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Actes des Apôtres 9

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Cependant Saul, respirant encore la menace et la mort contre les disciples du Seigneur, alla trouver le grand prêtre

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Galates, 1, 13.

et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des gens de cette croyance, hommes ou femmes, il les amenât enchaînés à Jérusalem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De cette voie. Le mot voie est pris ici figurément, comme souvent ailleurs dans l'Ecriture, pour conduite, profession, religion, secte, doctrine. ― « Damas, à une soixante de lieues au nord-est de Jérusalem, avait été soumise par Pompée et était peut-être encore sous la domination romaine, au moment de la conversion de saint Paul ; mais bientôt après, elle tomba au pouvoir d'Arétas, roi d'Arabie, ainsi que le prouve une monnaie de cette ville, au type de ce prince. Comme la plupart des grandes cités de l'Asie Mineure et de l'empire, elle renfermait une nombreuse colonie juive, qui habitait un quartier à part, et avait non seulement des assemblées religieuses, mais ses lois, ses magistrats et sa justice propres : privilège dont les Juifs jouissent encore en plusieurs villes mahométanes. Le grand-prêtre de Jérusalem exerçait sur eux son autorité, en matière civile aussi bien que religieuse. C'est dans leurs rangs que se trouvaient ces nouveaux chrétiens, dont Saul prétendait châtier l'apostasie ; et peut-être quelques fidèles de Jérusalem étaient-ils venus y chercher un asile. L'endroit où le persécuteur fut terrassé et où il se soumit au divin maître, se trouve à cinq cent pas de la ville. Saint Augustin dit qu'il est bien connu et qu'on le montre aux voyageurs. Les chrétiens s'y rendent en procession chaque année, le 25 janvier. La rue droite traverse encore la ville dans toute sa longueur. » (L. BACUEZ.) ― Tous les voyageurs vantent à l'envi la beauté de Damas. « Je comprends, dit Lamartine, que les traditions arabes placent à Damas le site du paradis perdu : aucun lieu de la terre ne rappelle mieux l'Eden. La vaste et féconde plaine, les sept rameaux du fleuve bleu qui l'arrosent, l'encadrement majestueux des montagnes, les lacs éblouissants qui réfléchissent le ciel sur la terre, la perfection du climat, tout indique au moins que Damas a été une des premières villes bâties par les enfants des hommes… Tant que la terre portera des empires, Damas sera une grande ville. »

Comme il était en chemin et qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 22, 6 ; 1 Corinthiens, 15, 8 ; 2 Corinthiens, 12, 2.

Il tomba par terre, et entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »

Il répondit : « Qui êtes-vous, Seigneur ? » Et le Seigneur dit : « Je suis Jésus que tu persécutes. [Il n’est pas bon pour toi de regimber contre l’aiguillon. »

Tremblant et saisi d’effroi, il dit : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Le Seigneur lui répondit :] « Lève-toi et entre dans la ville ; là on te dira ce que tu dois faire. »

Les hommes qui l’accompagnaient demeurèrent saisis de stupeur, car ils percevaient le son de la voix, mais ne voyaient personne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceci semble contradictoire avec ce qui est dit dans Actes des Apôtres, 22, 9. Mais cette contradiction, qui n'est qu'apparente, s'évanouit quand on considère qu'entendre signifie tout à la fois être frappé d'un son et comprendre.

Saul se releva de terre, et bien que ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main et on le conduisit à Damas ;

et il y fut trois jours sans voir, et sans prendre ni nourriture ni boisson.

Or il y avait à Damas un disciple nommé Ananie. Le Seigneur lui dit dans une vision : « Ananie ! » Il répondit : « Me voici, Seigneur. »

Et le Seigneur lui dit : « Lève-toi, va dans la rue qu’on appelle la Droite, et cherche dans la maison de Judas un nommé Saul, de Tarse ; car il est en prière. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La rue qu'on appelle Droite. « La rue Droite subsiste encore dans toute sa longueur ; c'est la plus grande de la ville. Elle la traverse d'une extrémité à l'autre, d'orient en occident. Ses édifices de chaque côté sont presque autant de boutiques ou de magasins dans lesquels sont étalées les plus riches marchandises soit d'Europe, soit des diverses parties de l'Asie, qu'y ont apportés les caravanes des pèlerins. » (DE GERAMB.) ― Saul de Tarse. Sur tarse, voir verset 30.

(Et il a vu en vision un homme nommé Ananie, qui entrait et lui imposait les mains afin qu’il recouvrât la vue.)

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Saul vit aussi un homme. Pendant que le Seigneur faisait entendre sa voix à Ananie, il le montrait à Saul dans une vision.

Ananie répondit : « Seigneur, j’ai appris de plusieurs tout le mal que cet homme a fait à vos saints dans Jérusalem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les premiers chrétiens étaient communément appelés saints, soit parce qu'ils avaient été sanctifiés par la grâce des sacrements, soit parce que la pureté de leurs mœurs et la sainteté de leur vie les rendaient dignes de cette glorieuse dénomination.

Et il a ici, des princes des prêtres, plein pouvoir pour charger de chaînes tous ceux qui invoquent votre nom. »

Mais le Seigneur lui dit : « Va, car cet homme est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois et devant les enfants d’Israël ;

et je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom. »

Ananie s’en alla, et arrivé dans la maison, il imposa les mains à Saul, en disant : « Saul, mon frère, le Seigneur Jésus qui t’a apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint-Esprit. »

Au même instant, il tomba des yeux de Saul comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva et fut baptisé ;

et après qu’il eut pris de la nourriture, ses forces lui revinrent. Saul passa quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas,

et aussitôt il se mit à prêcher dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu.

Tous ceux qui l’entendaient étaient dans l’étonnement et disaient : « N’est-ce pas lui qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom, et n’est-il pas venu ici pour les conduire chargés de chaînes aux princes des prêtres ? »

Cependant Saul sentait redoubler son courage, et il confondait les Juifs de Damas, leur démontrant que Jésus est le Christ.

Après un temps assez considérable, les Juifs formèrent le dessein de le tuer,

mais leur complot parvint à la connaissance de Saul. On gardait les portes jour et nuit, afin de le mettre à mort.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Corinthiens, 11, 32.

Mais les disciples le prirent pendant la nuit et le descendirent par la muraille, dans une corbeille.

Il se rendit à Jérusalem, et il cherchait à se mettre en rapport avec les disciples ; mais tous le craignaient, ne pouvant croire qu’il fût disciple de Jésus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Jérusalem, pour la première fois depuis sa conversion. Quoiqu'il eût reçu immédiatement de Jésus-Christ sa mission apostolique, il sentait qu'il devait se rattacher au chef visible de l'Eglise. Voir Galates, 1, 18.

Alors Barnabé, l’ayant pris avec lui, le mena aux Apôtres, et leur raconta comment sur le chemin Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et avec quel courage il avait, à Damas, prêché le nom de Jésus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Aux Apôtres, Pierre et Jacques, qui se trouvaient alors à Jérusalem. ― Barnabé. Voir Actes des Apôtres, 4, 36.

Dès lors Saul allait et venait avec eux dans Jérusalem, et parlait avec assurance au nom du Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Demeurait, etc. ; littéralement : Entrait et sortait ; hébraïsme. Voir Actes des Apôtres, 1, 21.

Il s’adressait aussi aux Hellénistes et disputait avec eux ; mais ceux-ci cherchaient à le mettre à mort.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Grecs, dans le texte original : les Hellénistes, le nom désigne les Juifs qui, nés en pays étranger, parlaient la langue grecque.

Les frères, l’ayant su, l’emmenèrent à Césarée, d’où ils le firent partir pour Tarse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

« Césarée de Palestine, qu'il faut distinguer de Césarée de Philippe, était une place forte, bâtie par Hérode, sur les bords de la mer, en l'honneur de César-Auguste, et munie d'un port de première importance. Le gouverneur romain résidait dans ses murs, avec un corps de troupe italien sur la fidélité duquel il pouvait compter. Le diacre Philippe s'y établit. Deux siècles et demi plus tard (315-340), cette ville avait pour évêque le premier historien de l'Eglise, Eusèbe, et la maison du centurion Corneille, transformée en église, était devenue un lieu de pèlerinage. » (L. BACUEZ.) ― « Césarée, l'ancienne et splendide capitale d'Hérode, n'a plus un seul habitant, raconte Lamartine. Ses murailles, relevées par saint Louis pendant sa croisade, sont néanmoins intactes, et serviraient encore aujourd'hui de fortifications excellentes à une ville moderne. Nous franchîmes le fossé profond qui les entoure, sur un pont de pierre à peu près au milieu de l'enceinte, et nous entrâmes dans le dédale de pierres, de caveaux entrouverts, de restes d'édifices, de fragments de marbre et de porphyre dont le sol de l'ancienne ville est jonché. Nous fîmes lever trois chacals du sein des décombres qui retentissaient sous les pieds de nos chevaux ; nous cherchions la fontaine qu'on nous avait indiquée, nous la trouvâmes avec peine à l'extrémité orientale de ces ruines ; nous y campâmes. Vers le soir, un jeune pasteur arabe y arriva avec un troupeau innombrable de vaches noires, de moutons et de chèvres ; il passa environ deux heures à puiser constamment de l'eau de la fontaine pour abreuver ses animaux, qui attendaient patiemment leur tour, et se retiraient en ordre après avoir bu, comme s'ils eussent été dirigés par des bergers. Cet enfant, absolument nu, était monté sur un âne ; il sortit le dernier des ruines de Césarée, et nous dit qu'il venait ainsi tous les jours d'environ deux lieues, conduire à l'abreuvoir les troupeaux de sa tribu établie dans la montagne. Voilà la seule rencontre que nous fîmes à Césarée, dans cette ville où Hérode, suivant Josèphe, avait accumulé toutes les merveilles des arts grecs et romains. » ― « Tarse, sur les bords du Cydnus, était la capitale de la Cilicie. C'était une ville libre, qui élisait ses magistrats ; mais il n'est pas certain qu'elle fût colonie romaine, ni qu'elle jouît du droit de municipe. Aussi croit-on que le titre de citoyen romain, acquis à saint Paul dès sa naissance, était un privilège de sa famille et non de sa patrie. Il est certain qu'il y avait en Asie, en particulier à Ephèse et à Sardes, des Juifs qui avaient reçu ce titre, soit pour leurs services militaires, soit pour quelque autre motif. La proximité de la mer et le voisinage de Chypre permettait à Tarse d'étendre son commerce et d’écouler les produits de son industrie. Ses écoles, que saint Paul avait pu fréquenter dans sa jeunesse, étaient célèbres en Orient et rivalisaient, dit-on, avec celles d'Athènes et d'Alexandrie. » (L. BACUEZ.)

L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, se développant et progressant dans la crainte du Seigneur, et elle se multipliait par l’assistance du Saint-Esprit.

Or il arriva que Pierre, visitant les saints de ville en ville, descendit vers ceux qui demeuraient à Lydda.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les saints. Voir verset 13. ― Lydde, bourgade de la tribu de Benjamin, appelée aussi Diospolis du temps des Romains, à peu de distance de la Méditerranée.

Il y trouva un homme appelé Enée, couché sur un lit depuis huit ans : c’était un paralytique.

Pierre lui dit : « Enée, Jésus-Christ te guérit ; lève-toi, et fais toi-même ton lit. » Et aussitôt il se leva.

Tous les habitants de Lydda et de Saron le virent, et ils se convertirent au Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sarone. C'est la plaine de Saron qui est ici désignée. Elle s'étendait de Césarée de Palestine jusqu'à Joppé. Elle était très fertile et par conséquent peuplée.

Il y avait à Joppé, parmi les disciples, une femme nommée Tabitha, en grec Dorcas : elle était riche en bonnes œuvres et faisait beaucoup d’aumônes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tabitha en syriaque, et en grec Dorcas, veut dire gazelle. ― Joppé, aujourd'hui Jaffa, dont le nom signifie belle, sur la Méditerranée, aux confins de la tribu de Dan et d'Ephraïm. Les princes Asmonéens avaient rétabli son port. Incorporée par Pompée à la province de Syrie, cette ville fut rendue à Hyrcan II par Jules César. Plus tard elle fut sous la domination d'Hérode-le-Grand et d'Archélaüs. Unie de nouveau à la Syrie, elle fut depuis ruinée par Cestius Gallus et par Vespasien. Il y a peu de villes qui aient été aussi souvent saccagées, brûlées et reconstruites. Au siècle dernier, elle était presque déserte, aujourd'hui elle est florissante et compte une quinzaine de mille habitants, grâce à son port, qui est le port de Jérusalem, quoiqu'il soit peu sûr et que le débarquement y soit fort difficile. Les jardins qui entourent Jaffa sont bien arrosés et d'une fertilité merveilleuse. Il y a encore des tanneries sur le bord de la mer et l'on y montre la maison de Simon le Corroyeur (voir Actes des Apôtres, 9, 43 ; 10, 6) de même que le tombeau de Tabitha.

Elle tomba malade en ce temps-là, et mourut. Après l’avoir lavée, on la déposa dans une chambre haute.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chambre haute, hyperôon. Voir Marc, 2, 4.

Comme Lydda est près de Joppé, les disciples ayant appris que Pierre s’y trouvait, envoyèrent deux hommes vers lui pour lui adresser cette prière : « Ne tarde pas de venir jusque chez nous. »

Pierre se leva et partit avec eux. Dès qu’il fut arrivé, on le conduisit dans la chambre haute, et toutes les veuves l’entourèrent en pleurant, et en lui montrant les tuniques et les vêtements que faisait Dorcas pendant qu’elle était avec elles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le cénacle. Voir Actes des Apôtres, 1, 13. Dorcas avait formé une réunion de veuves pieuses, qui passaient avec elles les journées à tisser des habits pour les indigents.

Pierre fit sortir tout le monde, se mit à genoux et pria ; puis, se tournant vers le cadavre, il dit : « Tabitha, lève-toi ! » Elle ouvrit les yeux, et ayant vu Pierre, elle se mit sur son séant.

Pierre lui tendit la main et l’aida à se lever. Et ayant appelé les saints et les veuves, il la leur présenta vivante.

Ce prodige fut connu dans toute la ville de Joppé, et un grand nombre crurent au Seigneur.

Pierre demeura quelque temps à Joppé, chez un corroyeur nommé Simon.