Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Actes des Apôtres 13
Écouter
Crédits
Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :
- aucune utilisation commerciale ;
- aucune modification du contenu des fichiers ;
- paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.
Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.
Il y avait dans l’Église d’Antioche des prophètes et des docteurs, savoir, Barnabé, Siméon, appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manahen, qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque, et Saul.
Comme ils vaquaient au service du Seigneur et qu’ils jeûnaient, l’Esprit-Saint leur dit : « Séparez-moi Saul et Barnabé pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. »
Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C'est ainsi que commença la première mission de saint Paul, l'an 45 de notre ère.
Envoyés donc par le Saint-Esprit, Saul et Barnabé se rendirent à Séleucie, d’où ils firent voile pour l’île de Chypre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Séleucie, ville de Syrie sur la Méditerranée, au sud et à 120 stades d'Antioche vis-à-vis de l'île de Chypre, à 40 stades au nord de l'embouchure de l'Oronte. ― Chypre. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.
Arrivés à Salamine, ils annoncèrent la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Ils avaient avec eux Jean pour les aider dans leur ministère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Salamine. C'était une des villes principales de l'île de Chypre, sur la côte orientale, avec un bon port. Les Juifs y étaient nombreux. On voit aujourd'hui ses ruines près de la moderne Famagouste. ― Dans les synagogues. Quand un Juif étranger assistait aux offices de la synagogue, le chef de la synagogue l'invitait à parler et saint Paul ne manqua jamais, dans toute sa carrière apostolique, de saisir cette occasion d'annoncer l'Evangile. Comparer à Luc, 4, 16 et Actes des Apôtres, 13, 15.
Ayant parcouru toute l’île jusqu’à Paphos, ils trouvèrent un certain magicien, faux prophète juif, nommé Barjésus,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jusqu'à Paphos. Cette ville, port de mer, était à l'opposé de Salamine, sur la côte occidentale de l'île de Chypre. Elle servait alors de résidence au proconsul romain. L'ancienne Paphos, célèbre chez les anciens par le culte de Vénus, était à soixante stades au nord. ― Barjésu. Ce nom signifie fils de Jésus.
qui vivait auprès du proconsul Sergius Paulus, homme sage. Ce dernier, ayant fait appeler Barnabé et Saul, manifesta le désir d’entendre la parole de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sergius Paulus. « Les Actes donnent à Sergius Paulus le titre de proconsul. On sait, en effet, que la Chypre, à raison de son importance et de son étendue, formait à elle seule une province dans l'empire, et l'on voit par plusieurs médailles qu'elle avait pour gouverneur un proconsul annuel, comme toutes les provinces dont le gouvernement dépendant du Sénat. L'éloge que saint Luc fait des lumières et de la sagesse de Sergius Paulus, et l'impression que l'Evangile produisit sur son esprit, donnent lieu de croire qu'il devint un des appuis du christianisme naissant. Le Martyrologe romain le nomme au 22 mars, avec le titre d'évêque de Narbonne ; et l'église de cette ville l'a toujours regardé comme son apôtre. D'après la tradition, saint Paul l'aurait établi sur ce siège, dans le voyage qu'il fit pour se rendre en Espagne. Narbonne est bien, en effet sur la voie qui conduisait de l'Italie dans la Bétique. L'itinéraire d'Antonin, qui décrit cette voie, nomme Nice, Arles Narbonne, les monts Pyrénées, Barcelone. ― Plusieurs pensent que c'est en souvenir de la conversion de Sergius Paulus, comme signe de l'estime et de l'affection dont il honorait son généreux disciple, que l'Apôtre aurait pris le nom de Paul, à la place de celui de Saul qu'il avait porté jusque là. Mais, si cette conjoncture a quelque vraisemblance, elle n'est pas nécessaire pour l'explication du fait. L'usage des doubles noms, ou des surnoms grecs et latins, était alors commun chez les Juifs. Un certain nombre qui avaient un nom significatif, le traduisaient dans l'une de ces langues, comme Céphas qui s'appela Petrus, Silas qu'on nomma Tertius ou Silvanus, etc. D'autres, renonçant tout à fait à leur nom, en prenaient un suivant leur goût, comme Jean qui prit le nom de Marc, Jannès qui se nomma Alexandre, Onias qui s'appela Ménélaüs, Jésus qui prit celui de Juste. D'autres enfin se bornaient à changer quelque lettre ou à modifier la désinence de leur nom pour lui donner une apparence grecque ou latine. Ainsi on disait Jason au lieu de Jésus, Alcime pour Eliacim, Hégésippe au lieu de Joseph, Dosithée au lieu de Dosithai, Trypho pour Tarphon, Alphée pour Clopé, Diocletianus pour Dioclès. C'est ce qu'aura fait probablement saint Paul. Au moment d'entrer dans l'empire et de se mettre en rapport avec les Romains, il aura latinisé son nom, en l'altérant le moins possible. » (L. BACUEZ.)
Mais Elymas, le magicien — car telle est la signification de son nom — leur faisait opposition, cherchant à détourner de la foi le proconsul.
Alors Saul, appelé aussi Paul, rempli du Saint-Esprit, fixant son regard sur le magicien,
lui dit : « Homme plein de toute sorte de ruses et de fourberies, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu pas de pervertir les voies droite du Seigneur ?
Maintenant voici que la main de Dieu est sur toi ; tu seras aveugle, privé pour un temps de la vue du soleil. « Aussitôt d’épaisses ténèbres tombèrent sur lui, et il cherchait, en se tournant de tous côtés, quelqu’un qui lui donnât la main.
À la vue de ce prodige, le proconsul crut, vivement frappé de la doctrine du Seigneur.
Paul et ses compagnons, ayant fait voile de Paphos, se rendirent à Perge en Pamphylie ; mais Jean les quitta et s’en retourna à Jérusalem.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Perge, capitale de la Pamphylie, sur la rivière Cestros, à soixante stades de la Méditerranée. Dans le voisinage, sur une éminence, était un temple célèbre de Diane. ― La Pamphylie, province de l'Asie Mineure, est déjà mentionnée, voir Actes des Apôtres, 2, 10. ― Jean Marc. Voir Actes des Apôtres, 12, 12.
Eux, poussant au delà de Perge, se rendirent à Antioche de Pisidie, et étant entrés dans la synagogue le jour du sabbat, ils s’assirent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Du sabbat ; littéralement, des sabbats. Le pluriel de ce mot se met quelquefois pour le singulier. ― Antioche de Pisidie était une ville de Phrygie, mais on l'appelait de Pisidie, à cause de la proximité de cette province et afin de la distinguer d'Antioche de Syrie. Comme cette dernière, elle avait été bâtie par Séleucus Nicanor qui l'avait ainsi nommée en l'honneur de son père Antiochus. C'était une ville importante. Auguste en avait fait une colonie romaine.
Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : « Frères, si vous avez quelque exhortation à adresser au peuple, parlez. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les chefs de la synagogue. Le premier archisynagogus (voir Marc, 5, 22) était assisté d'un conseil composé d'un nombre plus ou moins considérable de membres, selon l'importance des synagogues. On les appelait quelquefois Archisynagogi ou chefs de la synagogue. Ils avaient dans l'assemblée des sièges particuliers, près du coffre destiné à recevoir les Saintes Ecritures.
Paul se leva, et, ayant fait signe de la main, il dit : « Enfants d’Israël, et vous qui craignez Dieu, écoutez.
Le Dieu de ce peuple d’Israël a choisi nos pères. Il glorifia ce peuple pendant son séjour en Égypte, et l’en fit sortir par son bras puissant.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 1, 1 ; 13, 21-22.
Durant près de quarante ans, il en prit soin dans le désert.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 16, 3.
Puis, ayant détruit sept nations au pays de Chanaan, il le mit en possession de leur territoire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Josué, 14, 2.
Après cela, durant quatre cent cinquante ans environ, il lui donna des juges jusqu’au prophète Samuel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Juges, 3, 9.
Alors ils demandèrent un roi ; et Dieu leur donna, pendant quarante ans, Saül, fils de Cis, de la tribu de Benjamin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Samuel, 8, 5 ; 9, 16 ; 10, 1.
Puis, l’ayant rejeté, il leur suscita pour roi David, auquel il a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé, homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Samuel, 13, 14 ; 16, 13 ; Psaumes, 88, 21.
C’est de sa postérité que Dieu, selon sa promesse, a fait sortir pour Israël un Sauveur, Jésus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 11, 1.
Avant sa venue, Jean avait prêché un baptême de pénitence à tout le peuple d’Israël ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 1 ; Marc, 1, 4 ; Luc, 3, 3.
et arrivé au terme de sa course, il disait : Je ne suis pas celui que vous pensez ; mais voici qu’après moi vient celui dont je ne suis pas digne de délier la chaussure.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 11 ; Marc, 1, 7 ; Jean, 1, 27. ― La chaussure, les sandales. Voir Marc, 6, 9.
Mes frères, fils de la race d’Abraham, et vous qui craignez Dieu, c’est à vous que cette parole de salut a été envoyée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La parole de ce salut ; c'est-à-dire du salut dont Jésus-Christ est l'auteur. Comparer au verset 23. Dans Actes des Apôtres, 5, 20, on a pu remarquer une construction de phrase tout à fait semblable.
Car les habitants de Jérusalem et leurs magistrats ayant méconnu Jésus et les oracles des prophètes qui se lisent chaque sabbat, les ont accompli par leur jugement,
et sans avoir rien trouvé en lui qui méritât la mort, ils ont demandé à Pilate de le faire mourir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 27, vv. 20, 23 ; Marc, 15, 13 ; Luc, 23, vv. 21, 23 ; Jean, 19, 15.
Et quand ils eurent accompli tout ce qui est écrit de lui, ils le descendirent de la croix et le déposèrent dans un sépulcre.
Mais Dieu l’a ressuscité des morts ; et pendant plusieurs jours de suite il s’est montré à ceux
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 28 ; Marc, 16 ; Luc, 24 ; Jean, 20.
qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple.
Nous aussi, nous vous annonçons que la promesse faite à nos pères,
Dieu l’a accomplie pour nous, leurs enfants, en ressuscitant Jésus, selon ce qui est écrit dans le Psaume deuxième : Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 2, 7.
Que Dieu l’ait ressuscité des morts de telle sorte qu’il ne retournera pas à la corruption, c’est ce qu’il a déclaré en disant : Je vous donnerai les faveurs divines promises à David, faveurs qui sont assurées.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 55, 3.
— C’est pourquoi il dit encore ailleurs : Tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption. —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 15, 10. ― Voie la corruption. Comparer à Actes des Apôtres, 2, 27.
Or David, après avoir, pendant qu’il vivait, accompli les desseins de Dieu, s’est endormi, et il a été réuni à ses pères, et il a vu la corruption.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Rois, 2, 10.
Mais celui que Dieu a ressuscité n’a pas vu la corruption.
Sachez-le donc, mes frères : c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé ; et de toutes les souillures, dont vous n’avez pu être justifiés par la loi de Moïse,
quiconque croit en est justifié par lui.
Prenez donc garde qu’il ne vous arrive ce qui est dit dans les Prophètes :
« Voyez, hommes dédaigneux, soyez étonnés et disparaissez ; car je vais faire en vos jours une œuvre, une œuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Habacuc, 1, 5.
Lorsqu’ils sortirent, on les pria de parler sur le même sujet au sabbat suivant.
Et à l’issue de l’assemblée, beaucoup de Juifs et de pieux prosélytes suivirent Paul et Barnabé, et ceux-ci, s’entretenant avec eux, les exhortèrent à persévérer dans la grâce de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De prosélytes, gentils convertis au judaïsme.
Le sabbat suivant, la ville presque toute entière se rassembla pour entendre la parole de Dieu.
Les Juifs, voyant tout ce concours, furent remplis de jalousie, et, en blasphémant, ils contredirent tout ce que disait Paul.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De jalousie : les Juifs s'imaginaient qu'eux seuls avaient droit au salut rapporté par le Messie. D'autres traduisent, d'une haine violente.
Alors Paul et Barnabé dirent avec assurance : « C’est à vous les premiers que la parole de Dieu devait être annoncée ; mais, puisque vous la repoussez, et que vous-mêmes vous vous jugez indignes de la vie éternelle, voici que nous nous tournons vers les Gentils.
Car le Seigneur nous l’a ainsi ordonné : Je t’ai établi pour être la lumière des nations, pour porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 49, 6.
En entendant ces paroles, les Gentils se réjouirent, et ils glorifiaient la parole du Seigneur ; et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Préordonnés. Voir sur ce mot, Actes des Apôtres, 10, 41.
Et la parole du Seigneur se répandait dans tout le pays.
Mais les Juifs, ayant excité les femmes prosélytes de la classe élevée et les principaux de la ville, soulevèrent une persécution contre Paul et Barnabé, et les chassèrent de leur territoire.
Alors Paul et Barnabé secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et allèrent à Iconium.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 10, 14 ; Marc, 6, 11 ; Luc, 9, 5. ― Iconium, aujourd'hui Konyéh, ville importante de l'Asie Mineure, chef-lieu de la province de Lycaonie, dans une plaine fertile, au pied du mont Taurus, sur la grande ligne de communication entre Ephèse et les villes de Tarse et d'Antioche de Pisidie. Elle était avantageusement placée pour servir de centre aux missions de saint Paul dans ces parages ; aussi l'y reverrons-nous encore.
Cependant les disciples étaient remplis de joie et de l’Esprit-Saint.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ici commence la troisième et dernière partie des Actes. Barnabé qui était sans doute à la tête de l'Eglise d'Antioche. ― Simon le Noir. En grec Suméôn, personnage inconnu. ― Lucius de Cyrène est peut-être le même qui est nommé dans Romains, 16, 21. Manahen est inconnu. ― Hérode le tétrarque. Voir Matthieu, 14, 1. Saul, saint Paul. Frère de lait : le mot grec est ainsi traduit par la Vulgate ; mais il a aussi la signification de nourri, élevé avec. On donnait alors aux enfants des grandes familles, non seulement des pédagogues ou précepteurs, mais encore d'autres enfants ou compagnons élevés avec eux. Ce dernier sens est généralement adopté par les exégètes modernes.