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Actes des Apôtres 28
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Une fois sauvés, nous reconnûmes que l’île s’appelait Malte. Les barbares nous traitèrent avec une bienveillance peu commune ;
ils nous recueillirent tous autour d’un grand feu qu’ils avaient allumé, à cause de la pluie qui était survenue, et du froid.
Paul ayant ramassé quelques broussailles et les ayant jetées dans le brasier, une vipère, que la chaleur en fit sortir, s’attacha à sa main.
En voyant ce reptile qui pendait à sa main, les barbares se dirent les uns aux autres : « Sans aucun doute, cet homme est un meurtrier ; car, après qu’il a été sauvé de la mer, la Justice divine n’a pas voulu le laisser vivre. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La vengeance, en grec Dikê, la vengeance divine personnifiée d'après les idées païennes.
Lui, cependant, secoua la vipère dans le feu et n’en ressentit aucun mal.
Les barbares s’attendaient à le voir enfler ou tomber mort subitement. Mais après avoir longtemps attendu, voyant qu’il ne lui arrivait aucun mal, ils changèrent de sentiment, et dirent : C’est un dieu.
Il y avait, dans le voisinage, des terres appartenant au premier personnage de l’île, nommé Publius ; qui nous reçut et nous donna pendant trois jours l’hospitalité la plus amicale.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au premier de l'île, nommé Publius. Deux inscriptions, l'une grecque, l'autre latine, nous apprennent que le magistrat suprême de Malte portait le titre de Premier de l'île.
Le père de Publius était alors au lit, malade de la fièvre et de la dysenterie. Paul alla le visiter, et après avoir prié, il lui imposa les mains et le guérit.
Sur quoi tous les autres malades de l’île vinrent le trouver, et ils furent guéris.
On nous rendit de grands honneurs à notre départ, et on nous pourvut de ce dont nous avions besoin.
Après un séjour de trois mois, nous nous embarquâmes sur un vaisseau d’Alexandrie qui avait passé l’hiver dans l’île ; il portait pour enseigne les Dioscures.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les castors. En grec : les Dioscures, c'est-à-dire Castor et Pollux, fils de Jupiter et de Léda, dont on avait donné le nom à une constellation et que les marins honoraient comme une divinité tutélaire. Leur image était peinte sur la proue du vaisseau d'Alexandrie, qui, pour ce motif, portait leur nom.
Ayant abordé à Syracuse, nous y restâmes trois jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Syracuse, capitale de la Sicile, sur la côte orientale de cette île.
De là, en suivant la côte, nous atteignîmes Reggio, et le lendemain, le vent soufflant du sud, nous arrivâmes en deux jours à Pouzzoles ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Rhégium, aujourd'hui Reggio, dans le royaume de Naples, au sud-ouest, vis-à-vis de la Sicile. ― « Le lieu nommé Puteoli par la Vulgate est Pouzzoles, ville de la Campanie, sur le golfe de Naples. Le port d'Ostie ne pouvait recevoir que des barques, celui de Pouzzoles était le dernier où l'on abordât avant l'embouchure du Tibre. C'est vers ce port, parfaitement sûr, que cinglaient les nombreux vaisseaux qui venaient d'Alexandrie ; et c'est là que débarquaient les Juifs et les Syriens qui se rendaient à Rome. Saint Paul y arriva deux jours après son départ de Reggio. Les frères qui l'accueillirent avec une charité si empressée, et qui le retinrent toute la semaine avec saint Luc et Aristarque, étaient certainement des chrétiens, aussi bien que ceux qui vinrent à sa rencontre jusqu'au Marché d'Appius, à neuf lieues de Rome, et aux Trois Loges, à quatre lieues. Pouzzoles est à peu de distance de Pompéi. On a trouvé récemment dans les ruines de cette dernière ville, ensevelie dix-huit ans plus tard en 79, sous les laves du Vésuve, une synagogue, et dans une inscription gravée au trait sur le stuc d'une muraille, une trace certaine de l'existence du christianisme à cette époque : Audi christianos, sævos olores. » (L. BACUEZ.)
nous y trouvâmes des frères qui nous prièrent de passer sept jours avec eux ; ensuite nous partîmes pour Rome.
Ayant entendu parler de notre arrivée, les frères de cette ville vinrent au-devant de nous jusqu’au Forum d’Appius et aux Trois-Tavernes. Paul, en les voyant, rendit grâces à Dieu et fut rempli de confiance.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Forum ou marché d'Appius. Il était situé sur la voie Appienne, à quarante-trois milles de Rome, au nord-ouest de Terracine ; aujourd'hui San-Donato. ― Les trois Tavernes étaient encore plus au nord, sur la même voie Appienne, à trente-trois milles de Rome.
Quand nous fûmes arrivés à Rome, on permit à Paul de demeurer en son particulier avec un soldat qui le gardait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Seul avec le soldat qui le gardait. C'était un soldat prétorien, auquel saint Paul, d'après la coutume romaine, était attaché par une chaîne au bras. ― Saint Paul arriva à Rome au mois de mars de l'an 61, la 7e année du règne de Néron.
Trois jours après, Paul fit appeler les principaux d’entre les Juifs, et quand ils furent venus, il leur dit : « Mes frères, sans avoir rien fait ni contre le peuple, ni contre les coutumes de nos pères, je suis prisonnier, et, depuis Jérusalem, livré au pouvoir des Romains.
Après m’avoir interrogé, ils voulaient me relâcher, parce qu’il n’y avait rien en moi qui méritât la mort.
Mais les Juifs s’y opposèrent, et je me suis vu forcé d’en appeler à César, non certes que j’aie aucun dessein d’accuser ma nation.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A César, alors Néron.
Voilà pourquoi j’ai demandé à vous voir et à vous parler ; car c’est à cause de l’espérance d’Israël que je porte cette chaîne. »
Ils lui répondirent : « Nous n’avons reçu de Judée aucune lettre à ton sujet, et aucun des frères qui en sont revenus n’a rien rapporté ou dit de défavorable à ton égard.
Mais nous voudrions entendre de ta bouche ce que tu penses ; car, pour ce qui est de cette secte, nous savons qu’elle rencontre partout de l’opposition. »
Commentaire (versets 21 à 22) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 21 à 22 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
« On sent, dans le langage des Juifs, une sorte de réserve diplomatique ; ils s'en tiennent vis-à-vis de Paul au point de vue purement officiel. ― De cette secte : religion de Jésus, à laquelle Paul a fait allusion verset 20. » (CRAMPON)
Ayant pris jour avec lui, ils vinrent en plus grand nombre le trouver où il logeait. Paul leur exposa, dans un langage pressant, le royaume de Dieu, cherchant à les persuader, par la loi de Moïse et les Prophètes, de ce qui concerne Jésus. L’entretien dura depuis le matin jusqu’au soir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans l'hôtellerie, proprement le logement où il recevait l'hospitalité, peut-être la maison d'Aquila et de Priscille.
Les uns furent convaincus par ce qu’il disait, mais les autres ne crurent point.
Comme ils se retiraient en désaccord, Paul n’ajouta que ces mots : « Elle est bien vraie cette parole que le Saint-Esprit a dite à vos pères par le prophète Isaïe :
Va vers ce peuple, et dis-leur : Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point.
Commentaire (versets 25 à 26) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 25 à 26 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Voir Isaïe, 6, verset 9 et suivants, cité d'après les Septante : comparer à Matthieu 13, 14 et Jean, 12, 40. Voir Isaïe, 6, 9 ; Matthieu, 13, 14 ; Marc, 4, 12 ; Luc, 8, 10 ; Jean, 12, 40 ; Romains, 11, 8. ― Regardant, vous regarderez ; répétition qui, comme on a pu le remarquer plusieurs fois, a pour but de donner de la force et de l'énergie au discours.
Car le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles et ils ont fermé leurs yeux, de peur de voir de leurs yeux, d’entendre de leurs oreilles, de comprendre avec leur cœur, de se convertir et de recevoir de moi le salut. —
Sachez donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux Gentils ; pour eux, ils le recevront avec docilité. »
[Lorsqu’il eut ainsi parlé, les Juifs s’en allèrent, en discutant vivement entre eux.]
Paul demeura deux ans entiers dans une maison qu’il avait louée. Il recevait tous ceux qui venaient le visiter,
prêchant le royaume de Dieu et enseignant ce qui regarde le Seigneur Jésus-Christ, en toute liberté et sans empêchement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les barbares ; c'est-à-dire les restes des paysans africains qui étaient restés dans l'île, depuis que les Romains s'en étaient rendus maîtres ; ces paysans, ne parlant ni grec ni latin, étaient de ceux que les Grecs appelaient alors barbares. ― Malte. Quelques commentateurs croient qu'il s'agit ici de Meleda, dans le golfe de Venise, mais le plus grand nombre pensent que l'île ici nommée est bien celle qui est connue aujourd'hui sous le nom de Malte, dans la mer Méditerranée, au sud de la Sicile.