification analogue, est nécessairement sous-entendu. Voir ce qu’il est dit à ce sujet en 1 Timothée, 4, 3.

Si elles veulent s’instruire de quelque chose, qu’elles le demandent à leurs maris, lorsqu’elles seront dans leurs maisons : car il est honteux aux femmes de parler dans l’Église.

Est-ce de vous que la parole de Dieu est premièrement sortie ? ou n’est-elle venue qu’à vous seuls ?

Si quelqu’un croit être prophète ou spirituel, qu’il reconnaisse que les choses que je vous écris sont des ordonnances du Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Spirituel ; c’est-à-dire inspiré, éclairé par l’Esprit-Saint.

Si quelqu’un veut l’ignorer, il sera lui-même ignoré.

Enfin, mes frères, désirez surtout le don de prophétie, et n’empêchez pas l’usage du don des langues ;

mais que tout se fasse dans la bienséance, et avec ordre.