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1 Corinthiens 14

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Recherchez la charité. Aspirez néanmoins aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le mot prophétiser, outre le sens de prédire l’avenir, a celui de plus étendu d’être divinement inspiré et de parler de la part de Dieu. Dans ce chapitre, il signifie plus particulièrement, découvrir des choses secrètes et inconnues, comme expliquer les mystères, et interpréter les Ecritures.

En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des mystères.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans tout ce chapitre, le mot langue veut dire langue étrangère, inconnue, que l’on ne comprend pas.

Celui qui prophétise au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console.

Celui qui parle en langue s’édifie lui-même ; celui qui prophétise édifie l’Église [de Dieu].

Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez ; car celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n’interprète ce qu’il dit, pour que l’Église en reçoive de l’édification.

Voyons, frères, de quelle utilité vous serais-je, si je venais à vous parlant en langues, et si je ne vous parle pas par révélation, ou par science, ou par prophétie, ou par doctrine ?

Si les objets inanimés qui rendent un son, comme une flûte ou une harpe, ne rendent pas des sons distincts, comment connaîtra-t-on ce qui est joué sur la flûte ou sur la harpe ?

Et si la trompette rend un son confus, qui se préparera au combat ?

Commentaire (versets 7 à 8) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 7 à 8 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

La flûte et la harpe étaient les instruments de musique les plus communs chez les anciens, avec la trompette.

De même vous, si vous ne faites pas entendre avec la langue une parole distincte, comment saura-t-on ce que vous dites ? Vous parlerez en l’air.

Quelque nombreuses que puissent être dans le monde les diverses langues, il n’en est aucune qui consiste en sons inintelligibles.

Si donc j’ignore la valeur du son, je serai un barbare pour celui qui parle, et celui qui parle sera un barbare pour moi.

De même vous aussi, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l’édification de l’Église que vous cherchiez à en avoir abondamment.

C’est pourquoi, que celui qui parle en langue prie pour obtenir le don d’interpréter.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans ce verset et les suivants, il s’agit évidemment non d’une prière publique, telle qu’elle se pratique dans l’Eglise, mais des prières composées par les particuliers et récitées par eux publiquement pour l’édification de l’assemblée. Il fallait donc nécessairement que ces prières fussent comprises, pour que les fidèles qui les entendaient pussent répondre en toute sûreté Amen. Ainsi saint Paul ne condamne pas l’usage de l’Eglise latine, qui prie dans une langue que le peuple n’entend pas, ni d’une prière publique consacrée par la liturgie reçue et admise. D’ailleurs comment l’aurait-il fait ? Il savait parfaitement que de son temps les psaumes et les cantiques se chantaient en hébreu dans le temple, quoique pourtant cette langue ne fût plus familière aux Juifs d’alors. Sans cela, il aurait condamné ce que Jésus-Christ avait lui-même respecté et consacré par son assiduité aux fêtes judaïques.

Car si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence demeure sans fruit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mon esprit, ce principe de vie plus intime (verset 2) appelé quelquefois le cœur, qui, excité par l’Esprit de Dieu, sans le travail de la réflexion et du raisonnement (ce qui est propre à l’activité intellectuelle, du noûs, mens), sent et voit le divin. Pendant l’extase de celui qui parle en langue, l’intelligence reste inactive ; elle est sanas fruit, pour elle-même et pour les autres.

Que faire donc ? Je prierai avec l’esprit, mais je prierai aussi avec l’intelligence ; je chanterai avec l’esprit, mais je chanterai aussi avec l’intelligence.

Autrement, si tu rends grâces avec l’esprit, comment celui qui est dans les rangs de l’homme du peuple répondra-t-il « Amen ! » à ton action de grâces, puisqu’il ne sait pas ce que tu dis ?

Ton hymne d’action de grâces est sans doute fort beau ; mais lui n’en est pas édifié.

Je rends grâces à [mon] Dieu de ce que je parle en langues plus que vous tous ;

mais, dans l’Église, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d’instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue.

Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement ; mais faites-vous enfants sous le rapport de la malice, et, pour le jugement, soyez des hommes faits.

Il est écrit dans la Loi : « C’est par des hommes d’une autre langue et par des lèvres étrangères que je parlerai à ce peuple, et même ainsi ils ne m’écouteront pas, dit le Seigneur. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 28, 11. ― On comprenait sous le nom de loi tous les livres sacrés. ― En d’autres langues ; c’est-à-dire en des langues autres que la sienne.

C’est donc que les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les infidèles ; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les infidèles, mais pour les croyants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sont un signe ; littéralement, en signe ; ce qui est un pur hébraïsme.

Si donc, l’Église entière se trouvant réunie en assemblée, tous parlent en langues, et qu’il survienne des hommes non initiés ou des infidèles, ne diront-ils pas que vous êtes des fous ?

Mais si tous prophétisent, et qu’il survienne un infidèle ou un homme non initié, il est convaincu par tous, il est jugé par tous,

les secrets de son cœur sont dévoilés, de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu, et publiera que Dieu est vraiment au milieu de vous.

Que faire donc, mes frères ? Lorsque vous vous assemblez, tel d’entre vous a un cantique, tel une instruction, tel une révélation, tel un discours en langue, tel une interprétation, que tout se passe de manière à édifier.

Si l’on parle en langue, que ce soient chaque fois deux ou trois au plus, chacun à son tour, et qu’il y ait un interprète ;

s’il n’y a point d’interprète, qu’on se taise dans l’assemblée et qu’on se parle à soi-même et à Dieu.

Pour les prophètes, qu’il y en ait deux ou trois à parler, et que les autres jugent ;

et si un autre, qui est assis, a une révélation, que le premier se taise.

Car vous pouvez tous prophétiser l’un après l’autre, afin que tous soient instruits et que tous soient exhortés.

Or les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes,

car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. Comme cela a eu lieu dans toutes les Églises des saints,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13.

que vos femmes se taisent dans les assemblées, car elles n’ont pas mission de parler ; mais qu’elles soient soumises, comme le dit aussi la Loi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 3, 16. ― Elles doivent ; ce verbe, ou tout autre d’une signification analogue, est nécessairement sous-entendu. Voir ce qu’il est dit à ce sujet en 1 Timothée, 4, 3.

Si elles veulent s’instruire sur quelque point, qu’elles interrogent leurs maris à la maison ; car il est malséant à une femme de parler dans une assemblée.

Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie ? ou est-ce à vous seuls qu’elle est parvenue ?

Si quelqu’un croit être prophète ou riche en dons spirituels, qu’il reconnaisse que ces choses que je vous ai écrites sont des commandements du Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Spirituel ; c’est-à-dire inspiré, éclairé par l’Esprit-Saint.

Et s’il veut l’ignorer, qu’il l’ignore.

Ainsi donc, mes frères, aspirez au don de prophétie, et n’empêchez pas de parler en langue.

Mais que tout se fasse avec bienséance et avec ordre.