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Actes des Apôtres 19
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Or, pendant qu’Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir parcouru les hautes régions, arriva à Éphèse. Ayant rencontré quelques disciples,
il leur dit : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit quand vous avez cru ? » Ils lui répondirent : « Nous n’avons pas même entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. » —
« Quel baptême avez-vous donc reçu ? » demanda Paul. Ils dirent : « Le baptême de Jean. »
Paul dit alors : « Jean a baptisé du baptême de pénitence, en disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire en Jésus. »
Ayant entendu ces paroles, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus.
Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils se mirent à parler des langues et à prophétiser.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Imposé les mains : rite de la confirmation. ― Parler diverses langues, etc., voir 1 Corinthiens, 14, 2.
Ils étaient environ douze en tout.
Ensuite Paul entra dans la synagogue, et pendant trois mois, il y parla avec beaucoup d’assurance, discourant d’une manière persuasive sur les choses qui concernent le royaume de Dieu.
Mais, comme quelques-uns restaient endurcis et incrédules, décriant devant le peuple la voie du Seigneur, il se sépara d’eux, prit à part les disciples et discourut chaque jour dans l’école d’un nommé Tyrannus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un certain Tyran. Ce personnage est inconnu. D'après les uns, c'était un Juif, qui enseignait dans une de ces écoles qu'on annexait quelquefois aux synagogues ; d'après les autres, c'était un philosophe païen qui était à la tête d'une école profane.
Ce qu’il fit durant deux ans, de sorte que tous ceux qui habitaient l’Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En Asie, dans la partie de l'Asie Mineure dont les Romains avaient fait sous ce nom une province proconsulaire. Durant deux ans : Pendant ce séjour de deux ans à Ephèse, Paul écrivit plusieurs épîtres : celle aux Galates, la première aux Corinthiens, etc. ― Tous ceux : hyperbole. ― L'Asie proconsulaire.
Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par la main de Paul. Voir Actes des Apôtres, 5, 12.
au point qu’on appliquait sur les malades des mouchoirs et des ceintures qui avaient touché son corps, et les maladies les quittaient, et les esprits mauvais étaient chassés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des mouchoirs. Voir Luc, 19, 20.
Quelques-uns des exorcistes Juifs qui couraient le pays essayèrent aussi d’invoquer le nom du Seigneur Jésus sur ceux qui avaient des esprits malins, en disant : « Je vous adjure par Jésus que Paul prêche. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
. Juifs exorcistes, Juifs vagabonds, qui faisaient profession de chasser les démons.
Or ils étaient sept fils de Scéva, grand prêtre juif, qui se livraient à cette pratique.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Scéva était prince des prêtres, c'est-à-dire probablement chef d'une des vingt-quatre familles sacerdotales. Il n'est pas dit qu'il résidât lui-même à Ephèse.
L’esprit malin leur répondit : « Je connais Jésus et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes-vous ? »
Et l’homme qui était possédé de l’esprit malin se jeta sur eux, s’en rendit maître et les maltraita si fort, qu’ils s’enfuirent de cette maison nus et blessés.
Ce fait étant venu à la connaissance de tous les Juifs et de tous les Grecs qui demeuraient à Éphèse, la crainte tomba sur eux tous, et le nom du Seigneur Jésus fut glorifié.
Un grand nombre de ceux qui avaient cru venaient confesser et déclarer leurs actions.
Et parmi ceux qui s’étaient adonnés aux pratiques superstitieuses, beaucoup apportèrent leurs livres et les brûlèrent devant tout le peuple : en estimant la valeur de ces livres on trouva cinquante mille pièces d’argent :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les arts curieux ou magiques. La magie était en si grand honneur à Ephèse, que les formules magiques qu'on portait en Orient comme amulettes s'appelaient lettres éphésiennes. ― Leurs livres, qui traitaient de la magie et en renfermaient les formules. ― Cinquante mille deniers, 43.5 francs (en 1 900).
tant la parole du Seigneur s’étendait avec force et se montrait puissante !
Après cela, Paul résolut d’aller à Jérusalem, en traversant la Macédoine et l’Achaïe. « Après que j’aurai été là, se disait-il, il faut aussi que je voie Rome. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La Macédoine et l'Achaïe. Voir Actes des Apôtres, 16, 9 et 18, 12. ― Rome, la capitale de l'empire, avait déjà des chrétiens assez nombreux dans son sein.
Il envoya en Macédoine deux de ses auxiliaires, Timothée et Éraste, et lui-même resta encore quelque temps en Asie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Timothée. Voir Actes des Apôtres, 16, 1. ― Eraste est probablement le même qui est nommé dans la seconde Epître à Timothée (4, 20), mais il n'est pas possible de savoir si c'est celui qui est qualifié de trésorier de Corinthe dans l'Epître aux Romains, 16, 23.
Il survint en ce temps-là un grand tumulte au sujet de la voie du Seigneur.
Un orfèvre, nommé Démétrius, fabriquait en argent de petits temples de Diane, et procurait à ses ouvriers un gain considérable.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Démétrius faisait fabriquer de petits édicules qui représentaient le célèbre temple de Diane d'Ephèse, considéré par les anciens comme l'une des merveilles du monde. ― La Diane d'Ephèse différait de la Diane grecque. Elle se rapprochait de l'Astarté syrienne et par conséquent de Vénus.
Les ayant rassemblés, avec ceux du même métier, il leur dit : « Mes amis, vous savez que notre bien-être dépend de cette industrie ;
et vous voyez et entendez dire que, non seulement à Éphèse, mais encore dans presque toute l’Asie, ce Paul a persuadé et détourné une foule de gens, en disant que les dieux faits de main d’homme ne sont pas des dieux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Presque toute l'Asie proconsulaire. Voir Actes des Apôtres, 16, 6.
Il est donc à craindre, non seulement que notre industrie ne tombe dans le discrédit, mais encore que le temple de la grande déesse Diane ne soit tenu pour rien, et même que la majesté de celle que révèrent l’Asie et le monde entier ne soit réduite à néant. »
À ces mots, transportés de colère, ils se mirent à crier : « Grande est la Diane des Éphésiens ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Grande était le titre spécial de la Diane des Ephésiens.
Bientôt la ville fut remplie de confusion. Ils se portèrent tous ensemble au théâtre, entraînant Gaïus et Aristarque, Macédoniens qui avaient accompagné Paul dans son voyage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Gaïus, inconnu, différent du Gaïus d'Actes des Apôtres, 20, 4. ― Aristarque était de Thessalonique. Il était avec saint Paul à Rome (voir Actes des Apôtres, 27, 2) et il est mentionné comme collaborateur de l'Apôtre et prisonnier avec lui, voir Colossiens, 4, 10 et Philémon, 1, 24. D'après la tradition, il devint évêque d'Apamée.
Paul voulait pénétrer au milieu de la foule, mais les disciples l’en empêchèrent.
Quelques-uns même des Asiarques, qui étaient de ses amis, envoyèrent vers lui, pour l’engager à ne pas se présenter au théâtre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Asiarques étaient les pontifes païens de l'Asie ; on les choisissait parmi les plus riches et les plus considérables de la province.
Mille cris divers s’y faisaient entendre ; car le désordre régnait dans l’assemblée, et la plupart ne savaient pourquoi ils s’étaient réunis.
Alors on dégagea de la foule Alexandre que les Juifs poussaient en avant. Il fit signe de la main qu’il voulait parler au peuple.
Mais, lorsqu’ils eurent reconnu qu’il était juif, ils crièrent tous d’une seule voix durant près de deux heures : « Grande est la Diane des Éphésiens ! »
Le grammate ayant enfin apaisé la foule, dit : « Éphésiens, quel est l’homme qui ne sache que la ville d’Éphèse est vouée au culte de la grande Diane et de sa statue tombée du ciel ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le scribe d'Ephèse était un fonctionnaire public chargé de la rédaction et de la garde des actes administratifs.
Cela étant incontestable, vous devez être calme et ne rien faire inconsidérément ;
car ces hommes que vous avez amenés ici ne sont ni des sacrilèges, ni des blasphémateurs de votre déesse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ni des blasphémateurs de votre déesse : « Paul et les siens avaient évité, par prudence, toute attaque directe contre le culte de Diane ; la simple exposition de la doctrine évangélique suffisait à leur cause. » (CRAMPON)
Que si Démétrius et ceux de son industrie ont à se plaindre de quelqu’un, il y a des jours d’audience et des proconsuls : que chacun fasse valoir ses griefs.
Si vous avez quelque autre affaire à régler, on en décidera dans l’assemblée légale.
Nous risquons, en effet, d’être accusés de sédition pour ce qui s’est passé aujourd’hui, car il n’existe aucun motif qui nous permette de justifier cet attroupement. « Ayant parlé ainsi, il congédia l’assemblée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 11 ; Marc, 1, 8 ; Luc, 3, 16 ; Jean, 1, 26 ; Actes des Apôtres, 1, 5 ; 11, 16.