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Ézéchiel 31
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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La onzième année, au troisième mois, le premier du mois, la parole de Yahweh me fut adressée en ces termes :
« Fils de l’homme, dis à Pharaon, roi d’Égypte, et à sa multitude : À qui ressembles-tu dans ta grandeur ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Pharaon, Apriès. Ezéchiel fait cette prophétie contre l’Egypte trente-huit jours avant la prise de Jérusalem, pour montrer aux Juifs captifs à Babylone, qui espéraient encore que l’armée égyptienne délivrerait Jérusalem, combien leur espérance est vaine.
Voilà qu’Assur était un cèdre sur le Liban, à la belle ramure, à l’ombrage épais, à la taille élevée, et ayant sa cime dans les nues.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Assur ; le roi d’Assyrie et son royaume.
Les eaux l’avaient fait croître, l’abîme l’avait fait grandir, en faisant couler ses fleuves autour du lieu où il était planté et en envoyant ses ruisseaux à tous les arbres des champs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des eaux ; ce sont les richesses et la puissance des Assyriens. ― L’abîme, ses fleuves ; c’est-à-dire les nations diverses qui payaient le tribut aux rois d’Assyrie. ― Ses ruisseaux ; figurent les princes et les gouverneurs qu’il envoyait dans les provinces, à qui il faisait part de ses richesses et de son autorité.
C’est pourquoi sa taille s’élevait, plus haute que les arbres des champs ; ses branches avaient grandi, ses rameaux s’étaient allongés, grâce aux eaux abondantes du temps de sa croissance.
Dans ses branches tous les oiseaux du ciel nichaient ; sous ses rameaux mettaient bas tous les animaux des champs, et à son ombre étaient assises des nations nombreuses.
Il était beau par sa grandeur, par la longueur de ses branches, car ses racines plongeaient dans des eaux abondantes.
Les cèdres ne l’obscurcissaient pas dans le jardin de Dieu, les cyprès n’égalaient pas ses branches, et les platanes n’étaient pas comme ses rameaux ; aucun arbre dans le jardin de Dieu ne l’égalait en beauté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le paradis de Dieu ; allusion au paradis terrestre (voir Genèse, 2, 8).
Je l’avais rendu beau par la multitude de ses rameaux ; tous les arbres d’Éden lui portaient envie, tous ceux qui sont dans le jardin de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tous les arbres, littéralement et tous. Voir Ezéchiel, 29, 7.
C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur Yahweh : Parce qu’il s’est élevé en hauteur, parce qu’il a porté sa cime jusque dans les nues ; et que son cœur s’est enorgueilli de son élévation,
je l’ai livré aux mains du dieu des nations, qui le traitera à sa guise ; à cause de sa méchanceté, je l’ai chassé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’homme ; mot évidemment sous-entendu ; parce que l’adjectif masculin le plus fort (fortissimi) ne saurait se rapporter à nations (gentium), qui est du féminin en latin aussi bien qu’en français. Cet homme est Nabopolassar, père de Nabuchodonosor, lequel détruisit la monarchie assyrienne et fonda celle des Chaldéens. ― Qui agira, etc. ; littéralement et par hébraïsme, agissant agira (faciens faciet).
Des étrangers l’ont coupé, — nation féroce entre toutes, — et laissé là ; sur les montagnes et dans toutes les vallées ; ses branches sont tombées ; ses rameaux brisés gisent dans tous les ravins du pays ; tous les peuples de la terre se sont éloignés de son ombre et l’ont abandonné.
Sur ses débris tous les oiseaux du ciel viennent se poser, et dans ses rameaux se sont retirés tous les animaux des champs :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans ses ruines, etc. Les peuples soumis à l’empire d’Assyrie sont demeurés dans le même assujettissement, mais sous un autre maître. Ils sont restés dans leurs provinces et dans leurs demeures, mais sous un prince différent.
afin qu’aucun arbre planté sur les eaux ne s’élève en hauteur et ne porte sa cime jusque dans les nues, et qu’aucun de ceux qui s’abreuvent d’eau ne s’appuie sur lui-même dans son orgueil. Car ils sont tous voués à la mort, aux profondeurs de la terre, mêlés aux enfants des hommes ; à ceux qui descendent dans la fosse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au fond de la terre ; c’est le sens de l’expression dans la terre dernière (ad terram ultimam) de la Vulgate expliquée par l’hébreu. ― La fosse ; le tombeau.
Ainsi parle le Seigneur Yahweh : Le jour où il descendit au schéol, j’ai fait mener le deuil ; à cause de lui j’ai voilé l’abîme, j’ai retenu le cours de ses fleuves, et les grandes eaux se sont arrêtées ; à cause de lui, j’ai assombri le Liban, et à cause de lui, tous les arbres des champs ont langui.
Au bruit de sa chute, j’ai fait trembler les nations, quand je l’ai fait descendre au schéol, avec ceux qui descendent dans la fosse. Ils se sont consolés dans les profondeurs de la terre, tous les arbres d’Éden, les plus beaux et les plus magnifiques du Liban, tous ceux que les eaux abreuvaient.
Ceux-là aussi sont descendus avec lui au schéol, vers les victimes de l’épée, qui étaient son bras et étaient assises à son ombre au milieu des nations.
Commentaire (versets 15 à 17) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 15 à 17 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Les enfers, l’enfer ; en hébreu scheôl. Par ce mot il faut entendre, non le sépulcre, le tombeau, qui se dit en hébreu kéber, mais ce lieu souterrain que les Hébreux regardaient comme le séjour des âmes après la mort. Ainsi c’est à tort que quelques interprètes catholiques traduisent les termes infernus, inferi de la Vulgate, par tombeau, sépulcre.
Ainsi à qui ressembles-tu en gloire et en grandeur, parmi les arbres d’Éden ? Tu seras précipité avec les arbres d’Éden, dans les profondeurs de la terre, pour être couché au milieu d’incirconcis, avec ceux que l’épée a transpercés. Tel sera le sort de Pharaon et de toute sa multitude ; — oracle du Seigneur Yahweh. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sa multitude ; c’est-à-dire son peuple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La onzième année. Voir Ezéchiel, 30, 20. ― Troisième mois de l’année sacrée et le neuvième de l’année civile. Il commençait à la nouvelle lune de mai, selon les rabbins, mais c’était plutôt à celle de juin. ― Disant (dicens). Voir Ezéchiel, 3, 16.